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Colonies de vacances : baisse alarmante de la fréquentation et de la durée des séjours selon un rapport parlementaire

Le texte constate une baisse des effectifs, une réduction de la durée des séjours et la montée en puissance des mini-camps mis en place par les centres de loisirs. En cause les nouvelles pratiques des familles… et surtout les coûts trop élevés pour les plus modestes d’entre elles.

Un rapport sur l’accessibilité des jeunes aux séjours collectifs et de loisirs à été présenté le 10 juillet 2013 à l’Assemblée nationale. Ce texte est la conséquence d’une mission d’information sur ce thème qui a été mise en place en novembre 2012 par la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale. Selon son rapporteur, Michel Ménard, le constat est sans appel : les enfants partent moins loin, moins longtemps et moins souvent.

« Cette désaffection, explique le rapporteur, peut être attribuée à une évolution de la société, les parents étant désormais moins enclins à laisser leurs jeunes partir, mais aussi, et surtout, au coût de séjour trop élevé pour de nombreuses familles ». De fait « ce sont finalement les enfants de milieux aisés, partant beaucoup en vacances avec leur famille, qui profitent des séjours collectifs », a constaté Michel Ménard.

Mini-camps
L’autre trait saillant de ce rapport est la baisse des durées de séjours de plus d’une semaine. Ainsi « la fréquentation des séjours de vacance de plus d’une semaine baisse de manière constante depuis 1995 ». A cette date, le ministère chargé de la jeunesse comptait 28 millions de nuitées. Quinze ans plus tard, elles ont baissé de moitié, alors que le nombre de départs n’a diminué que de 15%. Parlant d’un « basculement » qui se serait opéré au début des années 2000, les mini-camps organisés dans les centres de loisirs, d’une durée de moins d’une semaine, tendraient à se substituer aux fréquentations des colonies de vacances. Toujours selon ce rapport, le nombre de mini-camps serait passé de 17 928 à 24 615 et le nombre de mineurs accueillis, de 300 000, en 2008, à 420 000 en 2011.

Source : OVLEJ, bulletin n° 16 de décembre

Le rapport présente 21 propositions pour renforcer l’accès des mineurs aux loisirs et aux vacances. Parmi celles-ci, la réhabilitation des aides de la CAF aux départs en colo, l’extension de la distribution des chèques vacances aux petites et très petites entreprises dénuées de comités d’entreprise, ou encore, l’instauration d’un fonds spécial dédié aux centre de vacances qui serait financé par une taxe sur l’hôtellerie de luxe.

Cette année, trois millions de jeunes âgés de 5 à 19 ans, ne partiront pas en vacances ; soit un jeune sur quatre de cette classe d’âge. A travers un rapport et un numéro de son bulletin Jeunesses : études et synthèse sur le vécu des jeunes dans les colos, mais aussi via la publication d’un numéro d’Agora débats/jeunesses n° 59 sur la mixité dans les activités de loisirs, l’Injep a rendu compte du rôle important de ces séjours dans la socialisation et l’émancipation des jeunes.