Conditions de vie, travail, emploi

Vie quotidienne, ressources, consommation

compte-rendu

Douzièmes rencontres « Neuj’Pro » des élus et professionnels de jeunesse

Du 9 au 11 octobre 2013 à Vichy

Plus de 300 professionnels et élus de jeunesse se sont donnés rendez-vous au centre omnisport de Bellerive-sur-Allier (à la périphérie de Vichy) sur le thème "Priorité jeunesse". Un moment fort qui inscrit le Conseil général de l’Allier et ses partenaires, dont l’Injep, comme acteurs incontournables des politiques publiques de jeunesse actuelles.

Du 9 au 11 octobre 2013, à Vichy, se tenaient les douzièmes « Neuj’Pro », rencontres nationales des élus et professionnels de jeunesse organisées par le conseil général de l’Allier, en partenariat avec l’Injep, l’Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes (Anacej) et le Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Cnajep).

Plus de 300 participants ont ainsi pu participer aux conférences, tables rondes et ateliers d’échanges de pratiques qui ont rythmé ces journées sur les sujets de préoccupation des acteurs des politiques publiques de jeunesse, avant d’échanger, avec Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative (MSJEPVA), invitée en qualité de grand témoin.

Ces rencontres ont donné lieu également à une ovation publique accordée à Jean-Claude Richez, coordonateur de la mission Observation et évaluation de l’Injep pour son soutien sans faille à ces rencontres depuis leurs premières éditions au moment où il fait valoir ses droits à la retraite.

Rencontres des territoires

Les Rencontres des territoires qui ouvraient cette nouvelle édition des « Neuj’Pro » avaient pour but de présenter des initiatives concrètes menées par des collectivités ou d’autres structures dans le cadre de la définition des politiques publiques de jeunesse à l’échelle d’un territoire. Ces rencontres ont permis de rassembler les acteurs de jeunesse des communes et intercommunalités rurales ou urbaines, enfin, des départements et des régions. Elles ont témoigné de la montée en puissance des questions de jeunesse au sein des territoires ruraux et de leur prise en compte croissante par les élus locaux. Autre phénomène grandissant, l’investissement des élus ruraux qui cherchent davantage à structurer des politiques innovantes à l’échelle des intercommunalités rurales, comprenant l’enjeu de la jeunesse en comme dynamique de développement territorial.

Les conférences avaient pour thèmes l’élaboration d’une stratégie jeunesse et l’autonomie des jeunes au service de l’égalité. La première était animée par Patricia Loncle, enseignante-chercheure à l’Ecole des hautes études en santé publique ; la seconde s’articulait autour de l’intervention de Guillaume Allegre, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques.

Au-delà des inégalités générationnelles

Patricia Loncle a structuré son intervention sur les questionnements français des politiques de jeunesse, concernant, notamment, l’interministérialité, l’intersectorialité et les approches globales, transversales ou encore intégrées des politiques publiques de jeunesse. Guillaume Allegre, pour sa part, est revenu sur les évolutions des situations sociales et économiques des jeunes sur trois décennies, dans des domaines aussi cruciaux que l’éducation, l’emploi ou le logement. Il a souhaité distinguer ce qui relève de la recomposition des cycles de vie (entrée dans la vie active toujours plus tardive, allongement des études, âges des premiers enfants) de ce qui relève des inégalités liées aux différences générationnelles. Au-delà des inégalités intergénérationnelles, Guillaume Allegre a voulu aborder les inégalités à l’œuvre au sein des générations. Il a encore mis en perspective la situation des jeunes Français en parallèle avec ces des jeunes Européens. « Ce qui caractérise notre système social, a souligné l’économiste, c’est son inadaptation à l’allongement de la jeunesse et de la période des études avec des institutions (école, marché du travail, protection sociale) qui entravent l’autonomie des jeunes ». Guillaume Allegre a souligné les tensions entre les objectifs d’autonomie et de distribution plaidant pour une « défamiliarisation des politiques publiques », le questionnement de « l’équité entre étudiants et non étudiants », et la mise en place de mesures de réduction des inégalités à travers des politiques universelles et non ciblées sur les plus pauvres.

Modèles d’autonomie différents en Europe

La séance plénière était animée par Claude Costechareyre, en présence de Camille Peugny, maître de conférence en sociologie, de Coline Vanneroy, membre du Forum français de la jeunesse, déléguée générale d’Animafac, et d’Olivier Majewicz, vice-président chargé de la jeunesse, de l’éducation populaire, du fonds d’aide aux jeunes, des missions locales, de l’insertion des jeunes du Conseil général du Pas-de-Calais.

L’occasion de souligner les difficultés croissantes auxquelles se heurtent les jeunes dans le champ économique depuis trois décennies et qui s’aggravent à la faveur de la crise financière de 2008. Pour Camille Peugny, cette situation est néanmoins indissociable des conditions plus générales d’accès à l’autonomie. C’est particulièrement vrai en France « où les jeunes ne se montrent pas plus pessimistes qu’ailleurs en Europe sur leur avenir. En revanche ils ont, davantage que les jeunes Allemands, le sentiment que la société dans laquelle ils vivent ne leur laisse pas la possibilité de faire leurs preuves », a fait valoir le sociologue. En comparant les travaux réalisés dans différents pays européens, il a pointé les limites du modèle français d’accès à l’autonomie qui amène les familles « à supporter l’essentiel du coût de l’accès à l’autonomie, ce qui favorise la reproduction des inégalités ». Ces reproductions sont amplifiées par un système éducatif non seulement impuissant à enrayer la dynamique inégalitaire, mais enclin à la renforcer à travers une forte importance accordée au verdict scolaire et à la faiblesse de la formation tout au long de la vie.

Conférence de la jeunesse, clause « impact jeunesse »

Le rythme des échanges s’est intensifié par la suite à travers la mise en œuvre de tables-rondes sur les thèmes des jeunes et le travail, des attentes prioritaires des jeunes, du rôle de l’éducation populaire dans la dynamique d’émancipation des moins de 30 ans, ou de l’impact l’éducation formelle sur le futur de chacun. Les ateliers d’échanges de pratiques ont fait quant à eux la part belle aux questions de logement, du nouveaux service public d’information et d’orientation, de la citoyenneté européenne, des nouvelles pratiques sportives, en passant par l’engagement solidaire et bénévole des jeunes.

Clôturant les échanges, Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, est intervenue pour présenter les axes forts de la nouvelle politique nationale « Priorité Jeunesse », adoptée lors du Conseil interministériel de la jeunesse (CIJ), le 21 février dernier. Devant une assemblée attentive, la ministre a décliné les 13 chantiers prioritaires et annoncé une Conférence de la Jeunesse sur le modèle de la conférence environnementale. Exposant sa vision de l’action menée par son ministère, Valérie Fourneyron (voir encadré) a dit vouloir s’appuyer sur quatre principes structurants :

  • privilégier le droit commun pour tout ce qui concerne l’accès des jeunes aux droits sociaux afin d’en finir avec l’empilement de dispositifs dérogatoires et illisibles ;
  • favoriser l’autonomie des jeunes et la sécurisation de leurs parcours aussi bien dans les domaines de la formation et du logement que ceux de l’autonomie, de l’emploi ou de la mobilité ;
  • lutter contre les inégalités et les discriminations ;
  • encourager la participation des jeunes dans le débat public et rendre effective la co-construction des politiques publiques.

Les mesures relevant de la « Priorité jeunesse » s’inscrivent dans la continuité des actions menées par le gouvernement depuis sa formation au printemps 2012, a indiqué Valérie Fourneyron, qui a enfin souligné son attachement à des politiques transversales, partenariales et sur le long terme. Elle a enfin, défendu l’idée d’une « clause d’impact jeunesse » qui obligerait à l’avenir, l’Etat et les parlementaires à « évaluer les conséquences sur la jeunesse de chaque projet soumis au Parlement ».

Valérie Fourneyron, grand témoin des 12e rencontres « Neuj’Pro » des élus et professionnels de jeunesse à Vichy
Vers une Conférence de la Jeunesse sur le modèle de la conférence environnementale

Clôturant les échanges des 12e rencontres « Neuj’Pro » des élus et professionnels de jeunesse à Vichy, en qualité de grand témoin, Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, a présenté les points cardinaux de la « Priorité Jeunesse », adoptée lors du Conseil interministériel de la jeunesse (CIJ). Valérie Fourneyron a annoncé une Conférence de la Jeunesse sur le modèle de la conférence environnementale ainsi qu’une clause « impact jeunesse » qui imposerait à l’Etat et à l’Assemblée de mesurer les conséquences de leurs décisions sur les générations futures. Extraits.

« Je tenais aussi à être présente pour marquer mon attachement au travail réalisé par les collectivités locales. Je connais bien, par expérience, les contraintes auxquelles vous êtes confrontés, tout autant que les actions que vous menez, et la passion qui vous anime. J’ai moi-même une expérience d’élue locale, je ne l’ai pas oubliée : elle dicte mon action au quotidien. »

« Je veux que vous quittiez ce lieu, tout à l’heure, en ayant le sentiment d’avoir été entendus, et convaincus qu’une vraie politique jeunesse est en route. Car vous êtes des partenaires essentiels de notre action ! »

« J’ai par ailleurs demandé que le CIJ soit décliné dans toutes les régions. C’est ainsi que les préfets organisent des Comités d’Administration Régionale (CAR) sur les questions de jeunesse. 21 régions sur 22 ont déjà organisé de telles réunions. »

« Nous consacrerons l’an prochain à la Jeunesse 81 milliards d’euros sur l’ensemble du budget de l’Etat, soit 6 milliards de plus que l’année dernière. Au sein du Ministère que j’ai en charge, les crédits en faveur de la jeunesse, de la vie associative et de l’éducation populaire s’établiront en 2014 à 449 millions d’euros, soit une hausse de 28% par rapport à 2013 ! »

« Dans le domaine du logement, une réflexion conjointe des organisations de jeunes et du Ministère du logement est en cours sur la Garantie Universelle des Loyers, qui aidera les jeunes à accéder au parc locatif privé, dont ils sont trop souvent exclus. »

« Je ne sais pas s’il faut un chef de file, et si les régions doivent l’être. Par contre, je sais que le travail doit être collectif et qu’au niveau national comme au niveau local, des cadres de travail doivent être mis en place »

« Dans le souci de mieux représenter les jeunes, je souhaite que le prochain CIJ soit précédé d’une Conférence de la jeunesse, sur le modèle de la Conférence environnementale, associant l’Etat, les collectivités locales, les partenaires sociaux, les associations de jeunesse et d’éducation populaire et les organisations de jeunes. »

« Je n’oublie pas que les organisations de jeunes en particulier, bien que dynamiques, peuvent être fragiles ! Elles se retrouvent parfois dans des situations inconfortables et souhaitent voir leur avenir sécurisé. »

« Pour aller plus loin dans l’intégration des organisations de jeunes dans le débat public, nous avons également besoin d’initiatives innovantes ! Nous lancerons en décembre un appel à projets à destination des organisations de jeunes. J’ai réservé sur mon budget 2 millions d’euros pour cet appel à projets. Il marque bien notre souhait collectif de voir s’accroître l’engagement des jeunes et la consolidation des organisations de jeunes dans leur rôle de porte-voix. »

Plus de 300 professionnels et élus de jeunesse se sont donnés rendez-vous au centre omnisport de Bellerive-sur-Allier (à la périphérie de Vichy) sur le thème "Priorité jeunesse". Un moment fort qui inscrit le Conseil général de l’Allier et ses partenaires, dont l’Injep, comme acteurs incontournables des politiques publiques de jeunesse actuelles.
La ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, Valérie Fourneyron a clôturé la journée en annonçant notamment une Conférence de la Jeunesse sur le modèle de la conférence environnementale (extraits du discours de la ministre).

Contenus associés

17 Octobre 2017
-
Rapports d'étude en ligne

Accès des filles à l’éducation dans le monde : les mauvais élèves.

A l’occasion de la 6e Journée internationale de la fille ce mercredi 11 octobre, l’organisation non gouvernementale ONE a publié la liste des dix pays où les jeunes filles ont le moins accès à l’éducation dans le monde : plus de 130 millions d’entre elles ne vont pas à l’école. Les indicateurs...
04 Octobre 2017
-
Article de presse / Revue de presse

Flexisécurité : « Les jeunes ont beaucoup plus à attendre de cette réforme que les adultes »

"Pour l’économiste Arnaud Chéron (Directeur du pôle de recherche en économie de l’Edhec Business School), s’exprimant dans une tribune au « Monde », si la souplesse permise aux entreprises augmente la probabilité d’être licencié autant que celle d’être embauché elle pourrait aider les jeunes à...
28 Septembre 2017
-
Ouvrage / Note de lecture

Des livres pour éduquer les citoyens : Jean Macé et les bibliothèques populaires (1860-1881)

Les débuts des années 1860 en France ont été marqués par l'éclosion de nombreuses bibliothèques populaires. Des hommes, notables souvent, laïques, protestants, ont appliqué un certain nombre des idées philanthropiques développées après 1848, pensant, comme Jean Macé, que la bibliothèque permettait...
25 Septembre 2017
-
Texte législatif ou règlementaire

Projet de loi de finances pour 2018 : élaboration des projets annuels de performance - intégration du grand plan d'investissement

Le projet de loi de finances pour 2018 élabore les projets annuels de performance qui s'intégrent dans le Grand plan d'investissement. Cette circulaire complète la circulaire du 25 juillet 2017 relative aux projets annuels de performance (P AP). Le Grand plan d'investissement (GPI) de 50 Md€ annoncé...