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DOSSIER
MIGRATIONS ET MOBILITÉS INTERNATIONALES
Un dossier coordonné par Henri Eckert et Alain Vilbrod
• Introduction
Henri Eckert, sociologue, chargé d’études au Centre d’études et de recherches sur les qualifications, Alain Vilbrod, professeur à l’université de Bretagne occidentale/Atelier de recherche sociologique
• La mobilité des jeunes réunionnais
Lucette Labache, chargée de recherche à la Maison des sciences de l’homme, Paris
L’île de la Réunion offre peu de perspectives d’insertion professionnelle aux jeunes, avec un taux de chômage de près de 40 %. Dès le début des années 1960, la migration instituée par l’État s’est présentée comme une mesure permettant de répondre aux besoins de main-d’œuvre de la métropole, de contrôler la croissance démographique dans l’île et de maîtriser les revendications d’autonomie. Depuis plus d’une vingtaine d’années, c’est une culture de la mobilité que les décideurs locaux tentent d’instaurer mais des mouvements de résistance montrent que les jeunes sont de plus en plus réticents à s’installer sur le territoire métropolitain ou dans d’autres pays d’Europe.
• Le VSI : un volontaire à part ?
Clémence Bosselut, doctorante au Centre Maurice-Halbwachs (CNRS/EHESS/ENS), Équipe de recherche sur les inégalités sociales (ERIS)
Le volontaire de solidarité internationale, une fois qu’il est sur le terrain, se définit en opposition avec des « figures repoussoirs » qui lui permettent de se valoriser et de donner du sens à sa présence sur place. Les « expatriés » occupent une place importante dans l’imaginaire et les discours des individus. Toutefois, les relations que les volontaires entretiennent avec eux ne sont pas dénuées d’ambiguïtés : ces contre-modèles font naître des sentiments contradictoires de rejet et de fascination, voire de mépris et de jalousie.
• SVE : mobilité et construction de soi
Nassira Hedjerassi, maître de conférences en sciences de l’éducation, Laboratoire interuniversitaire de sciences de l’éducation et de la communication (LISEC)/université de Strasbourg, Frank Razafindrazaka, doctorant en sciences de l’éducation, LISEC/université de Strasbourg
Ce texte rend compte d’une recherche sur l’accompagnement à la mobilité de jeunes dans le cadre du service volontaire européen. Ce programme visant à promouvoir une citoyenneté active européenne auprès des jeunes de 18 à 25 ans nous paraît intéressant pour questionner l’expérience et le sens de la mobilité. À partir du suivi de soixante-sept volontaires, nous avons cherché à saisir ce qui se jouait pour eux et d’eux dans cette expérience. Les premiers résultats de notre analyse font ressortir un cheminement conduisant à une découverte de soi en plusieurs temps, engageant dans un processus de dé-couverte de soi (au sens littéral).
• Vers un enseignement supérieur européen concurrentiel ?
Magali Ballatore, post-doctorante, docteur des universités de Turin et de Provence
Le programme Erasmus est considéré comme l’une des réussites les plus notables de la politique sociale européenne. Les échanges d’étudiants en Europe faciliteraient la convergence des systèmes et la reconnaissance mutuelle des diplômes européens. À partir d’une enquête comparative par étude de cas dans trois pays européens, cet article analyse l’orientation des flux de la mobilité étudiante institutionnalisée et ses liens avec les nouveaux mouvements migratoires des jeunes diplômés en Europe. Il décrit ainsi les prémices de la construction d’un espace européen de l’enseignement supérieur, concurrentiel.
• Expériences de mobilité étudiante et construction de soi
Geoffrey Pleyers, docteur en sociologie, chargé de recherches au Fonds national de la recherche scientifique dans le laboratoire « Globalisation, institution, subjectivation », université catholique de Louvain, et chercheur associé au Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (École des hautes études en sciences sociales/Centre national de la recherche scientifique), Jean-François Guillaume, chargé de cours en sociologie de l’action publique et en didactique des sciences sociales à l’Institut des sciences humaines et sociales de l’université de Liège
À partir d’entretiens menés auprès d’étudiants effectuant ou ayant réalisé des séjours à l’étranger, cet article se penche sur l’importance de ces expériences dans la construction de soi de ces jeunes adultes. Après en avoir proposé une typologie, il développe certains aspects des échanges culturels au cœur de ces expériences. La mobilité étudiante y est envisagée comme une modalité particulièrement intéressante de réponse à la double exigence de l’épreuve de la jeunesse : se construire à travers des expériences à l’étranger tout en restant inséré dans un parcours scolaire et en développant des compétences qui faciliteront l’intégration dans le monde professionnel.
• Pour en savoir plus
Office franco-allemand pour la jeunesse
Mobilité internationale des jeunes et reconnaissance de l’éducation non formelle
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