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Publier ses cours sur le Web rapporte des stagiaires

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Trop de formateurs rechignent à publier leurs contenus de formation sur la toile. Peur de se voir dépossédés de leurs savoirs. Pourtant ceux qui ont osé franchir le Rubicon du libre accès jugent l’investissement rentable à tous points de vue.

Non c’est non ! Nombre de formateurs se refusent à publier les contenus de leurs formations en ligne. Le surcroît de tâche et le risque de voir leurs travaux exploités par d’autres prestataires sont les arguments les plus souvent avancés par les professionnels. Or l’expérience tend à prouver que la démarche apporte de réels bénéfices aux formateurs désireux, certes, de renouveler leurs pratiques, mais aussi, plus prosaïquement, de ‘‘remplir’’ leurs stages.

Les gains se mesurent tant en termes de visibilité, de notoriété que d’efficacité pédagogique. Publier ses contenus en ligne permet également de créer ou de consolider un réseau autour de son travail et, par le jeu didactique des interventions, critiques ou compléments d’information, proposés par les internautes, d’enrichir ces contenus pédagogiques. « Un contenu de formation en ligne, c’est comme une bonne bouteille, ça se bonifie avec le temps », explique Jean-Christophe Sarrot, chargé de mission NTIC, à l’Injep et responsable éditorial du site generationcyb.net. Les internautes intéressés par ces contenus sont autant de forces de propositions, de sources d’information complémentaires. Autant d’occasions de mettre à jour ses connaissances, de réinterroger ses pratiques « en ne perdant jamais de vue les préoccupations des internautes qui sont des stagiaires potentiels », fait valoir Jean-Chistophe Sarrot.

Promouvoir ses compétences

Rendre visible des contenus de formation en les publiant sur le Web, c’est aussi une façon de promouvoir des compétences. Un choix de communication à part entière. Pour Jean-Christophe Becquet, formateur et webmaster du site apitux.org, « _les futurs stagiaires et donneurs d’ordres ne cherchent pas des contenus, mais bien des stages et un formateur compétent ». En clair : un bon pédagogue qui maîtrise son sujet. « _La publication des cours sur le Web, loin d’annihiler le présentiel (phase de formation où le formateur est présent physiquement face aux stagiaires - NDLR.), renseigne sur les compétences et la démarche du formateur, et, ce faisant, constituent un excellent produit d’appel, affirme Jean-Christophe Becquet. Par ailleurs, qu’ils soient libres de droits ou non, ces contenus engendrent une dynamique éditoriale qui désigne l’auteur comme une référence, une autorité dans son domaine. En poussant le raisonnement à l’extrême, c’est encore plus vrai pour les « plagiaires » qui iraient puiser dans ces contenus pour un usage professionnel. Comme ceux-ci appartiennent bien souvent au même réseau que le vôtre, ils seront les premiers à concéder que la sommité c’est vous !_ Plus qu’une carte de visite, Jean-Christophe Becquet a également fait de sa démarche un argument commercial. « Au départ, mon souci était éthique : mes prestations s’adressant principalement aux acteurs publics, j’estimais normal que les fiches de cours basculent également dans le domaine public. Mais très vite, j’ai compris que leur publication sous licence Creative common et la possibilité offerte de les modifier et de se les approprier pour des usages ultérieurs constituait un vrai plus dans mon offre », explique-t-il.

Recentrer les apprentissages

Pour Jean-Christophe Sarrot, la publication des cours sur le Web présente un autre intérêt. Celui de recentrer les apprentissages en présentiel sur les pédagogies actives et les travaux pratiques.. « L’essentiel est de veiller à une bonne articulation entre l’appropriation des apprentissages théoriques et leurs applications concrètes », souligne-t-il. La consultante Lydie Machal-Marchetto ne dit pas autre chose en jugeant « indispensable que le formateur puisse s’assurer de quelle manière les stagiaires s’approprient les contenus. Sinon, il ne fait plus de pédagogie ». Aujourd’hui Jean-Christophe Becquet affirme que sa stratégie est payante et qu’il est « débordé » par les sollicitations. En revanche, l’homme reconnaît avoir beaucoup de mal à convaincre ses collègues formateurs de franchir le pas. Pourtant l’évolution est perceptible et prend même des airs de phénomène inexorable.

L’université américaine, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) est sur le point d’achever un projet titanesque de mise en ligne de l’ensemble de ses cours, examens, et autres simulations dans des domaines aussi variés que l’architecture, l’urbanisme, l’ingénierie, les sciences humaines, les arts, les sciences, etc. En France, l’université de Toulouse le Mirail développe des formations destinées aux enseignants pour permettre à ceux-ci de publier leurs cours en ligne. Dans le cadre d’un programme soutenu par le ministère de l’Éducation nationale, la webtélévision Canal U donne accès à des programmes audiovisuels de cours et de conférences enrichis de documents pédagogiques. Inexorable on vous dit…

En savoir +

Mise en ligne de contenus et formation en présentiel : deux modalités complémentaires - Lydie Machal-Marchetto www.injep.fr/article1568.html

Contenus de formation gratuits en ligne www.generationcyb.net/article0452

Apitux http://apitux.org

Canal U www.canal-u.education.fr www.edusud.org, un cours en ligne sur les NTIC, la FOAD et l’Afrique

Infothèque francophone - Ressources en ligne et actualités scientifique francophones en ligne www.infotheque.info

MIT OpenCourseWare – Massachusetts Institute of Technology (en anglais, espagnol et portugais) http://ocw.mit.edu

Open course consortium http://ocwconsortium.org

Mise en ligne le jeudi 17 janvier 2008
Modifiée le jeudi 17 janvier 2008 par JESSIC

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