Etudes et recherche

Education à la sexualité : le HCE rend son rapport

Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a rendu public un rapport préconisant un plan d’actions interministériel en faveur de l’éducation à la sexualité.

 
Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), présidé par Danielle Bousquet, a rendu public, lundi 13 juin, son « Rapport relatif à la sexualité. Répondre aux attentes des jeunes, construire une société d’égalité femmes-hommes ». Deux jours plus tard, ce document était remis à la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, et à la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol. Yaëlle Amsellem-Mainguy, chargé d’études et de recherche à l’INJEP et spécialiste des questions de sexualité des jeunes, était membre associée à la commission santé – éducation à la sexualité qui a réalisé ce rapport pour le HCE. 
 
Les stéréotypes sexistes favorisant les violences sexuelles
 
Si depuis 15 ans les chiffres sur l’entrée des jeunes dans la vie amoureuse et sexuelle sont stables et si des progrès ont été faits en matière d’accès à la contraception et d’usage du préservatif lors des premiers rapports, les choses évoluent peu en matière de stéréotypes sexistes, notamment sur les questions liées à la sexualité. Malgré une émancipation sexuelle certaine des femmes depuis la diffusion et le remboursement de la pilule, la sexualité continue d’être un domaine empreint d’inégalités et d’idées reçues.
 
Des stéréotypes qui, selon les rapporteures Françoise Laurant et Margaux Collet, seraient directement liées aux violences sexistes : 7,5% des filles déclarent avoir été victimes, à l’école, de voyeurisme, de caresses ou de baisers forcés et une jeune femme sur dix de moins de 20 ans déclare avoir été agressée sexuellement au cours de sa vie. Ces violences sexistes trouvent un écho démultiplié par la viralité des réseaux sociaux, devenus une cour de récréation virtuelle : 1 collégienne sur 5 a été victime de cyberviolence.
 
Education à la sexualité trop parcellaire
 
Face à ces constats, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes pointe une éducation à la sexualité qui reste parcellaire et inégale selon les territoires, en dépit de l’obligation de trois séances annuelles de la primaire au secondaire, prévues par la loi du 4 juillet 2001. Lorsqu’elle est mise en œuvre, cette information reste encore trop souvent restreinte à des questions d’ordre anatomique et biologique.
 
Or, confronté.e.s à la difficulté de la société française à parler sereinement de leurs préoccupations, et face au manque de sources d’informations fiables et identifiées, les jeunes peuvent être amené.e.s à se tourner vers des contenus erronés, moralisateurs voire sexistes, que ce soit sur internet ou dans des émissions de libre antenne.
 
Faisant le constat que l’adolescence est un moment révélateur des inégalités filles-garçons et des discriminations homophobes,  le HCE considère urgent de généraliser l’éducation à la sexualité, partie prenante de la construction des jeunes en tant que citoyen.ne responsable. L’Ecole a une obligation légale en matière d’éducation à la sexualité, mais elle ne peut pas tout toute seule. L’éducation à la sexualité est donc aussi l’affaire des médias, des familles, des jeunes eux-mêmes, mais aussi celle des clubs sportifs, des missions locales … et de tous les autres lieux de socialisation des jeunes.
 
Dans son rapport le HCE préconise une prise de conscience de la société et un plan d’actions interministériel en faveur de l’éducation à la sexualité articulé autour de 30 recommandations et 4 grandes priorités :
 
1. Mieux connaitre et reconnaitre la sexualité des jeunes
 
2. Renforcer de manière ambitieuse la politique interministérielle d’éducation à la sexualité
 
3. Organiser, financer, évaluer et renforcer la visibilité de l’action de l’Education nationale en matière d’éducation à la sexualité
 
4. Responsabiliser les autres espaces clés de socialisation des jeunes hors-école pour prendre en compte leur parcours de vie
 
- Téléchargez la synthèse du rapport ici
 
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