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La santé des 15-30 ans - Une lecture du baromètre santé

Agora débats/jeunesses n°63

170 pages

01/02/2013

La santé des jeunes est au coeur du débat public de ces dernières années. Elle est souvent étudiée à travers le prisme de facteurs de risque et, moins souvent, de facteurs de protection, alors même que les logiques sociales sont plus complexes et plus nuancées. L'objectif de ce dossier est de porter un regard quantitatif et comparatif sur les comportements de santé des jeunes : en quoi le fait d'être jeune change-t-il le rapport à la santé et le regard porté sur celle-ci ?

Descriptif

La santé des jeunes est au coeur du débat public ces dernières années. Elle est souvent étudiée au prisme de facteurs de risque et, moins souvent, de facteurs de protections, alors même que les logiques sociales sont plus complexes et plus nuancées. La force des données mobilisées par l’enquête représentative, Baromètre santé 2010 (Inpes), permet à la fois une comparaison des jeunes (15-30 ans) avec les autres âges de la vie mais aussi entre les jeunes eux-mêmes. L’objectif de ce dossier est de porter un regard quantitatif et comparatif sur les comportements de santé des jeunes : en quoi le fait d’être jeune change-t-il le rapport à la santé et le regard porté sur celle-ci ?

DOSSIER

  • La santé des 15-30 ans
    Un dossier coordonné par François Beck et Jean-Baptiste Richard
    Introduction (Télécharger)
  • Évolution du tabagisme chez les jeunes et politiques de lutte antitabac
    Romain Guignard, François Beck

Aujourd’hui la prévention du tabagisme chez les jeunes est d’autant plus déterminante que la précocité de l’expérimentation est désormais identifiée comme un facteur de risque important pour l’installation durable dans la consommation et la dépendance. Plusieurs études récentes ont montré une hausse du tabagisme ces dernières années en France parmi les adolescents. À partir des données du Baromètre santé, cet article s’intéresse aux perceptions et aux comportements relatifs au tabagisme des jeunes de 15 à 30 ans, à leurs similitudes et à leurs différences, en regard des politiques de lutte antitabac.

  • L’alcoolisation des jeunes
    Des consommations ponctuelles importantes à la hausse
    Jean-Baptiste Richard, François Beck

La consommation d’alcool des 15-30 ans se caractérise par une consommation quotidienne assez rare (2,5 % de cette population), mais des taux de consommation ponctuelle importante (25,5 %) et d’ivresse (38,6 %) plus élevés que ceux de leurs aînés. Bien qu’une majorité de jeunes ait une consommation sans risque particulier, les consommations excessives apparaissent en hausse par rapport à 2005, pour les garçons comme pour les filles. Si ces comportements restent masculins, un rapprochement entre les sexes est observé, avec, pour les jeunes femmes en particulier, un profil caractérisé par des consommations peu fréquentes mais des ivresses plus répandues.

  • Pratiques contraceptives des jeunes femmes de moins de 30 ans
    Entre avancées et inégalités
    Arnaud Gautier, Delphine Kersaudy-Rahib, Nathalie Lydié

Cet article, dont l’objectif est de décrire les pratiques contraceptives des jeunes femmes, montre que la couverture contraceptive reste importante puisqu’elle touche plus de 90 % des femmes concernées par un risque de grossesse non prévue. L’utilisation de la pilule reste massive (près de 80 %) malgré une percée des nouvelles méthodes tel l’implant. L’utilisation récente de la contraception d’urgence, fréquente avant 20 ans (20 %), a légèrement évolué sur l’ensemble des 15-29 ans passant de 9 % à 11 % en cinq ans. Malgré le bon taux de couverture contraceptive, on note également un fort taux de grossesses non prévues au cours des cinq dernières années qui atteint deux tiers des femmes ayant déjà été enceintes.

  • Usage d’Internet : les jeunes, acteurs de leur santé ?
    François Beck, Viêt Nguyen-Thanh, Jean-Baptiste Richard, Émilie Renahy

Globalement en 2010, 45 % des 15-30 ans, et surtout les femmes, ont utilisé Internet pour des questions de santé, contre un tiers de l’ensemble de la population. 15 % déclarent un changement dans leur façon de s’occuper de leur santé du fait de l’usage d’Internet et 5 % un impact sur la fréquence des consultations, proportions supérieures à celles des 15-75 ans. Près de 80 % des jeunes qui y ont eu recours jugent les informations recueillies sur Internet le plus souvent crédibles. Ceux qui n’y ont pas eu recours expliquent qu’ils se sentent suffisamment informés autrement (75 %), qu’il vaut mieux voir un médecin (74 %) et qu’ils se méfient des informations sur Internet concernant la santé (67 %).

  • Les jeunes et l’alimentation
    Des comportements sexués, évoluant avec l’âge et socialement marqués
    Hélène Escalon, François Beck

Fondé sur l’analyse des données du Baromètre santé nutrition 2008, cet article s’intéresse aux spécificités des comportements alimentaires des 12-30 ans par rapport à ceux des adultes, et aux facteurs qui leur sont associés. Cette période de la vie constitue une transition entre l’alimentation de l’enfance et celle des adultes et se caractérise par des différences de genre et certaines inégalités sociales. Le décalage entre connaissances nutritionnelles et comportements alimentaires et l’intégration des repères socialement différenciés invitent les pouvoirs publics à adopter des stratégies de promotion de la santé basées sur des facteurs à la fois individuels et environnementaux.

  • Conduites alimentaires perturbées des jeunes
    Entre facteurs sociaux et détresse psychologique
    François Beck, Florence Maillochon, Jean-Baptiste Richard

Les troubles du comportement alimentaire font référence à un rapport à la nourriture devenu pathologique par suralimentation et/ou sous-alimentation ou dans ses représentations. Les questions analysées portent sur les épisodes de frénésie alimentaire, sur le fait de se faire vomir volontairement, de manger en cachette et de redouter de commencer à manger par crainte de ne pouvoir s’arrêter. Ces troubles se rencontrent surtout à l’adolescence et chez les femmes. Malgré l’attention médiatique qu’ils suscitent, ils ne concernent donc qu’une faible proportion de jeunes et n’ont pas augmenté entre 2005 et 2010. Les facteurs sociaux se révèlent importants dans la survenue des quatre troubles étudiés, mais apparaissent d’une intensité moindre que la situation de détresse psychologique.

HORS DOSSIER

Peut-on décrocher de l’université ?
Retour sur la construction d’un problème social

François Sarfati

Sur l’agenda des politiques à destination de la jeunesse, la question du « décrochage » à l’université occupe dorénavant une place importante. Fondé sur deux enquêtes et un suivi longitudinal, cet article montre que l’utilisation de la catégorie « décrocheur » relève plus de l’emprunt métaphorique à une expression construite dans l’enseignement secondaire que d’une manière d’expliquer les difficultés ressenties par nombre de jeunes à poursuivre des études, et que l’usage du terme « décrochage » permet de faire porter la responsabilité autant sur les individus supposés décrocheurs que sur l’université plutôt que sur le système d’enseignement supérieur dans son ensemble.

Processus de décohabitation en milieux populaires
Le poids des rôles familiaux de substitution sur les parcours féminins

Blandine Mortain, Cécile Vignal

Fondé sur une enquête qualitative menée auprès de jeunes décohabitants de milieux populaires, cet article analyse le rôle de la famille dans les processus de décohabitation. On repère trois modèles d’insertion professionnelle et sociale, auxquels correspondent des processus de décohabitation spécifiques. Ceux-ci sont souvent orientés par des « rôles familiaux de substitution » tenus par les jeunes et dont l’article propose une définition. Essentiellement occupés par des jeunes femmes, ces rôles familiaux de substitution circonscrivent leur décohabitation au territoire de la parenté et s’avèrent faiblement émancipateurs.

Usages sociaux de la caméra numérique chez les jeunes
Autonomisation, interactions et identité

Jocelyn Lachance

Cet article rend compte des résultats d’une recherche qualitative menée auprès de jeunes Français et Québécois âgés de 18 à 24 ans au sujet de leurs usages sociaux de la caméra et de l’appareil photo numériques. Il en ressort que ces usages répondent en grande partie à des nécessités anthropologiques liées au passage à l’âge adulte, telles que le marquage symbolique de changement de statut, la production de rituels d’interaction propres aux jeunes et l’invention de nouvelles modalités de découverte de soi. Derrière des formes inédites de comportements se cache donc la volonté de répondre à des questionnements relativement traditionnels pour les jeunes générations.

LECTURES

Comptes rendus de lecture

  • Martine Gross, Qu'est-ce que l'homoparentalité?, Payot/Rivages ,2012, par Alice Olivier
  • Jacques Ion, S'engager dans une société d'individus, Armand Colin, 2012, par Jean-Pierre Augustin
  • SpécifiCITés, La revue des terrains sensibles, "l'éducation tout au long de la ville"n °3, Éditions Matrice, 2011, par Francis Lebon