Etudes et recherche

Ce que consentir veut dire à l’adolescence

Yaëlle Amsellem Mainguy, chargée d’études et de recherche à l’INJEP, Constance Cheynel, doctorante en sciences politiques à l’université Paris-Dauphine et Anthony Fouet, doctorant en sociologie à l’université Paris-Ouest-Nanterre La Défense, ont cosigné un article publié, en avril 2016, dans les colonnes de la revue Vers l’éducation nouvelle éditée par les Ceméa.
 
Yaëlle Amsellem Mainguy, chargée d’études et de recherche à l’INJEP, Constance Cheynel, doctorante en sciences politiques à l’université Paris-Dauphine et Anthony Fouet, doctorant en sociologie à l’université Paris-Ouest-Nanterre La Défense, ont cosigné un article publié, en avril 2016, dans les colonnes de la revue Vers l’éducation nouvelle éditée par les Ceméa. 
 
A travers la question du consentement dans l’entrée dans la sexualité à l’adolescence, il y est montré comment les stéréotypes de genre restent bien ancrés dans les pratiques et les représentations des filles et des garçons.
 
Les auteur-e-s étudient la notion de consentement à travers les registres de la communication non verbale et de l’apprentissage social de la séduction. Ils démontrent que les jeunes décodent difficilement les signes du consentement. Ce dernier s’inscrit dans un cadre de négociations et de rapports de force qui clivent assez nettement les filles et les garçons. 
 
Par ailleurs, l’enquête a mis en lumière l’importance des enjeux de territoires pour comprendre les conditions dans lesquelles se déroulent les rapports sexuels et les rapports de force qui peuvent s’établir ou s’imposer aux individus. Le texte conclut "sur la faible remise en question du consentement au sein de la relation de couple, lorsque celui-ci s’ancre dans la durée", interrogeant la  frontière entre le rapport cédé – le rapport sexuel est réalisé pour faire plaisir à l’autre ou pour obtenir du répit face à l’insistance du partenaire – et le viol au sein du couple, qui, jugent les auteur-e-s "n’est pas du tout (re)connu par les jeunes rencontrés".
 
Cet article s’appuie sur une enquête réalisée en 2014 et en 2015 par l’équipe de l’INJEP, avec le soutien de l’INPES, à partir d’observations effectuées lors d’une trentaine de séances d’animation d’une association menées sur l’éducation à la sexualité dans les lycées et centres d’apprentissage.
 
En parallèle, 28 jeunes âgés de 15 à 19 ans scolarisés en lycée général, technologique ou CFA ont été rencontrés dans le cadre d’entretiens approfondis (12 filles et 16 garçons), ainsi qu’une dizaine auprès de professionnels intervenant dans ces séances d’animation pour l’association enquêtée renommée SIVS. 
 
Le rapport est disponible dans sa version intégrale sur le site www.injep.fr, rubrique 
"Études et recherches".
 
 
- Cliquer ici pour télécharger l’article dans sa totalité 
 
- Commander Vers l'éducation nouvelle, avril 2016, n° 562 ; la revue des Ceméa. www.cemea.asso.fr
 

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