Presque 20 ans après celui de 1990, le nouveau décret de l’Injep est paru (décret n°2010-98 du 26 janvier relatif aux missions et à l’organisation de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire).
Observation, valorisation, évaluation
L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) est conforté « comme établissement public national à caractère administratif placé sous la tutelle du ministre chargé de la jeunesse », et son rôle redéfini. L’établissement a désormais « pour mission d’observer et d’analyser les pratiques et les attentes des jeunes, les politiques publiques et les actions qui leur sont destinées » et « participe à leur évaluation », selon l’article 2 du décret. Ce dernier précise également que l’Injep « réalise et diffuse les études et analyses conduites dans ces domaines. Il contribue à la connaissance et à l’analyse des politiques en faveur de la jeunesse des autres pays, particulièrement ceux de l’Union européenne ». L’institut a aussi pour mission d’exercer « une veille documentaire » et de constituer « un centre de ressources pour les acteurs de la jeunesse et de l’éducation populaire ».
Des missions complémentaires
« En cohérence et en complémentarité avec les missions décrites ci-dessus », précise par ailleurs le texte, « l’établissement peut être amené à mettre en œuvre, à la demande du ministre chargé de la jeunesse ou en partenariat avec toute personne morale de droit public ou privé, des programmes spécifiques ou des activités de formation, d’études, de documentation et d’organisation de manifestations en faveur des jeunes ».
Nouvelle gouvernance
Les autres innovations majeures contenues dans le décret portent sur l’ouverture du conseil d’administration à des représentants des collectivités territoriales (régions, départements, communes) et sur la création d’un conseil scientifique. Ce dernier se réunit au moins deux fois par an. Il propose des orientations en matière de recherche et formule des recommandations sur les champs d’étude qu’il juge prioritaires. Le décret stipule qu’il « est saisi pour avis préalablement aux délibérations du conseil d’administration portant sur les projets de contrat de performance, les projets de partenariats (…) les programmes d’activités (…) et est associé à la définition des études conduites par l’établissement, notamment celles faisant l’objet de bourses ou d’appels à projets ». Il contribue, en outre, à « l’évaluation des travaux de recherche et d’études qui ont été menés par l’établissement ».
La liste plus resserrée des ministères associés au conseil d’administration confirme que les politiques de jeunesse se trouvent au carrefour des politiques éducatives, d’emploi, de santé, de culture et qu’elles comportent une dimension européenne forte.
Avec les représentants des associations d’éducation populaire qui accompagnent l’institut depuis sa création, ce nouvel équilibre positionne ainsi l’Injep comme lieu privilégié d’échange entre tous les acteurs des politiques de jeunesse : l’État, les collectivités territoriales et les associations.

