Conférences et rencontres

"Pratiques écologiques et éducation populaire : l’éducation qui vient"

Compte-rendu des "Rencontres 2016"

Plénière du 5 février 2016

Regards sur les ateliers

Tour à tour, Rafaël Ricardou, coordinateur de l’antenne Île-de-France de l’association Grdr – Migration Citoyenneté Développement, Claude Bourquard, représentant du réseau GRAINE Île-de-France, Marianne Cerf, chercheuse à l’Institut national de recherche agronomique (INRA) et Robert Caron, directeur du centre Paris Lecture, ont livré leurs retours sur les quatre ateliers qui ont émaillé la journée.

Les pratiques sont diverses, les modes d’engagement aussi. Néanmoins, une idée ressort des interventions : on agit non seulement pour les autres, mais aussi pour soi. Rafaël Ricardou a en effet remarqué qu’un discours très entrepreneurial ou libéral peut masquer des modes d’action fortement imprégnés de dimensions sociales et que de nouveaux modes de travail collaboratif émergent. Il a regretté toutefois que les travaux de cette journée n’aient pas permis de dresser le bilan de ces actions afin de nourrir d’autres collaborations.

Marianne Cerf a également relevé que ces expériences se voulaient en rupture par rapport au modèle établi et s’attachaient à inscrire le vivre ensemble dans des lieux précis, mais qu’elles n’énonçaient pas le projet politique qui sous-tendait la démarche. S’agit-il de « vivre ensemble » ou de « coude à coude » ? s’ est-elle interrogée, arguant qu’il ne faut pas projeter ses propres formes de vivre ensemble sur les acteurs avec lesquels on travaille. Parfois, des projets locaux permettent d’aborder des sujets de société plus globaux. Il faut donc s’intéresser à la façon dont une démarche très localisée peut devenir un projet politique à plus grande échelle.

Robert Caron a quant à lui invité les participants à prendre garde aux mots qu’ils emploient, car « la langue ne se contente pas de poétiser ». Comment en effet imaginer un développement qui ne soit pas durable ? Que serait une démocratie si elle n’était pas participative ? Ne vaudrait-il pas mieux « mutualiser » que « capitaliser » ? Existe-t-il au monde quelqu’un qui ne soit pas confronté au vivre ensemble ? Il importe d’étudier, avec les bénéficiaires de l’action, la façon dont chacun forge son langage, car celui-ci résulte de la construction même de soi.

Robert Caron a ensuite rappelé qu’en matière d’environnement comme dans d’autres domaines, les enfants comme les adultes sont entourés « d’explicateurs » qui leur imposent des règles de conduite. Or il faut moins donner des directives que laisser chacun chercher par soi-même, quand bien même il s’intéresse à un sujet auquel il ne connaît rien, car c’est ainsi qu’il pourra comprendre les enjeux qui sous-tendent ses pratiques. Claude Bourquard a souligné lui aussi que l’éducation populaire porte depuis l’origine la notion d’émancipation par rapport à sa position sociale. Il d’ailleurs fait le lien avec l’éthymologie latine du verbe éduquer  composé de e- (« hors de ») et duco (« mener, conduire »).L’éducateur ne doit pas fournir lui-même le modèle, mais donner aux autres les moyens de le construire. L’action éducative doit faire une large place à la diversité des lieux, des outils, des méthodes, afin de favoriser l’émancipation de tous par rapport au parcours qui leur est assigné par la société actuelle et, en les plaçant dans un groupe, forger leur rapport à l’altérité.

Le retour sur ces ateliers a permis de faire ressortir un triple constat. Premièrement, l’adoption massive des vocables écologiques maquent un impensé collectif concernant les finalités de la construction d’une citoyenneté écologique. Deuxièmement, si la volonté d’action précède bien souvent aujourd’hui la connaissance de la nature, il semble plus intéressant de réfléchir plus en amont aux dimensions éducatives de ces actions (formation, animation, méthode, outil). Enfin, le foisonnement des initiatives suppose de documenter et de prendre de la hauteur pour être en capacité de nommer les écueils et valoriser les réussites articulant pratiques écologiques et éducatives.

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Dossier : Comptes-rendus des "Rencontres 2016"

"Pratiques écologiques et éducation populaire : l'éducation qui vient"

L’INJEP et l'ALLISS se sont associés pour organiser les 4es rencontres de l’Observatoire « Pratiques écologiques et éducation populaire : l’éducation qui vient ». Elles se sont tenues le 5 février 2016, rassemblant plus de 300 personnes. Retrouvez dans ce dossier les comptes rendus des quatre ateliers qui ont séquencé ces rencontres ainsi qu’une restitution des plénières.

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