Parcours Médias : ZOOM n°3 Vidéo Promotion Jeunesse
Parmi les nombreuses expériences menées avec la vidéo dans les milieux de l’éducation populaire, nous pouvons évoquer l’expérience Vidéo Promotion Jeunesse menée par l’INEP (ancien INJEP) et l’association Média et Vie sociale dans les années 80 (voir Zoom). VPJ était une opération subventionnée par le ministère du temps libre jeunesse et sports et co-gérée par l’INEP et l’association Média et Vie Sociale. En 1980, VPJ a reçu une centaine de stagiaires (dont lycéens, ouvriers, agriculteurs et marins, artisans et techniciens, artistes, enseignants, animateurs et éducateurs).
Expérience Vidéo Promotion Jeunesse (VPJ) relatée dans CinémAction n°21/22 1982, par Marie Christian : article " A leur seule demande".
"Le fonctionnement de VPJ découle d’un choix d’objectifs : développer une expression propre aux amateurs, leur proposer le moyen de communiquer ce qu’ils ont à dire sur eux-mêmes et le monde qui les entoure. Par là même, VPJ n’est pas ouvert à toutes les formes de vidéo : l’autoscopie, l’utilisation de la vidéo en animation ou comme moyen d’approche d’un milieu autre que celui du groupe utilisateur n’entrent pas dans notre champ d’action. D’autre part l’accent est mis sur l’aspect collectif des réalisations, en opposition avec la spécialisation et la division du travail que peuvent pratiquer des professionnels."
"Malheureusement, l’idée que se font les associations de l’usage que l’on peut faire de la vidéo est encore très restrictive et le modèle du documentaire, sage et ruisselant d’ennui, n’a pas fini de faire des ravages."
"En vidéo aussi, rien ne se fait sans passion, et c’est là, en fin de compte le critère décisif qui guide notre choix d’un projet : l’engagement d’un groupe dans le sujet qu’il veut traiter."
L’apprentissage technique se fait dans la mesure du possible à travers le sujet traité. L’objectif est de réaliser une œuvre particulière et non de se former à la vidéo en général.
"Ce qui différencie sûrement le travail que nous faisons avec des amateurs à VPJ de celui des mass media, c’est cette multiplicité de publics et la diversité des réceptions possibles d’un même message. Les meilleures de ces réalisations ne deviennent jamais des spectacles sur lesquels une critique d’art pourrait s’exercer, sinon de façon réductrice. Ce sont des paroles qui prennent des significations variables selon le public qui les reçoit et les circonstances du visionnement."
Le groupe réalisateur doit être seul responsable à part entière de son travail, si l’éducateur accompagne : il est pris comme un stagiaire comme les autres.
"Ce sont les groupes qui s’expriment, ils sont auteurs à part entière, mais cette expression doit souvent être accouchée. Si l’animateur et le collectif ne sont pas d’accord sur un point, le collectif aura le dernier mot, mais il aura dû, dans cette confrontation, préciser sa pensée et la mettre à l’épreuve."
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