Éducation, formation orientation

Éducation populaire / Animation

Interview

« Il ne s’agit pas seulement d’interroger, mais d’interpeller »

Jean-Claude Richez

L’Injep organise le 11 décembre, à l’Assemblée nationale, Les Rencontres de l’Observatoire de la jeunesse 2013. Elles porteront sur l’éducation populaire aujourd’hui, en partant des pratiques émergentes qui interpellent l’ensemble des acteurs de l’éducation populaire, instituée ou non instituée, de longue date ou plus récents, à travers deux problématiques : la construction des savoirs (savoirs par tous, savoirs pour tous) et le renouvellement des formes de citoyenneté (pouvoir par tous, pouvoir pour tous). Pour Jean-Claude Richez, coordonnateur de la mission Observation/évaluation à l’Injep, cette démarche se veut prospective et participative : ce sont les pratiques innovantes qui seront questionnées au cours de ces tables rondes.

" Partage des savoirs et empowerment : vers un renouvellement des pratiques démocratiques ? "
UN BLOG POUR ALIMENTER LES DEBATS !

Les Rencontres de l’Observatoire de la jeunesse 2013 seront nourrires des contributions du blog collaboratif : www.injep.fr/blog-rencontre
Ce blog est aussi le vôtre : vous pouvez vous y inscrire, nous proposer vos articles, vos retours d’expériences, des interviews des personnes qui comptent pour vous dans l’éducation populaire et surtout POSEZ VOS QUESTIONS à la communauté !
Les questions posées ici seront relayées oralement par notre journaliste le 11 décembre 2013.
VOUS ÊTES DONC INVITÉS À PARTICIPER :
• En postant vos contributions ou en rédigeant vos articles (exemples d’actions en région, articles rédigés sur le sujet, références de publications, conférences et colloques à venir, articles de presse…)
• En commentant les informations déjà parues
• En posant vos questions qui seront relayées le jour J

Pourquoi organiser ces rencontres sur le thème de l’éducation populaire à l’Assemblée nationale ?

L’Injep organise depuis 2012 des rencontres annuelles dans un lieu emblématique de notre démocratie. Les questions portées par l’Observatoire participent de l’espace public. Il s’agit de provoquer des débats entre experts, élus, acteurs publics et associatifs ou simples citoyens. L’an dernier c’était le Conseil économique, social et environnemental, sur le thème des inégalités entre jeunes sur fond de crise. Cette année, à l’occasion des soixante ans de la création de l’Injep, c’est l’Assemblée nationale sur le thème de l’éducation populaire. Nous avons choisi l’éducation populaire, ou plutôt les questions qui ont trait à son renouvellement, parce que le sujet revient de façon toujours plus forte dans l’agenda politique et traverse les enjeux démocratiques de notre société. Le fait que, pour la première fois dans l’Histoire, tant dans le sigle de son ministère, que dans l’élaboration même des politiques publiques, une ministre de plein exercice, Valérie Fourneyron, fait explicitement référence à l’éducation populaire est la marque même de cette actualité. Non seulement l’éducation populaire redevient un élément essentiel des politiques publiques, mais s’affirme au plus haut niveau la volonté de co-construire ces politiques avec les mouvements historiques regroupés dans le Cnajep comme avec ceux qui, sans s’en réclamer nécessairement, développent des pratiques d’éducation populaire, en ce qu’elles articulent exercice de la citoyenneté et accès à la culture au sens le plus large du terme.

Pensez-vous que se développent, côte à côte, sans jamais se croiser réellement, les « anciens » de l’éducation populaire et les « modernes » qui la réinventent, comme si les récentes définitions de l’éducation populaire, réduites à la filiation aux mouvements historiques, avaient achevé d’en écarter les jeunes générations ?

La difficulté à déterminer a priori des critères objectifs de définition de l’éducation populaire a pu faire dire à certains, notamment à l’historienne Françoise Têtard, que « relève de l’éducation populaire ceux qui s’en réclament ». Mais on aurait tort à mon avis d’y voir une conception restrictive. Au-delà d’une approche nominaliste, il s’agit d’appréhender l’éducation populaire comme un champ dynamique dont les contours varient avec les pratiques des acteurs investis dans un triple objectif de valorisation de l’accès aux savoirs et à la culture, de co-construction de la citoyenneté et de recherche de formes originales de pédagogies et d’organisation du travail collectif. Il s’agit d’ouvrir à une diversité d’initiatives qui visent un processus de qualification citoyenne, d’augmentation de la capacité d’agir, d’émancipation. Si un certain nombre de structures revendiquent depuis peu à l’échelle historique la notion d’éducation populaire, comme Les Petits débrouillards, l’Anacej, l’Afev, Attac…, d’autres tendent à venir interroger les contours sans pour autant s’en réclamer.

Pourquoi parler de contours ? En renouant avec l’accès à la connaissance et le partage par le plus grand nombre du savoir et de la culture, en innovant dans l’exercice de la citoyenneté et de la participation citoyenne ces nouveaux acteurs ne se situent-ils pas au cœur d’une nouvelle dynamique d’éducation populaire ?

Ces acteurs, les pratiques émergentes qu’ils portent, leurs capacités à former des citoyens impliqués sont au cœur des questionnements de cette journée, moins pour tenter de déterminer lesquelles renvoient au champ de l’éducation populaire que pour restituer cette nouvelle dynamique. Le collectif Pouvoir d’agir, Alliance citoyenne, le Réseau français des étudiants pour le développement durable, la Scop Le Vent debout, Art factories et j’en oublie… constituent l’environnement possible du déploiement et de l’évolution de l’éducation populaire. L’Injep a travaillé autour de huit thèmes : l’usage d’Internet comme outil de partage de la connaissance, l’empowerment, les actions collectives à caractère revendicatif, l’engagement pour autrui, l’économie sociale et solidaire, le rapport au vivant, l’art et sa relation aux populations, l’éducation et la formation… Notre ambition est de construire un nouveau cadre théorique à partir d’une restitution de ces pratiques innovantes, issues d’une nouvelle conjoncture historique, dans le prolongement de l’ouvrage « I love éduc pop. 10 raisons d’aimer (ou pas) l’éducation populaire » qui porte la parole de nombre de ces jeunes acteurs de l’éducation populaire. On l’aura compris, il ne s’agit pas seulement d’interroger, mais d’interpeller.

Les Rencontres de l’Observatoire de la jeunesse 2013 ont porté sur l’éducation populaire à travers deux problématiques : la construction des savoirs (savoirs par tous, savoirs pour tous) et le renouvellement des formes de citoyenneté (pouvoir par tous, pouvoir pour tous).

Pour Jean-Claude Richez, spécialiste reconnu du sujet, cette démarche se veut prospective et participative.

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