Les apéros Facebook
Gilles Nicolas, maire adjoint à la tranquillité publique de Nantes, a partagé avec le public l’expérience de sa ville dans l’organisation des festivals. Il distingue deux types de situations. La première concerne celle où les organisateurs sont connus. Les acteurs (l’État, les collectivités locales, le tissu associatif…) savent gérer ces moments forts de fête et de convivialité. « Nous pouvons toujours nous améliorer, trouver des idées beaucoup plus originales en matière de prévention ou dans d’autres domaines mais d’une manière générale, nous savons faire et nous le faisons correctement ! ». L’autre situation concerne celle où les organisateurs ne sont pas véritablement identifiés comme lors des apéros géants Facebook. « Bien souvent, on n’a plus d’organisateur en chef ». Les pouvoirs publics vont tout de même encadrer la manifestation mais l’absence d’interlocuteur désigné rendra cette démarche plus compliquée. Gilles Nicolas s’interroge sur la manière d’intervenir sur ce type d’événement. « Si on accompagne, on accompagne pour quels types de missions ? ». Il pointe les problèmes de protection des personnes au niveau de la sécurité mais aussi de la santé avec la question de l’alcoolisation massive constatée lors des premiers apéros Facebook. « Traditionnellement, (…) on met des stands de prévention. Est-ce que ce sont des outils adaptés à ce type de manifestation ? ».
La nomination de médiateurs départementaux
Jeannette Bougrab, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative, a annoncé en conclusion de son discours, la nomination dans chaque département d’un médiateur pour les rassemblements festifs organisés par les jeunes. « Une note sera transmise dans les prochains jours à l’ensemble des préfets ». Ces médiateurs départementaux auront pour mission de coordonner ces événements festifs. Une fiche réflexe sera également diffusée au niveau national pour accompagner la mise en place de ces rassemblements organisés par les jeunes. Elle indiquera les actions à mettre en place depuis l’annonce de l’événement jusqu’à la fin du rassemblement. Elle proposera la mise en place d’une cellule de réaction rapide pour s’assurer de la faisabilité du projet et engager des mesures d’accompagnement de ces événements. « Jusqu’à ce jour, aucun outil méthodologique partagé n’existait sur ce thème ».
Une forte pression sur les jeunes
Olivier Toche, directeur de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, est intervenu lors des débats pour rappeler le contexte économique dans lequel se trouve la société aujourd’hui. La crise économique accentue plus que jamais les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes. À cela s’ajoute la pression importante que les jeunes subissent notamment dans le domaine scolaire. « Ces deux déterminants peuvent aussi expliquer la compensation recherchée par les jeunes dans le surenchérissement de leurs pratiques festives ».
L’évaluation des actions de prévention
Yves Maurier, directeur de l’Agence régionale de santé du Centre, a alerté le public du séminaire sur la baisse continue des crédits consacrés à la prévention. « L’année dernière, réduction des budgets sur la prévention (…) : moins 30%, cette année : moins 20% ». Il a demandé aux acteurs présents de se mobiliser sur les questions d’évaluation et de mettre en place des indicateurs permettant de démontrer auprès des décideurs l’efficacité des activités de prévention des conduites à risques et de réduction des conséquences de ces conduites à risque.
Un travail sur le long terme
Pour Daniel Véron, chef du Bureau de l’éducation artistique et des pratiques amateurs au ministère de la Culture, un festival est souvent l’occasion de donner de la vivacité et du dynamisme à un travail mené sur le long terme et sur un même territoire avec un certain nombre de partenaires. Daniel Véron en a profité pour souligner l’importance du travail de démocratisation de la culture effectué tout au long de l’année par les grandes fédérations d’éducation populaire. Une convention liant ces dernières avec le ministère de la Culture porte notamment sur cet objectif d’accès à l’art et à la culture des personnes qui en sont le plus éloignées. Cette convention a également pour vocation de renforcer l’éducation artistique et de décloisonner les populations grâce à l’action culturelle.
Bilan et perspectives
François Chobeaux, sociologue et coordinateur du réseau Errance des Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active).
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