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SPORTEEF : un réseau à partager

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Thierry KINDERSTUTH Enseignant - INSEP thierry.kinderstuth@insep.fr

La France est la troisième nation sportive au monde si l’on croit une étude récente publiée dans le magazine Sport (www.freesport.fr). Ce résultat, qui en a étonné plus d’un, est le fruit d’un travail de fond et de longue haleine et s’appuie sur de multiples acteurs. Cela est du à une politique volontaire de promotion du sport dont les garants sont autant l’état que les collectivités sans compter l’ensemble des structures encadrantes. Le développement d’une économie du sport est aussi un moyen de permettre à celles et ceux qui défendent nos couleurs lors des grands événements de s’insérer honorablement dès lors qu’ils abandonnent la compétition.

Ce marché existe et se structure aussi bien dans le monde associatif, que marchand BtoC ou BtoB. Cette économie encore en phase de développement mais dans un environnement de plus en plus concurrentiel ne peut que croître parce que nous formons l’ensemble des acteurs mais aussi des élites. La formation à distance a ceci de particulier qu’elle touche, dès lors qu’elle existe, une cible et un potentiel de plus en plus large autorisant par son existence même une démocratisation des savoirs et des pratiques.

Il s’avère, par ailleurs, que le monde de l’enseignement et de la formation est en passe d’être confronté à un défi majeur au cours des prochaines années : maintenir la qualité de ses enseignements du fait du départ à la retraite d’une génération à l’origine de la réussite du modèle sportif français.
Dans ces conditions, la FAD peut se révéler une réelle opportunité pour, d’une part capitaliser les bonnes pratiques, mais aussi permettre au plus grand nombre d’accéder à la connaissance. Cette connaissance n’étant par ailleurs pas la propriété exclusive des formateurs et enseignants dont la mission principale est de la diffuser.

Le changement de méthode généré par la distance n’est en effet qu’un paradigme de plus, qu’une minorité, à aujourd’hui, a su dépasser. Le corps enseignant, encore très attaché à ses habitudes, ne facilite pas cette évolution. Ces précurseurs, souvent technophiles ont défriché le terrain des possibles tout en ayant une part de responsabilité devant leurs collègues en ne vulgarisant pas les bonnes pratiques. Le manque de moyens, le manque d’appuis institutionnels, une appétence personnelle ont poussé la plupart de ceux-ci à s’orienter vers le monde du libre qui par ailleurs ne nécessite pas de budget d’investissement mais des budgets de fonctionnement et des frais de personnels.
Dans ce contexte, l’INSEP a pris le parti d’une action progressive. Celle-ci s’appuie, pour la partie informatique, sur des technologies éprouvées, mixant des solutions issues du libre mais aussi propriétaires.

Comme toutes nouvelles pratiques, une des conditions essentielle de réussite est que la dissémination de celles-ci et les nouveaux métiers afférents soient non pas subis mais pleinement acceptés. Les phases de transition, qui font cohabiter anciennes et nouvelles méthodes, alourdissent la charge de travail et n’apportent pas la reconnaissance institutionnelle à laquelle les personnels pourraient prétendre.
Les contenus sont et resteront encore longtemps un point de focus de la problématique des LMS, mais ne sont pas pour autant le catalyseur d’un dispositif réussi. Distribuer les contenus adéquats d’une plate-forme de formation en fonction des attentes ou des résultats d’un apprenant à une évaluation n’est pas encore industrialisée. Par ailleurs, il est désormais évident que les contenus ne peuvent être identiques selon que le cursus s’appuie sur un dispositif en présentiel ou de FAD. Le passage de l’un à/vers l’autre amène une refonte et une restructuration des contenus en phase avec une triple contrainte :

  • les contraintes spécifiques au sport (absences pour entrainements, compétitions, R.P., etc.),
  • les contraintes propres à l’institution, ses moyens humains et organisationnels,
  • les contraintes liées aux contenus pour permettre une réutilisabilité optimale au sein des différents programmes d’enseignements.

L’élaboration de ces nouveaux contenus requière la capacité de rédiger un cahier des charges s’appuyant sur le référentiel de la formation qui satisfasse l’expert de contenu (l’enseignant, le formateur) pour le respect des objectifs et le découpage des modules et le médiatiseur pour le séquencement des contenus permettant une utilisation multiple (LOM). Bien que de nombreux travaux concurrents soient en cours seuls deux standards de fait (AICC et SCORM, IMS dans une moindre mesure) font, pour le moment, consensus. Leur intégration sur un LMS permet une bonne traçabilité des usages qui en sont faits. Les outils exploitant ces standards sont encore rares, en ce sens qu’ils n’intègrent pas dans leurs fonctionnalités l’ensemble des usages pédagogiques que l’on peut attendre. Cela nécessite donc trop souvent une hétérogénéité des outils utilisés et des solutions mises en œuvre. Le LMS devient dès lors un facteur d’intégration essentiel pour pallier à ces manques.

La disponibilité des sportifs de haut niveau, leurs attentes vis-à-vis des enseignements théoriques et pratiques qu’ils suivent induit de changer l’approche pédagogique et d’adopter de nouveaux systèmes d’accompagnement. De nombreuses difficultés restent à surmonter dont l’acculturation aux technologies de l’information n’est pas la moindre. Cependant, à l’INSEP, nous pouvons noter sur le premier semestre une explosion des temps de connexion sur l’environnement numérique (+300%) dont une part non négligeable est due aux formations en langues et à la bureautique ; ce dernier point étant indispensable pour donner de l’autonomie aux étudiants et faciliter la phase de soutien technique. Cette étape franchie, un second écueil peut résider dans l’isolationnisme de certains athlètes. Apprendre à distance peut se faire seul mais pas dans un cadre universitaire. D’où la nécessité de passer par des phases de socialisation et de motivation pour construire le groupe et maintenir l’investissement temps dans la durée. La possibilité offerte aux étudiants de travailler en commun sur des dossiers d’études, de recherche, de partage de leurs expériences apporte de la cohésion, et leur permet de construire leurs savoirs. La maturité de l’étudiant semble être un élément dont il faut tenir compte afin d’adapter et renforcer le cas échéant le dispositif d’accompagnement. Les relations formé(s)/formateur(s), formé(s)/groupe, formateur/groupe(s) et l’extension vers les relations transverses entre différentes communautés d’apprentissage restent à consolider.

Un processus quasi identique est nécessaire pour l’équipe enseignante. Cela passe à l’INSEP par l’inscription des enseignants et des formateurs (permanents et vacataires) à un cursus de formation. Nous avons retenu le C2i, l’équipe tutorale/support étant formée des membres de l’équipe TICE. Ce projet, outre la montée en compétence des formateurs et enseignants sur les outils du poste de travail (ce qui est un préalable), les place dans une dynamique d’acquisition collective de compétences et de compréhension des caractéristiques des cursus offerts aux étudiants et stagiaires.
A l’INSEP, les enseignants volontaires sont acteurs dans les cursus dont ils ont la responsabilité pédagogique même s’ils ne sont pas tous auteur(e)s de leurs contenus. Cela leur permet d’adapter leur pédagogie à leurs publics en contextualisant les cours, en enrichissant les programmes d’exercices, d’études de cas ou de séquences d’évaluation formatives. Cette construction de cours s’élabore à partir des référentiels de formation déclinés en référentiels de compétences attendues. Ce travail sera prochainement complété d’un outil spécifique facilitant le positionnement des personnels et des étudiants.

Les enseignants sont également assistés par un dispositif de formation aux outils de médiation à distance. Ils évoluent progressivement vers une pédagogie s’appuyant sur des processus plus constructivistes et plus collaboratifs.

Sur le LMS, dans un objectif d’accélérer le processus de mise en ligne, les enseignants ont la responsabilité de déposer dans les cursus préalablement créés :

  • la présentation de la formation,
  • le planning de celles-ci,
  • un espace d’échange.
    C’est, en quelque sorte, une adaptation locale d’une réflexion menée par le GRECO qui présente 4 âges conduisant vers un dispositif de FOAD : le présentiel enrichi, amélioré, réduit et le distanciel. Chaque système nécessitant ses propres réponses aux contraintes induites, comme notamment l’accompagnement et la capacité à élaborer des situations de construction collective des savoirs.

Afin d’accélérer cette mutation, deux facteurs peuvent paraître décisifs. D’une part, l’arrivée d’une génération de formateurs et enseignants plus ouverts aux TICE. Quoique autonomes sur les cours qu’ils développent, les enseignants sont invités à appliquer de nouvelles règles de mise à disposition des cours pour une meilleure mutualisation des connaissances. D’autre part, ils sont appelés à participer à une communauté de pratiques sur un campus numérique afin d’identifier et se comparer avec ce qui fonctionne.

Concernant les contenus génériques où spécifiques au monde du sport, leur mutualisation et leur mise en commun va permettre de faire jouer l’effet démultiplicateur. Au fur et à mesure que les contenus seront validés par la commission ad hoc, ceux-ci seront proposés aux entités qui souhaiteraient les intégrer dans leurs propres dispositifs, sur un espace distinct mais communiquant avec nos propres environnements.

Ainsi à l’INSEP, c’est ce savoir faire que nous proposons d’ouvrir dans le cadre d’un partenariat ; le club Sport_E.E.F (Sport Education Enseignement Formation - prononcer sportif). Sa la vocation est de proposer aux entités adhérentes des ressources leur permettant d’échanger sur les bonnes pratiques et d’accélérer leur mutation vers des solutions de mix-pédagogie. Le Club se réunira régulièrement pour échanger sur les pratiques, identifier les priorités en termes de développements de contenus, participer à une bourse d’échange, adapter le mode opératoire du LMS aux besoins émergeants.

Mise en ligne le jeudi 9 février 2006
Modifiée le jeudi 15 juin 2006

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