Conférences et rencontres

"Pratiques écologiques et éducation populaire : l’éducation qui vient"

Compte-rendu des "Rencontres 2016"

Plénière du 5 février 2016

Organisées par l’INJEP et la plateforme nationale Alliance sciences et sociétés (ALLISS), ces rencontres ont réuni quelque 300 personnes, issues des champs de la recherche, de la décision publique et des politiques éducatives. Compte-rendu. 

La quatrième édition des rencontres de l’Observatoire de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative s’est tenue le 5 février 2016 à l’école nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville.

Dans le prolongement de la COP 21 et de la Conférence pour la jeunesse des Nations-Unies (COY 11), ces rencontres ont réuni un large public, composé d’acteurs associatifs, de décideurs et d’agents publics, pour aborder l’éducation populaire et ses évolutions au prisme des pratiques écologiques. Laissant une large place au partage d’expérience, ces rencontres, organisées par l’ Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) et la plateforme nationale Alliance sciences et société (ALLISS), née dans le double giron de l’éducation populaire et de l’enseignement supérieur et de la recherche, ont été séquencées en quatre ateliers (voir les comptes-rendus mis en ligne sur le site) permettant, comme l’a souligné Francine Labadie, cheffe du projet Observatoire de la jeunesse à l’INJEP, « d’échanger, de réfléchir et de formuler des propositions ».

 

Autour d’Emmanuel Porte, chargé d’études et de recherche à l’INJEP, et de Lionel Larqué, délégué général de l’ALLISS, les tables rondes et ateliers qui se sont succédé tout au long de la journée ont réuni Jean-Paul Bozonnet, enseignant-chercheur à l’Institut d’études politiques de Grenoble ; Olivier Sigaut, enseignant au ministère de l’Agriculture et à l’Université de Bordeaux ; Katarina Kordulakova, animatrice du réseau « Les Bâtisseurs des possibles » ; Jacques Boutin, représentant de l’association nationale des Centres d'entrainement aux méthodes d'éducation active (CÉMEA) ; Patrick Brun, représentant le mouvement ATD Quart-Monde ; Hugues Bazin, chercheur au LISRA (laboratoire d’innovation sociale par la recherche-action) ; Clara Haas, représentante de l’organisation CliMates ; Yvan Godreau, animateur socioculturel au centre social du Chemillois ; Hélène Guinot, chargée d’études à la Ligue de l’enseignement ; Yoann Duriaux, représentant de la plate-forme open source Movilab ; Olivier Kaba, représentant du Forim (Forum des organisations de solidarité internationale issues des migrations) ; Julie Babaammi de Sousa, représentante du Collectif des associations citoyennes ; Marianne Cerf, chercheuse à l’INRA (Institut national de recherche agronomique) ; Claude Bourquard, représentant du réseau GRAINE Île-de-France ; Rafaël Ricardou, coordinateur de l’antenne Île-de-France de l’association Grdr – Migration Citoyenneté Développement ; Robert Caron, directeur du centre Paris Lecture ; Antoine Dulin, membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE) ; et la sénatrice Dominique Gillot.

Des enjeux « inévitables et universels »

En préambule à ces rencontres, Jean-Benoît Dujol, délégué interministériel à la jeunesse et directeur de la direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et  de la vie associative (DJEPVA), a rappelé l’attachement du ministre à ce thème « d’une grande actualité, au croisement des enjeux écologiques et éducatifs », « inévitable et universel ». Jean-Benoît Dujol a relevé que les mobilisations écologiques accordent à la société civile une surface et une légitimité sans précédent. Elles donnent lieu à un foisonnement d’expériences concrètes, mais elles réinterrogent aussi les pratiques éducatives. Ne basculerions-nous pas dans « l’âge du faire » ?  s’est-il interrogé. A la fois manière d’agir et de penser, au carrefour de l’animation socio-culturelle, de la conduite de politiques publiques et de l’action militante de transformation sociale, ces nouvelles formes d’engagement démontrent que la citoyenneté est une affaire de pratiques. « Jeunes et moins jeunes, se réapproprient la possibilité de changer le monde, de capitaliser et de diffuser les connaissances, de collaborer, de construire un récit politique », a fait valoir Jean-Benoît Dujol.

Et si l’action précède désormais l’action, il faut sans doute repenser les pédagogies actives de l’éducation populaire, faire évoluer les métiers de l’animation ou du travail de jeunesse, valoriser le travail associatif. Tel était l’enjeu de ces premières rencontres organisées depuis que l’INJEP s’est vu accorder le statut de service à compétence nationale, avec pour mission de guider et inspirer l’action publique.

L’écologie : des représentations et des pratiques disparates qui questionnent les démarches éducatives

Au cours de la conférence introductive, Emmanuel Porte a rappelé que les acteurs de l’éducation populaire ont joué un rôle pionnier dans le développement d’actions sur le rapport à la nature. En parallèle, ces acteurs se sont professionnalisés et, dans une certaine mesure, institutionnalisés avec la scolarisation des pratiques. Cette évolution contradictoire mérite d’être questionnée au regard des enjeux que posent aujourd’hui les risques environnementaux ou les réfugiés écologiques. Elle nécessite aussi de s’intéresser aux postures et aux méthodes, car si les questions écologiques sont aujourd’hui dans toutes les têtes, elles ne transparaissent pas forcément dans toutes les pratiques. Les questions écologiques peuvent enfin marquer un rapprochement entre éducation formelle et non formelle par-delà les barrières institutionnelles, grâce à un partage des pratiques, à la fois écologiques et éducatives, qui pourrait forger à terme une citoyenneté écologique. Lionel Larqué a néanmoins relevé qu’au fil de la démarche de conceptualisation, d’expérimentation et d’évaluation, acteurs de terrain et chercheurs s’étaient éloignés. Ils doivent aujourd’hui converger à nouveau, dans le cadre de partenariats de long terme à l’image de celui de l’ALLISS et de l’INJEP, pour conforter le mouvement qui est à l’œuvre. Les problématiques analysées au cours de ces rencontres ne touchent pas uniquement les acteurs de l’éducation ; elles concernent aussi ceux de l’environnement, de la solidarité internationale, du numérique, des catégories qui doivent peut-être être déconstruites aujourd’hui.

 

Les diverses notions à l’œuvre

Jean-Paul Bozonnet, enseignant-chercheur à l’Institut d’études politiques de Grenoble, a rappelé les différentes représentations de l’écologie tandis que, sur un plan plus pratique, Olivier Sigaut, enseignant au ministère de l’Agriculture et à l’Université de Bordeaux, décrivait les impacts éducatifs des mobilisations écologiques.

Pour Jean-Paul Bozonnet, l’écologie est un terme un peu fourre-tout, qui recouvre des représentations très disparates, mais il implique aussi un projet de société différent. Le sentiment de nature renvoie à l’amour de la nature tandis que l’écocentrisme se réfère à une certaine conception du monde, fondée sur l’idée que l’équilibre de la nature n’est pas suffisamment solide pour compenser les dégâts que l’homme peut causer. Dans l’environnementalisme, il ne s’agit plus de faire appel à une émotion ou une conception du monde. La nature est pensée comme un objet à protéger, à défendre, soit comme une valeur parmi d’autres (environnementalisme faible), soit comme une priorité (environnementalisme fort). Elle devient même un sujet avec l’écologie politique.

 

L’engagement vis-à-vis de la nature, toutes populations confondues, est beaucoup moins fort qu’au cours des décennies antérieures. Surtout, il prend aujourd’hui des formes différentes, liées davantage à l’individualisation des modes d’engagement.

Qui sont ces jeunes écologistes ?

Les pratiques écologiques sont liées aux politiques publiques, mais elles ne vont pas de soi ; elles exigent compétences et ressources pour pouvoir exercer des pressions sur le pouvoir politique afin qu’il mène des actions en faveur de l’environnement. En 2008, 3 % des Français adhéraient à une organisation environnementale, d’après Jean-Paul Bozonnet, 1 % d’entre eux y étaient bénévoles et les jeunes n’étaient pas plus présents que les autres générations. Leur propension à donner de l’argent en faveur de l’environnement est en revanche plus forte (60 % des 18-29 ans contre 44 % des 60 ans et plus). Qui sont ces jeunes écologistes ? Ce sont plutôt de jeunes diplômés, filles et garçons confondus, de l’enseignement supérieur, issus de grandes villes. Les jeunes actifs, eux, se préoccupent davantage de sujets économiques.

Même si les jeunes témoignent d’une certaine conscience écologique, leurs pratiques dans la sphère privée ne relèvent pas forcément de logiques environnementales. Elles dépendent aussi d’opportunités, de contraintes matérielles ou d’intérêts individuels. Ainsi, les jeunes utilisent autant, voire davantage les transports doux que le reste de la population, mais ils les délaissent aussi autant que leurs concitoyens lorsqu’ils possèdent une voiture. Les jeunes recyclent peu, ne recourent pas aux AMAP. La réduction de consommation d’eau et d’énergie est plus le fait des anciennes générations que des plus jeunes. Ces pratiques découlent aussi de notion de civisme, les jeunes étant moins enclins à obéir que les anciens.

Sortir du ronronnement de l’éducation académique

Olivier Sigaut a quant à lui démontré qu’en matière de protection de l’environnement, on peut aussi passer d’éducation formelle à éducation non formelle en invitant les étudiants sur le terrain. Selon lui, « il faut sortir les étudiants du ronronnement de l’éducation académique ». C’est dans cette optique qu’il a engagé avec ses étudiants un travail de suivi sur l’Angelica heterocarpa, l’ « Angélique des estuaires » une plante erratique rare qui poussait en plein cœur de Bordeaux sur un site totalement détruit à l’occasion de travaux publics.

L’éducation pour la nature nécessite une implication totale. Elle peut aussi s’accompagner d’un travail créatif. Car « créer, c’est aussi résister ». Olivier Sigaut a rappelé que la première grande loi de protection avait été inspirée par les peintres de Barbizon, collectif qui a réuni tout au long du XIXe siècle les artistes paysagistes désireux de travailler « d’après nature  ». Les problématiques écologiques peuvent être abordées de manière conviviale, comme la représentation « Le cri du vison », donnée dans le cadre du festival d’Uzeste pour sensibiliser les populations sur la disparition du vison d’Europe. C’est, a jugé Olivier Sigaut, moins de l’éducation par la nature que de l’éducation pour la nature qu’il faut développer.

On peut aussi surprendre les gens, les sortir de leur routine pour les emmener vers d’autres pratiques écologiques. C’est ce qu’il s’est essayé à faire, en relation avec des paysagistes, travaillant aux liens entre technologie et écologie à partir des nanoparticules de carbone de Fuller. Peut-on faire de la technique acceptable du point de vue de l’écologie ? La question est posée dans son documentaire « Machines ». La technologie constitue aussi le sujet de son dernier projet, à partir de la pièce « RUR », de Karel Capek, une réflexion morale et éthique sur les nouveaux enjeux, car il ne faut pas opposer une approche écologique engagée avec des modes de réflexion sur des techniques qui s’imposent à tous.

Regards sur les ateliers

Tour à tour, Rafaël Ricardou, coordinateur de l’antenne Île-de-France de l’association Grdr – Migration Citoyenneté Développement, Claude Bourquard, représentant du réseau GRAINE Île-de-France, Marianne Cerf, chercheuse à l’Institut national de recherche agronomique (INRA) et Robert Caron, directeur du centre Paris Lecture, ont livré leurs retours sur les quatre ateliers qui ont émaillé la journée.

Les pratiques sont diverses, les modes d’engagement aussi. Néanmoins, une idée ressort des interventions : on agit non seulement pour les autres, mais aussi pour soi. Rafaël Ricardou a en effet remarqué qu’un discours très entrepreneurial ou libéral peut masquer des modes d’action fortement imprégnés de dimensions sociales et que de nouveaux modes de travail collaboratif émergent. Il a regretté toutefois que les travaux de cette journée n’aient pas permis de dresser le bilan de ces actions afin de nourrir d’autres collaborations.

Marianne Cerf a également relevé que ces expériences se voulaient en rupture par rapport au modèle établi et s’attachaient à inscrire le vivre ensemble dans des lieux précis, mais qu’elles n’énonçaient pas le projet politique qui sous-tendait la démarche. S’agit-il de « vivre ensemble » ou de « coude à coude » ? s’ est-elle interrogée, arguant qu’il ne faut pas projeter ses propres formes de vivre ensemble sur les acteurs avec lesquels on travaille. Parfois, des projets locaux permettent d’aborder des sujets de société plus globaux. Il faut donc s’intéresser à la façon dont une démarche très localisée peut devenir un projet politique à plus grande échelle.

Robert Caron a quant à lui invité les participants à prendre garde aux mots qu’ils emploient, car « la langue ne se contente pas de poétiser ». Comment en effet imaginer un développement qui ne soit pas durable ? Que serait une démocratie si elle n’était pas participative ? Ne vaudrait-il pas mieux « mutualiser » que « capitaliser » ? Existe-t-il au monde quelqu’un qui ne soit pas confronté au vivre ensemble ? Il importe d’étudier, avec les bénéficiaires de l’action, la façon dont chacun forge son langage, car celui-ci résulte de la construction même de soi.

Robert Caron a ensuite rappelé qu’en matière d’environnement comme dans d’autres domaines, les enfants comme les adultes sont entourés « d’explicateurs » qui leur imposent des règles de conduite. Or il faut moins donner des directives que laisser chacun chercher par soi-même, quand bien même il s’intéresse à un sujet auquel il ne connaît rien, car c’est ainsi qu’il pourra comprendre les enjeux qui sous-tendent ses pratiques. Claude Bourquard a souligné lui aussi que l’éducation populaire porte depuis l’origine la notion d’émancipation par rapport à sa position sociale. Il d’ailleurs fait le lien avec l’éthymologie latine du verbe éduquer  composé de e- (« hors de ») et duco (« mener, conduire »).L’éducateur ne doit pas fournir lui-même le modèle, mais donner aux autres les moyens de le construire. L’action éducative doit faire une large place à la diversité des lieux, des outils, des méthodes, afin de favoriser l’émancipation de tous par rapport au parcours qui leur est assigné par la société actuelle et, en les plaçant dans un groupe, forger leur rapport à l’altérité.

Le retour sur ces ateliers a permis de faire ressortir un triple constat. Premièrement, l’adoption massive des vocables écologiques maquent un impensé collectif concernant les finalités de la construction d’une citoyenneté écologique. Deuxièmement, si la volonté d’action précède bien souvent aujourd’hui la connaissance de la nature, il semble plus intéressant de réfléchir plus en amont aux dimensions éducatives de ces actions (formation, animation, méthode, outil). Enfin, le foisonnement des initiatives suppose de documenter et de prendre de la hauteur pour être en capacité de nommer les écueils et valoriser les réussites articulant pratiques écologiques et éducatives.

Perspectives

Une dernière table ronde a réuni Antoine Dulin, membre du Conseil économique, social et environnemental et la sénatrice Dominique Gillot afin de tracer des perspectives sur les pratiques éducatives à l’aune des préoccupations écologiques.

 

« Faire des lois, ce n’est pas seulement inscrire dans les codes un dada personnel ; c’est prendre en considération les évolutions et les aspirations de la société » a rappelé la sénatrice Dominique Gillot. La loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, parue en 2013 en même temps que la loi sur la refondation de l’école, a permis de décloisonner le monde de la recherche scientifique et technique et de le tourner davantage non pas seulement vers l’économie, mais vers la société dans son ensemble. En trois ans, la situation a fondamentalement changé. Aujourd’hui, les projets d’enseignement et de recherche sont de plus en plus pluridisciplinaires, mêlant sciences humaines et sciences dures. Bien sûr, le dialogue, les échanges se révèlent essentiels pour franchir la barrière du langage et partager un même vocabulaire. Pourtant, les cénacles décideurs continuent de véhiculer de vieilles idées reçues. L’enseignement supérieur y est présenté sous son plus mauvais jour, simplement parce que les décideurs ne sont pas au fait des pratiques de fabrication des savoirs et de construction de nouvelles relations entre les individus.

La culture scientifique, technique et industrielle est aujourd’hui agitée par différentes tensions entre ceux qui pensent qu’il faut conserver la science dans une tour d’ivoire et d’autres, dont la sénatrice fait partie, qui estiment qu’elle doit être partagée largement dans toutes les sphères. Plusieurs associations montrent aujourd’hui la voie de l’ouverture. Les sujets polémiques sont de plus en plus nombreux, les contestations populaires aussi. Pour qu’un débat documenté se noue, il faut partager la connaissance et donner à tous les moyens de comprendre les enjeux qui se jouent. Les « sachants » ne sont plus les seuls tenants de la connaissance. L’expertise peut également venir de l’expérience. Ces nombreuses sources de connaissance, ces multiples lieux de confrontation doivent permettre de réaliser des progrès dans le plaisir plutôt que dans la contestation. Dominique Gillot a donc invité les participants à « envahir les lieux de débat » et témoigner de leur curiosité et de leur intérêt pour la connaissance, afin que la parole ne soit plus « monopolisée par des décideurs aux pensées archaïques ».

Vers une éducation transformant le modèle de société

Un archaïsme partagé, selon Antoine Dulin, par les organisations syndicales et patronales lors du long débat organisé au sein du CESE à l’occasion de son avis sur l’éducation à l’environnement. Les acteurs s’accordaient sur la nécessité de développer cette éducation, mais ils divergeaient sur les moyens à mobiliser et sur la direction à prendre pour mettre en place une éducation transformatrice du modèle de société.

Dans cet avis, le Conseil est parvenu à sortir de trois écueils importants. Il insistait d’abord sur la nécessité de sortir l’éducation du seul périmètre de l’enfance et de la jeunesse pour penser l’éducation tout au long de la vie, que ce soit dans l’entreprise, dans la ville, et jusqu’en maison de retraite. Il estimait aussi que pour être vraiment appliqués, les « bons gestes » devaient être expliqués afin de faire naître une conscience à l’environnement dans l’esprit de tous. Enfin, le CESE invitait les acteurs à sortir d’une démarche purement politique et à envisager la pluridisciplinarité, car l’éducation touche tout le monde.

Il importe de reconsidérer la nature comme un partenaire éducatif dans sa manière d’être, de questionner les pratiques et les questions d’usage pédagogique notamment pour permettre aux jeunes de devenir des citoyens conscients du XXe siècle.

Certes, l’avis du CESE a été entendu par le gouvernement, qui a repris ses recommandations concernant la formation initiale. Antoine Dulin a néanmoins relevé quatre manques dans le système actuel : un manque de pédagogie permettant d’aborder les questions de citoyenneté et de lien à l’environnement dans les politiques publiques, un manque de financement des structures d’éducation populaire, un manque d’internationalité dans les réflexions sur ces questions écologiques qui soulèvent pourtant des enjeux mondiaux et un manque de cohérence entre le discours politique et les pratiques. Il ne suffit pas de dire qu’il faut consommer différemment. Or « quand l’Etat n’est pas un acteur exemplaire dans sa manière d’aborder le développement durable, les pratiques ne peuvent pas se diffuser ».

Ecouter les jeunes, les intégrer aux projets

Une représentante des Apprentis d’Auteuil a rappelé que, certes, les éducateurs devaient accompagner les jeunes dans leur développement, mais que les jeunes eux-mêmes pouvaient offrir une expérience d’une richesse que les adultes ne soupçonnent pas. Il est devenu indispensable de forger une démarche de co-construction, d’écouter les jeunes, de les intégrer aux projets afin qu’ils se les approprient réellement.

Dominique Gillot, partageant ces propos, a remarqué que les missions de tutorat prennent d’ailleurs de plus en plus d’importance pour lutter contre l’exclusion, y compris au sein des entreprises.

Olivier Sigaut a insisté quant à lui sur l’approche transdisciplinaire qu’il convient de développer en matière d’éducation à l’environnement. L’enseignant ne peut pas tout connaître et doit faire preuve d’humilité. Il doit donc se placer dans une logique de co-construction et, dans ce mouvement, le monde de l’éducation populaire peut apporter sa contribution.

Aujourd’hui, les évolutions sont si fortes qu’elles perturbent les institutions. Or les acteurs de l’éducation non formelle sont totalement oubliés. Face au désengagement de la puissance publique, les acteurs du « tiers-Etat » de l’éducation doivent revenir dans le débat, accomplir un véritable acte politique, affirmer leur besoin, car seul un rapport de force sociopolitique peut, comme l’a relevé Lionel Larqué, faire évoluer la situation.

 

Document rédigé par la société Ubiqus – Tél. : 01.44.14.15.16 – http://www.ubiqus.frinfofrance@ubiqus.com

Photos Nicolas Thouvenin 

 

 

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Voir le dossier

Dossier : Comptes-rendus des "Rencontres 2016"

"Pratiques écologiques et éducation populaire : l'éducation qui vient"

L’INJEP et l'ALLISS se sont associés pour organiser les 4es rencontres de l’Observatoire « Pratiques écologiques et éducation populaire : l’éducation qui vient ». Elles se sont tenues le 5 février 2016, rassemblant plus de 300 personnes. Retrouvez dans ce dossier les comptes rendus des quatre ateliers qui ont séquencé ces rencontres ainsi qu’une restitution des plénières.

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