Présentation de l’Atlas des jeunes en France par Valérie Fourneyron

La ministre des sports, de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative, Valérie Fourneyron, a présenté à la presse l’Atlas des jeunes en France, réalisé par l’INJEP avec les éditions Autrement. Ce faisant, elle a témoigné de l’intérêt des travaux de l’INJEP, en tant qu’Observatoire de la jeunesse et des politiques de jeunesse, pour éclairer les décideurs et nourrir ainsi le débat public.

Mercredi 19 septembre 2012, Valérie Fourneyron, ministre des sports, de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative, a présenté à la presse l’Atlas des jeunes en France, ouvrage réalisé par l’INJEP et publié aux éditions Autrement. Cette présentation s’est tenue en présence du directeur de l’établissement, Olivier Toche, de Cécile Van de Velde, sociologue, spécialiste de la jeunesse en Europe, maître de conférences à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales (EHESS) ainsi que des auteurs du livre : Yaëlle Amsellem-Mainguy et Joaquim Timoteo, chargés d’études et de recherche à l’INJEP.

De droite à gauche, Yaëlle Amsellem-Mainguy, Olivier Toche (INJEP), Valérie Fourneyron (ministre des sports, de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative), Cécile Van de Velde, sociologue, Joaquim Timoteo (INJEP). © Hervé Hamon (MSJEPVA).

« Un présent complexe, horizontal et inégalitaire »

« L’Atlas des jeunes en France fait partie des outils dont nous avons besoin pour avancer dans notre réflexion » a déclaré la ministre, remerciant l’INJEP d’avoir « contribué par ce travail à la dynamique d’une politique de jeunesse intégrée, transversale et partenariale », comme l’atteste l’annonce de la réunion du Comité interministériel de la jeunesse (CIJ), sous la présidence du Premier ministre, prévue pour janvier 2013. Conformément à « ses missions de laboratoire d’idées » au service des acteurs des politiques publiques, l’INJEP donne à voir « un présent complexe horizontal et inégalitaire, à la fois connecté mais individualiste, mondialisé mais rétréci par l’immédiateté des échanges. »

« En parcourant l’ensemble des statistiques, on peut constater que la situation des jeunes en matière de santé, d’emploi, de formation, de mobilité, de construction de leur autonomie s’est dégradée et que les inégalités entre générations et entre jeunes eux-mêmes se sont accrues », a poursuivi la ministre rappelant que « les premières mesures prises par le gouvernement concernent d’ailleurs très directement la jeunesse : les emplois d’avenir, le lancement du contrat de génération, l’encadrement des loyers, la création de postes, dès la rentrée 2012, dans l’Education nationale ».

Constat partagé

Or, « répondre à l’urgence ne suffit pas », a estimé Valérie Fourneyron. Constatant « la cohérence » des constats dressés par l’Atlas des jeunes en France, elle réaffirmé ses « ambitions très concrètes » d’une amélioration de la situation des jeunes dans les domaines de la santé, de l’emploi, du logement, de la mobilité et de l’autonomie à l’horizon de 2017. « L’approche de cet ouvrage tend à verser au débat public des données primordiales et à ne pas les réserver aux seuls experts », s’est encore félicitée Valérie Fourneyron. Elle a par ailleurs jugé « essentiel de pouvoir s’appuyer sur des analyses et non pas sur une accumulation d’indicateurs dénués de clés de compréhension ». « C’est d’autant plus important, a-t-elle précisé, que j’ai acquis la conviction qu’une politique cohérente, intégrée, transversale doit être le fruit d’une co-construction associant Etat, collectivités locales, associations, partenaires sociaux et jeunes autour d’un dessein commun ».

« Cette volonté de présenter un constat partagé à l’ensemble des acteurs des politiques de jeunesse est au cœur de ce projet éditorial », a expliqué Olivier Toche : « L’idée est de rendre accessibles et attractives des données que nous avions recueillies mais qui seraient restées confidentielles si nous n’avions pas réalisé cette déclinaison grand public avec les éditions Autrement. Cette démarche participe d’une redéfinition du cadre de l’action publique et de la promotion d’une politique publique fondée sur les faits et, par voie de conséquence, mieux compréhensible par les citoyens, au sens de l’evidence based-policy. »

Trois enjeux forts

Pour Cécile Van de Velde, « L’Atlas des jeunes en France est une mine d’or de par la façon dont il unit la sociologie à la géographie humaine ». Le livre intègre une « nouvelle forme de sociologie qui se caractérise par la clarté et la rigueur des données ainsi que la façon de la restituer ». Cette « carte d’identité d’une génération permet de combler un vide dans le domaine des inégalités intergénérationnelles », fait-elle valoir, jugeant que « le débat public et scientifique a tellement traité des inégalités entre générations qu’il a eu pour effet d’homogénéiser le devenir social d’une génération ». L’Atlas des jeunes en France « dévoile la façon dont peuvent s’articuler les inégalités sociales dans les générations émergentes. On se pose la question du retour des héritiers, avec un clivage social autour du diplôme qui se cumule avec les inégalités territoriales, les inégalités dans l’accès à la solidarité publique ou familiale, dans l’accès à l’emploi… ». De fait, selon la sociologue, « le livre pose trois questions fortes ». D’abord, celle des nouvelles formes de mobilisations sociales des jeunes sur fond de crise et au sein de sociétés vieillissantes qui voient naître des nouveaux rapports au politique, plus tournés vers les formes immédiates de l’action, avec des manifestations et des pétitions qui s’affranchissent, sinon mettent à distance, les formes traditionnelles de représentativité. Ensuite émerge la question « d’une inégalité numérique à l’image des inégalités sociales, les enfants d’ouvriers, ou des zones rurales, n’ayant pas accès à l’éclectisme culturel des jeunes favorisés ». Pour Cécile Van de Velde, enfin, l’Atlas des jeunes en France jette une lumière crue sur l’enjeu des inégalités territoriales. Celui-ci s’incarne dans l’émergence d’« un capital mobilité » qui dessine le clivage entre jeunes socialisés et cosmopolites, qui vont circuler pour s’insérer socialement ainsi que dans le marché du travail, et ceux qui vont vivre leurs difficultés dans des zones urbaines ou rurales déshéritées.

En savoir plus


La vidéo de Valérie Fourneyron, ministre des sports, de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative


Valérie Fourneyron : pour une politique… par jeunesse-vie-associative


Vous habitez chez vos parents ? - Libération 21/09/2012 - Catherine Calvet

Article faisant mention d’une partie de l’Atlas des jeunes en France et traitant de la décohabitation avec la cellule familiale.

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