Participation, engagement, citoyenneté

Vie associative, économie sociale et solidaire

Interview

« Prendre appui sur l’expertise d’autres acteurs ou s’associer avec eux pour développer des travaux de portée plus amb

Les partenariats stratégiques

Conscient qu’il lui faut multiplier les coopérations pour travailler des objets d’études complexes, l’INJEP a développé considérablement ses partenariats. Au point de faire de ceux-ci un point essentiel de sa stratégie. Explications de Francine Labadie, coordinatrice de la mission "Observation et Évaluation", chef de projet Observatoire de la jeunesse à l’INJEP.

Pourquoi l’INJEP s’est-il attaché à développer des partenariats forts et à qualifier certains de « stratégiques » ?

C’est l’essence même de l’INJEP que de travailler en partenariat étroit avec les acteurs de jeunesse de quelque horizon que ce soit. Le contrat de performance 2013-2015 a confirmé le rôle d’interface et de pôle de référence de l’établissement. Cette orientation conduit à la fois à mettre en place un cadre d’échanges réguliers avec et entre les acteurs de jeunesse, mais aussi à développer des coopérations visant la production de connaissances sur les jeunes et les politiques de jeunesse. Parler de partenariats stratégiques, c’est pointer le fait que certaines coopérations sont particulièrement structurantes pour le développement de l’Observatoire de la jeunesse et de ses activités.

Pourquoi ces partenariats stratégiques sont-ils nécessaires ?

Parce qu’au vu de la palette des métiers, et des moyens dont dispose l’établissement, il est nécessaire de mobiliser les savoirs, les compétences et les réseaux d’autres acteurs ou de s’associer avec eux pour produire des connaissances sur certains sujets. Ces partenariats permettent de renforcer la capacité d’expertise de l’Observatoire, notamment autour des grands thèmes qui organisent sa production : la construction de l’identité (notamment à travers les engagements), les enjeux émergents de l’action publique (notamment l’éducation non formelle), la mobilité et le rapport au travail et à l’entrepreneuriat.

Comment ces partenariats se traduisent-ils concrètement ?

D’abord, bien sûr, par l’élaboration de conventions qui prévoient des engagements réciproques : contributions à des études ou à des analyses secondaires ; organisation conjointe de séminaires ou de manifestations ; échanges d’expertises dans le cadre d’instances diverses : conseils scientifiques, groupes de pilotage, comités de rédaction de ces partenaires, et, en retour, en intégrant ces derniers dans la gouvernance de notre production éditoriale et événementielle. Tout ceci pour dire qu’au-delà des aspects conventionnels, c’est surtout dans l’action que se forgent les coopérations et que les mutualisations s’opèrent.

Avec qui ces partenariats se sont-ils noués principalement en 2013 ?
Nous avons signé en 2013 des conventions avec les grands réseaux associatifs, qui, je le rappelle, sont les opérateurs historiques des politiques de jeunesse, comme La Ligue de l’Enseignement ou le Cnajep, mais aussi des acteurs importants de l’insertion socio-professionnelle des jeunes comme l’Union nationale des missions locales (UNML) et l’Institut Bertrand Schwartz. En parallèle, nous avons développé des partenariats forts avec les services de l’Etat, à l’instar du travail mené avec les services statistiques ministériels pour l’élaboration d’indicateurs de l’état de la jeunesse, au bénéfice du Comité interministériel de la jeunesse (CIJ).
L’autre grand acteur avec qui nous cherchons à entretenir des liens importants, c’est l’Europe, notamment à travers le travail mené dans le cadre du réseau RAY sur les questions de mobilité et d’engagement international des jeunes dans un objectif d’apprentissage et d’acquisition de compétences. Des travaux d’évaluation du Programme européen « Jeunesse en action » ont pu ainsi être poursuivis dans plusieurs pays et présentés aux décideurs européens à Vienne, en Autriche (voir le Jeunesses : études et synthèses n°15 : « Gagner en compétences grâce au programme européen "Jeunesse en action »). De plus en plus, nous cherchons à encourager l’analyse comparée à travers la coopération internationale et européenne : cette année nous avons noué un partenariat avec l’Ofaj et l’Institut allemand de la jeunesse, en vue de la préparation de deux journées d’études.

Le contexte politique de la réactivation du CIJ et le lancement d’un Plan Priorité Jeunesse a-t-il joué dans l’intensification de ces partenariats ?

De fait, oui. Dans le sillage du CIJ, l’INJEP a noué des partenariats avec les services statistiques ministériels, parce que l’établissement a été l’animateur du groupe statistique permanent pour élaborer un tableau de bord de la jeunesse. Ceci a amené l’INJEP a travailler de façon étroite avec les services statistiques des 25 ministères impliqués. Sur le thème de la Garantie jeune et de son évaluation, nous avons aussi travaillé avec la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) et la Délégation générale de l’emploi et de la formation professionnelle (DGEFP). Nous avons également travaillé avec la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et l’Insee au titre du lancement de l’enquête nationale sur les ressources des jeunes qui va combler de nombreuses lacunes de la statistique publique sur le niveau de vie des jeunes et leurs revenus. Dans le domaine de la justice, c’est avec la Direction de la protection de la jeunesse (DPJJ) que les collaborations se sont intensifiées. Ces partenariats viennent s’ajouter à ceux engagés précédemment. Je cite le Céreq, l’École des hautes études en santé publique, l’Observatoire des politiques éducatives locales (Université Lyon II), et, bien entendu, le conseil général de l’Allier qui organise avec le soutien de l’institut, chaque année, Neujpro, le rendez des élus et professionnels de jeunesse.

Propos recueillis par Roch Sonnet

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