Sous la direction de Bernard Roudet
À un moment où l’on parle beaucoup de citoyenneté, alors même que le discours ambiant craint ou décèle un repli individuel et un désengagement social et politique de la jeunesse, la participation aux associations peut constituer un bon indicateur de l’intérêt que portent les jeunes à des formes d’organisation collective.
La présentation dans cet ouvrage de plusieurs réflexions et analyses sur le thème « jeunes et associations » s’organise autour d’un double questionnement. Il s’agit tout d’abord de s’interroger sur l’engagement associatif des jeunes : qui participe aujourd’hui à des associations, à quelles associations et quelles sont les caractéristiques de cette participation ? Les jeunes créent-ils des associations de façon autonome, ou bien celles-ci sont-elles invariablement organisées par des adultes et rattachées à diverses institutions ?… Dans un deuxième temps, et de façon complémentaire, c’est la question des associations de jeunesse qui sera examinée : quel rôle les mouvements de jeunesse et les organisations d’éducation populaire ont-ils tenu dans l’engagement associatif des jeunes ? Comment peut-on analyser l’évolution actuelle de ces organisations, ainsi que les nouveaux domaines - ou les nouvelles formes - d’intervention qui récemment caractérisent leur développement ?
À travers certaines contributions à cet ouvrage apparaîtra une conception de la vie associative qui n’assimile pas celle-ci à une seule démarche contractuelle rassemblant des individus réunis par un intérêt commun mais qui prend en compte la dimension intersubjective d’une construction communautaire se fondant sur l’affirmation du lien social. Dans cette perspective, l’association pourrait être cette organisation à même de « construire de la personnalité à travers le collectif » (Renaud Sainsaulieu) et d’introduire une reconnaissance par les autres.
L’enjeu n’est pas négligeable si l’on considère l’importance de la question de la socialisation des jeunes, dans un contexte marqué par une crise des institutions et alors que le travail apparaît de moins en moins comme créateur d’identité.
Ont collaboré à cet ouvrage, sous la direction de Bernard Roudet : Jean-Pierre Augustin, Lucy Baugnet, Dan Bechmann, Maria do Céu Cunha, Bernard Eme, Jacques Ion, Jean-Louis Laville, Gérard Neyrand, Geneviève Poujol, Guy Saez, Pierre Tap, Françoise Tétard, Martine Vanandruel, Alain Vulbeau, Catherine Wihtol De Wenden. Avant-propos de Renaud Sainsaulieu.
1998 - 268 pages