Etudes et recherche

L’INJEP publie une fiche "Repères", "Jeunes Européens non insérés : de la prise en compte des NEET à la "garantie jeunesse" "

Confrontée au défi de l’insertion socio-professionnelle des jeunes, la Commission européenne a qualifié la part des jeunes ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation : les NEET. A partir de ce nouvel indicateur Bruxelles a entrepris des mesures spécifiques pour ce public dont la "garantie jeunes" qui doit s’étendre partout en France en 2017.
 
 
Confrontée au défi de l’insertion socio-professionnelle des jeunes, la Commission européenne a qualifié la part des jeunes ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation : les NEET. A partir de ce nouvel indicateur Bruxelles a entrepris des mesures spécifiques pour ce public dont la "garantie jeunes" qui doit s’étendre partout en France en 2017. 
L’INJEP publie une fiche "Repères" intitulée "Jeunes Européens non insérés : de la prise en compte des NEET à la "garantie jeunesse" ". Ce texte signé par Joaquim Timotéo, chargé d’études et de recherche à l’INJEP, explique comment, afin de rendre compte de manière plus fine de l’insertion des jeunes sur le marché du travail, la Commission européenne a entrepris de mesurer la part des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation ("Neigther in Employment, Education or Training") : les NEET. Si cet indicateur permet de constater l’hétérogénéité des jeunes concernés, selon le sexe et l’âge, il reflète également la diversité des situations de la jeunesse et des politiques qui leur sont dédiées dans les différents pays de l’Union européenne. 
En 2015, 13,2 millions de jeunes âgés de 15 à 29 ans n’étaient ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation en Europe, ce qui représente 14,8% de cette classe d’âge. En moyenne, cette proportion demeure plus élevée chez les jeunes femmes que chez les jeunes hommes. Elle progresse également avec l’âge et le niveau de scolarisation. Les jeunes de 15 à 19 ans, encore très largement scolarisés, sont ainsi moins nombreux dans cette situation : 7% pour les garçons et 6% pour les filles. À l’inverse, cette proportion est deux à quatre fois plus importante pour les 25-29 ans : 15% pour les jeunes hommes, 24% pour les jeunes femmes.
 
Une situation inégale en fonction des pays 
 
La part de jeunes NEET varie toutefois sensiblement entre les différents États membres de l’UE. Les Pays-Bas, l’Autriche ou encore l’Allemagne connaissent des proportions de jeunes NEET de 15 à 29 ans nettement inférieures à la moyenne européenne (entre 6% et 9% de moins). À l’opposé, l’Irlande, la Roumanie, l’Espagne, l’Italie, et la Grèce s’écartent à la hausse de cette moyenne avec plus de 20% de jeunes NEET. Grâce à une meilleure connaissance de cette catégorie de jeunes, l’UE a dès lors adopté le principe d’un dispositif pour accompagner les NEET, décliné dans les différents pays : la "garantie jeunesse".
Celle-ci s’intègre dans un paquet de mesures tournées vers l’emploi des jeunes et adoptées en 2012. Cette garantie européenne pour les 15/24 ans consiste en une « offre de qualité portant sur un emploi, un complément de formation, un apprentissage ou un stage dans les quatre mois suivant la perte de leur emploi ou leur sortie de l’enseignement formel". 
La "garantie jeunes" française est une déclinaison de cette stratégie européenne de "l’emploi d’abord" ("work first") à travers la mise en œuvre d’un parcours actif d’insertion professionnelle. Objectif : permettre l’accès à une pluralité d’expériences professionnelles et de formation en vue de faire émerger, de concrétiser ou de consolider un projet professionnel. Elle repose d’une part sur un accompagnement individuel et collectif du jeune confié aux missions locales, et d’autre part sur une garantie de ressources. Expérimentée dans dix départements en 2013, la « garantie jeunes » devrait s’étendre à l’ensemble du territoire français en 2017. 
 
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