Éducation, formation orientation

Éducation

Journée du refus de l'échec scolaire 2011 : contribution de l'INJEP

Par Jean-Claude Richez, coordonnateur de la mission observation/évaluation de l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP)

"L'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP) est associé depuis son lancement à la Journée du refus de l'échec scolaire. Nous y participons à un double titre, à la fois comme Institut de la jeunesse et Institut d'éducation populaire. Comme Institut de la jeunesse parce que l'échec scolaire pèse lourdement sur la socialisation des jeunes, leur parcours professionnel, leur passage à la vie adulte, leur intégration dans la société et représente pour celle-ci un coût considérable.

Comme Institut d'éducation populaire parce que l'échec scolaire signifie trop souvent un échec en général pour le jeune. La réussite en France continue à être confondue avec la réussite scolaire et fait l'impasse précisément sur la place des familles, des associations et de l'éducation populaire, de façon plus générale de l'éducation non formelle (dans un cadre associatif) et informelle (en dehors de tout objectif éducatif explicite).

En tant qu'Institut de la jeunesse et de l'éducation populaire, de notre position d'observatoire, sortir des seules logiques « d'éducation scolaire » nous apparaît comme un enjeu décisif aussi bien pour les politiques éducatives et de jeunesse que pour les familles et les jeunes eux-mêmes.

Les familles face à la pression scolaire

La pression scolaire peut être paradoxalement contre-productive dans un processus éducatif, comme l'ont montré les travaux de chercheurs qui ont mis en avant cette spécificité française d'un système éducatif élitiste et méritocratique qui peine à remplir ses ambitions démocratiques. Pourquoi ? Parce que cette pression existe dans la mesure où l'école classe dès le plus jeune âge les élèves en fonction de leurs performances et que ce classement tout au long du parcours scolaire va influer sur le destin professionnel et social des enfants tant le poids du diplôme en France est important. Cette « surpression » scolaire qui s'exerce sur les familles comme sur les enfants a des conséquences tout à fait négatives et conduit notre institution scolaire au bord de l'implosion. Elle pèse lourdement sur la perception qu'ont les jeunes de leur avenir comme l'a mis récemment en évidence une enquête de la www.oecd.org/document/24/0,3746,en_32252351_32235731_38378840_1_1_1_1,00.html " title="Fondapol" target="_blank">Fondapol . Il va de soi que cette pression s'exerce sur les familles : comment ces dernières pourraient-elles échapper au souci de voir leurs enfants réussir à l'école pour réussir dans la vie, quand on sait qu'aujourd'hui plus qu'hier l'échec scolaire risque d'être un échec social ? Alors que l'éducation devrait être globale, ouverte fondée sur des interactions entre une grande diversité d'acteurs éducatifs dont essentiellement les familles, alors que devraient être privilégiées des logiques d'expérimentation pour des enfants amenés à vivre dans un monde en pleine transformation, des parcours diversifiés ponctués par des « droits à l'erreur », à des essais non définitifs, des modes d'apprentissages formels, mais aussi informels et non formels, on voit des familles enfermées dans des logiques de sur-scolarisation, y compris dans les loisirs de leurs enfants, avec des inégalités générées par un système envahi par le marché.

Contenus associés

21 Novembre 2017
-
Ouvrage / Note de lecture

Unique en son genre : filles et garçons atypiques dans les formations techniques et professionnelles

La mixité est officialisée depuis 1975 dans le système scolaire français. Pourtant, comment expliquer que le succès des filles à l'école dans toutes les disciplines n'a pas remis en cause leur absence dans de nombreuses formations dites de « sciences et techniques », comme la mécanique ou la...
14 Novembre 2017
-
Enquête ou sondage

Ressenti du harcèlement scolaire

Une enquête commandée par l'organisme Place de la Médiation et diffusée sur Internet révèle que 53,4 % des répondants s’estime être dans une situation de harcèlement établie, 12,9 % s’estime être dans une situation débutante de harcèlement et près de 50 % de l’effectif interrogé indique être exposé...
14 Novembre 2017
-
Article de presse / Revue de presse

Un lycée sans filières ?

"Le gouvernement entend « muscler » le baccalauréat en limitant à quatre le nombre d’épreuves finales. La suppression des filières L, ES et S fait partie des pistes, a confirmé hier le ministre de l’éducation."...
10 Novembre 2017
-
Article de presse / Revue de presse

Le sacro-saint bac à l’épreuve des réformes

"Après l’accès à l’université, le gouvernement va lancer à la mi-novembre une consultation sur la refonte du baccalauréat, avec pour objectif une organisation moins lourde et coûteuse. C’est toute la scolarité au lycée qui pourrait en être transformée."...
09 Novembre 2017
-
Bibliographie

Education populaire : Histoire - Octobre 2017

Mission Documentation - Centre de ressources INJEP, octobre 2017

Cette sélection bibliographique propose des références extraites de Télémaque, catalogue du fond documentaire de l’INJEP. Les références proposées ci-dessous sont consultables au centre de documentation de l’INJEP....
09 Novembre 2017
-
Ouvrage / Note de lecture

Culture participative : une conversation sur la jeunesse, l'éducation et l'action dans un monde connecté

Avec les réseaux numériques, les jeunes deviennent acteurs des mondes connectés, multipliant les espaces de partage et les expériences culturelles participatives. Les trois universitaires réunis dans cet ouvrage analysent les pratiques et ouvrent des pistes de réflexion sur l'éducation, la culture...