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Livre blanc Société, recherche, enseignement, supérieur : journée inaugurale à l’Assemblée nationale

La première pierre du Livre blanc portée par la plateforme ALLISS autour des liens entre les sciences et toutes les composantes de la société a été posée, lundi 14 novembre 2017, à l’Assemblée nationale : top départ d’un cycle de cinq mois d’auditions publiques avec le soutien de l’INJEP.

La première pierre du Livre blanc portée par la plateforme ALLISS autour des liens entre les sciences et toutes les composantes de la société a été posée, lundi 14 novembre 2017, à l’Assemblée nationale :  top départ d’un cycle de cinq mois d’auditions publiques avec le soutien de l’INJEP.  

Rendre visible le "continent invisible" des coopérations entre les champs de la recherche et ceux des acteurs politiques et de la société civile : tel est l’ambitieux pari de la plateforme ALLIIS (pour une alliance sciences et société) qui a lancé, lundi 14 novembre à l’Assemblée nationale, un cycle de cinq mois d’auditions publiques autour des coopérations entre la société civile et les organismes d’enseignement supérieur et de recherche. Le but de cet agenda d’auditions est de produire en mars 2017 un Livre blanc, travail de repérage et diagnostic de la situation.

Documenter la décision, démocratiser le savoir

Car si les liens entre l’expertise et la décision publique sont permanents, ainsi que l’atteste l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), si les parlementaires sont coutumiers des auditions permettant de documenter leurs prises de positions, les critères de décision restent obscurs pour les citoyens. Il y a donc un enjeu démocratique essentiel de "communiquer sur ce qui est au fondement de la décision, et en même temps, de rendre accessible au plus grand nombre l’état des connaissances sur des sujets complexes comme la thérapie-génique ou la fracturation hydraulique du gaz de schiste, qui sont des sujets d’intérêt général", a fait valoir Jean-Yves Le Déaut, président de l’OPECST.

"Dans une société de partage on ne privatise pas les connaissances"

La visée politique est par conséquent la pierre angulaire du rapport qui se noue entre recherche, décision publique, et maîtrise citoyenne. Elle interroge également les grandes orientations libérales des politiques de développement de la recherche : "Dans une société de partage, a rappelé Laurent El Ghozi , président de l’association Elus, santé publique et Territoires, on ne privatise pas les connaissances". Cette visée politique de l’acte de recherche est d’autant plus importante à saisir que dans notre histoire récente "le développement des sciences n’a pas contribué à développer l’espace démocratique, mais à le réduire" a estimé  Emmanuel Hirsch, directeur de l’Espace Ethique Île-de-France, allusion à peine voilée à l’épistocratie, gouvernement des experts dont l’autorité et la légitimité politique sont de plus en plus contestées dans la littérature en sciences politiques. Un enjeu démocratique que l’élévation générale du niveau d’instruction ne suffit pas à relever tant la connaissance scientifique se complexifie et se diversifie à mesure de ses progrès.

Un savoir utile à tous, y compris les plus modestes  

Pour Bruno Tardieu, de l’association ATD Quart-Monde, les publics fragiles sont d’autant plus difficiles à associer à la construction de la connaissance que la recherche en sciences sociales s’est "longtemps entêtée à considérer la pauvreté comme une accumulation de cas isolés au lieu d’une réalité sociale historique". Car s’agissant des personnes précaires et vulnérables, a-t-il insisté "le savoir n’est partageable que si les intentions du scientifique sont claires et s’il sait assurer que le savoir produit ne se retournera pas contre eux".  Et de plaider, en l’espèce, pour une science de l’action qui s’opposerait à une science de la discipline. Une science qui se donnerait pour doctrine : mieux connaître, rendre compte, évaluer et partager. Dans un monde qui se densifie considérablement en savoirs, dans tous les domaines de la vie en société, c’est l’affirmation d’une science en tant que bien commun à toutes les communautés d’action  (Etats, structures de recherche, collectivités, associations…) qui chemine dans les consciences.

Le Livre blanc fait suite au travail que ses promoteurs, acteurs de la société civile et de l’enseignement supérieur et de la recherche, ont réalisé dans le cadre de la loi du 22 juillet 2013 portant sur l’enseignement supérieur et la recherche. Outre la promotion des interactions "sciences/ société", concept normatif désormais inscrit dans le code de l’éducation et de la recherche, le Livre blanc  affirme trois intentions : repérer et mettre en commun un ensemble significatif d’expériences originales, contribuer à un diagnostic partagé, effectuer des recommandations auprès des puissances publiques et des acteurs impliqués.

L’INJEP, partenaire de l’ALLISS, membre de son conseil d’administration, est partie prenante dans cette démarche. Emmanuel Porte, chargé d’études et de recherche à l’INJEP, participe au comité de pilotage du Livre blanc. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre d’un partenariat étroit avec l’ALLISS, et notamment avec son délégué général Lionel Larqué, dans la continuité des rencontres de janvier 2016, "Pratiques écologiques et éducation  populaire. L’éducation qui vient". Elles ont mobilisé 300 participants issus du monde de la recherche et du secteur associatif. L’INJEP renforce ainsi son positionnement stratégique à l’interface entre la décision publique et les associations d’éducation populaire, les champs de la recherche et les acteurs.

 

Livre blanc Société, recherche, enseignement supérieur : les personnalités présentes

Au cours de cette journée inaugurale étaient présents Jean-Yves Le Déaut, président de l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), Pierre-Benoît Joly (coprésident de l’ALLISS), Bruno Tardieu (ATD Quart-Monde), M Laurent El Ghozi (président de l’association Elus, santé publique et Territoires), Emmanuel Hirsch (directeur de l’Espace Ethique Île-de-France), Michaël Matlosz (président de l’Association nationale de la recherche – ANR), Stéphanie Thibault (vice-présidente d’AllEnvi, directrice de l’Institut Ecologie et Environnement du CNRS), Yannick Blanc (président de la Fonda), Jacques Meyer (président de la Comue Champagne-Ardennes), Bertrand Monthubert (président du comité du Livre Blanc de l’enseignement supérieur et de la recherche), François Goulard, (président du conseil départemental du Morbihan), Denez L’Hostis (président de France nature environnement), Raymond Cointe (directeur général de l’INERIS), Nadège Bouquin (directrice adjointe du programme Futuris à l’ANRT), Roger Sue (sociologue, professeur à l’université Paris V Sorbonne) François Houllier (administrateur provisoire de l’Université Sorbonne-Paris-Cité).

 

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