AVANT-PROPOS
L’année 2010 a constitué un grand tournant pour l’INJEP avec son transfert à Paris et son inscription dans une nouvelle dynamique, à la fois Observatoire de la jeunesse et des politiques de jeunesse et opérateur du programme européen d’éducation non formelle « Jeunesse en action ».
C’est en effet en mai que l’INJEP a définitivement abandonné le site historique de son implantation dans l’ouest parisien à Marly-le-Roi dans les Yvelines, site que la jeunesse occupait depuis les années 1940 et l’INJEP depuis sa création.
Le site a été transmis, dans les meilleures conditions opérationnelles possibles, au rectorat de Versailles qui l’a aussitôt affecté au projet prioritaire d’internat d’excellence, en même temps qu’était confirmée l’exploitation de certaines des chambres de la résidence pour des étudiants logés par le CROUS de Versailles. L’institut a emménagé dans ses nouveaux locaux au 95 avenue de France dans le XIIIe arrondissement de Paris, à un étage (le cinquième) partagé avec la toute nouvelle Agence du service civique, et en proximité immédiate de sa tutelle, la direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative. Le centre de ressources a pu se déployer dans des espaces réaménagés des septième et huitième étages et rouvrir au public d’abord confidentiellement en juin-juillet puis très officiellement à partir de septembre. Cet emménagement s’est accompagné d’une remise à plat de l’environnement technique et logistique de travail de l’ensemble des agents et la conclusion d’une convention de mutualisation des moyens avec la direction des affaires financières, juridiques et des services des ministères sociaux conforme aux orientations fixées aux opérateurs de l’État.
À ce chantier important, s’en est ajouté un autre plus stratégique : celui de la redéfinition des missions et des objectifs de l’institut, dans un contexte où se sont succédé trois ministres : Martin Hirsch, jusqu’en mars, Marc-Philippe Daubresse, de mars à novembre, et Luc Chatel, depuis novembre.
Le cadre réglementaire avait été posé dans le décret publié fin janvier, mais l’essentiel restait à faire. D’abord le renouvellement des instances de gouvernance avec l’ouverture du conseil d’administration aux collectivités territoriales et l’élection de nouveaux représentants du personnel. Le nouveau conseil a été installé en avril. Il pourra s’appuyer sur les avis du conseil scientifique qui sera finalement installé début février 2011.
Ensuite, la redéfinition du positionnement, du périmètre d’étude, des modalités de travail et d’organisation de l’institut. Ce fut tout l’enjeu des réflexions collectives sur le projet d’établissement. Commencé fin 2009, il a été présenté au personnel, aux instances de concertation, puis au conseil d’administration fin juin et début juillet. Cet exercice n’aurait pas été complet sans son inscription et sa déclinaison en axes et actions prioritaires dans un contrat d’objectifs et de performance liant l’État à l’établissement et couvrant la période 2010-2012. Cette nouvelle convention, succédant à celle transitoire de 2009, a été approuvée à l’unanimité par le conseil d’administration du 4 novembre et signée le 3 décembre.
Certaines des innovations fortes qui se dégageaient de cet intense travail de repositionnement ont pu être expérimentées dès 2010, comme la publication de synthèses d’études dans un format court, l’évaluation de plusieurs des expérimentations financées par le fonds d’expérimentation pour la jeunesse (FEJ), l’accompagnement scientifique d’acteurs de la jeunesse et de l’éducation populaire pour l’organisation de congrès ou de journées d’études, l’organisation de conférences-débats partenariales à l’occasion de la sortie de publications, la capitalisation systématique des interventions et expertises des chargés d’études et de recherche, la mise en place d’une veille documentaire thématique en lien avec le périmètre d’étude. Parallèlement, l’INJEP a continué son activité éditoriale avec la parution de quatre numéros de la revue Agora débats/jeunesses, dont le classement dans les disciplines de la sociologie et des sciences de l’éducation s’est vu confirmer, de quatre numéros des Cahiers de l’action et de deux numéros de Jeunesses : études et synthèses, dont celui sur l’engagement politique des jeunes plusieurs fois cité dans la presse quotidienne nationale.
Cette activité intense s’est accompagnée d’une réactivation des liens avec le monde associatif et les collectivités locales comme l’atteste la multiplication des demandes d’interventions ou d’expertises dont on trouvera des exemples dans ce rapport ou l’audition de l’INJEP par l’association des régions de France, mais aussi par le recours à l’INJEP en qualité d’expert et de contributeur-rapporteur sur les thématiques prioritaires du ministre : la surconsommation d’alcool chez les jeunes, les « apéros géants », l’image des jeunes.
L’année 2010 a aussi été l’année de la consécration législative de l’institut avec sa désignation dans la loi sur le service civique comme partie fondatrice de l’Agence du service civique aux côtés de l’État, l’Agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances et l’association France Volontaires pour laquelle elle apporte son expérience du service volontaire européen et son expertise en termes d’évaluation de politiques publiques.
Enfin, l’INJEP, en tant qu’Agence française du programme européen « Jeunesse en action » (Afpeja ), n’est pas resté à l’écart des grands enjeux européens en participant aux manifestations « Jeunesse en mouvement », préfigurant peut-être le futur programme jeunesse, et surtout en faisant reconnaître par le législateur français le service volontaire européen, action en pleine expansion, comme une des formes de l’engagement de service civique, posant ainsi les bases d’une réflexion sur une meilleure articulation entre dispositifs nationaux et européens. Elle a par ailleurs remporté l’appel à projets 2010-2013 de centre d’assistance technique et stratégique pour les agences méditerranéennes (CATSAM) confirmant cette spécificité forte de l’agence française.
Ces résultats, qui confortent l’INJEP comme interlocuteur privilégié tant des décideurs politiques que des acteurs de la jeunesse et de l’éducation populaire, n’auraient pas pu être atteints sans une mobilisation forte de l’ensemble des agents de l’établissement, quel que soit leur poste, et ce malgré les incertitudes initiales, les désagréments liés à la transformation de leur environnement de travail et, souvent, la charge de travail résultant de la réduction des effectifs. Qu’ils en soient ici tous individuellement et collectivement remerciés. Sans leur passion et leur engagement au service de la jeunesse et de l’éducation populaire, cette nouvelle page de l’histoire de l’INJEP n’aurait pu s’écrire.
Olivier TOCHE,
Directeur de l’Injep
SOMMAIRE
- Avant-propos
- Derniers mois à Marly et projet d’établissement
- Lancement de l’Observatoire de la jeunesse et des politiques de jeunesse
- Observations & analyses des pratiques et attentes des jeunes
- et des politiques de jeunesse
- Évaluations & expertises
- Recherche et actions de formation
- Les interventions ponctuelles de l’INJEP en 2012
- Valorisation & diffusion
- Centre de ressources, Jeunesse, éducation populaire, sport
- Agence française du programme européen « Jeunesse en action »
- Coopération euro-méditerranéenne
- Bilan financier
- Bilan social
- Organigramme de l’Injep
- Organigramme de l’Afpeja
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