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Dossier | Les jeunes ruraux : zoom sur une population en pleine mutation

Aujourd’hui, la France métropolitaine, selon le commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) compte plus de 9,5 millions de jeunes âgés de 18 à 29 ans, dont seulement 2,5% résidant dans des cantons faiblement peuplés. Qu’est-ce qui les différencie jeunes des villes et jeunes des champs ? Si on ne tient pas compte de l’origine sociale et exception faite des problématiques propres en matière de mobilité et d’orientation, peu de choses les opposent. Pourtant, depuis 20 ans, les populations traditionnelles composées d’ouvriers agricoles et de petits artisans se sont étoffées avec l’arrivée dans les campagnes de catégories modestes chassée des villes par le manque d’emploi, la hausse de l’immobilier, et l’espoir d’une autre qualité de vie. Si les populations se diversifient, les origines des jeunes ruraux restent massivement populaires, donc finalement assez homogènes d’un point de vue social. Si les jeunes ruraux ne diffèrent pas tellement des jeunes des quartiers populaires sur le plan des pratiques culturelles et des attentes, comme dans leur expérience de la précarité ou de la relégation, c’est finalement dans leur rapport à la mixité sociale et dans la façon de se représenter les possibles que s’opèrerait la vraie différence. « En banlieue, l’expérience de la mixité sociale reste possible, même si c’est parfois douloureux. En Haute-Marne, par exemple, elle est nulle ou presque », rapporte Benoît Coquard, auteur d’un rapport publié par l’INJEP, « Que sait-on des jeunes ruraux ? ». Homogénéisation sociale, normalisation des valeurs et des attentes, associées aux ressources limitées des territoires ruraux, conduisent les jeunes qui y demeurent à s’engager plus souvent dans des filières courtes et professionnalisantes, ou, au contraire, à investir des filières longues, avec la perspective bien ancrée de partir. Le phénomène prend un relief particulier s’agissant des filles exclues de nombreux emplois techniques ou manuels. Elles sont dès lors de plus en plus nombreuses à se projeter ailleurs, dans ou à proximité des grandes villes. Ce dossier ambitionne de mieux comprendre cette population mal connue et pourtant en pleine évolution des jeunes ruraux.

Dossier "Les jeunes ruraux : zoom sur une population en pleine mutation"

Les regards d’experts

Etudes et rapports

  • Rapport d’étude : "Que sait-on des jeunes ruraux ?" Les jeunes ruraux ont été beaucoup moins étudiés par les sciences sociales que ne l’ont été leurs homologues urbains. L’enjeu de cette revue de littérature est donc de recenser les recherches portant de près ou de loin sur les jeunes ruraux, en montrant à la fois leur diversité et leurs points communs. Qu’en est-il, pour l’essentiel, de leurs conditions d’existences, visions du monde, différences éventuelles vis-à-vis des jeunes urbains ?
  • Scolarité : le pragmatisme des élèves ruraux
    Des choix assumés : les jeunes ruraux estiment à 81 % - contre 75 % en moyenne -, que leur orientation après la 3e a été conforme à leur demande, selon le Céreq. Cela n’enlève rien aux difficultés quotidiennes. Des dizaines de kilomètres à parcourir, chaque jour, pour se rendre au collège ou au lycée, l’éloignement des ressources pédagogiques et culturelles.

Témoignages (vidéos)

  • « Quand on connaît bien quelque part, on dit c’est chez moi » Jules Balan A 17 ans. Il est apprenti et vit Châteauneuf-sur-Charente. Il travaille et étudie à Cognac (vidéo)
  • « Campagnarde et européenne » Naomi Boudries est volontaire en Service Civique. Elle a 19 ans. Elle vit entre Alixan et Valence (vidéo).
  • « Vivre en zone rurale ferme des portes » Quentin Javelas a 23 ans. Il est animateur radio. Il vit à Saint-Sauveur en Diois, dans la Drôme (vidéo)
  • « Oui. Je pense vivre à Châteauneuf toute ma vie » Geoffrey Guiard est maçon. Il a 22 ans. Il vit et travaille à Châteauneuf-sur-Charente (vidéo)

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