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Politiques familiales : la fin des "trente piteuses"

Dossier - janvier 2008

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Après les «  trentes piteuses de la famille  », expression employée sous cape par de nombreux observateurs, sur fond de crise, d’affaissement, de bouleversements, pour qualifier les années 1975-2005, les pouvoirs publics réinvestissent le champ familial. Ou plutôt, le champ parental.

Il faut remonter aux années 98, 99, et notamment à la conférence de la famille du 12 juin 1998, pour voir les acteurs publics s’entendre à la fois sur la nécessité de politiques de jeunesse autonomes et sur le principe d’une meilleure articulation entre ces dernières et celles consacrées plus globalement aux familles. On y reprend les idées fortes développées dans des rapports préliminaires par la conseillère Irène Théry, la députée, Dominique Gillot ou encore, le juge pour enfant Alain Bruel. On y lit en substance que dans leur majorité, les parents de jeunes qui ‘‘dysfonctionnent’’ ne sont pas des démissionnaires. Pas plus ne sont-ils responsables de l’éclatement des modèles familiaux, de la perte des repères sociaux, du chômage de masse qui les délégitiment aux yeux de leurs propres enfants. Si les pouvoirs publics veulent que les parents prennent leurs responsabilités, il faut les y aider, notamment en les impliquant davantage dans les structures éducatives. Travailleurs sociaux, élus locaux, animateurs et même enseignants s’emparent des concepts de co-éducation et de parentalité. Il ne s’agit pas de renouer avec les politiques natalistes de l’après-guerre, mais bien de consacrer les parents comme clé de voûte des politiques éducatives.

Dans la foulée, sont créés la Délégation interministérielle à la famille (DIF) et les Réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents (Réaap). Ils permettent, expliquent leurs initiateurs, «  la mise en réseau d’actions visant à conforter (…) les compétences des parents (…) dans le respect et le soutien  » et constituent par ailleurs « un cadre de partenariat entre les différentes institutions et associations intervenant dans le champ de la parentalité… ». La DIF et les Réaap sont également à l’origine de la création des points info-famille, lieux d’accueil, d’information et d’orientation, destinés aux familles. Ces dernières peuvent y trouver toutes les informations, nationales et locales, pour des démarches administratives ou associatives. Bien entendu, les professionnels des points info-famille travaillent en partenariat avec les organismes et associations proposant des services aux familles. Cinq ans après l’acte de naissance des Réapp, deux rapporteurs de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS), Bernadette Roussille et Jean-Patrice Nosmas, tentaient une évaluation. Pertinence, efficacité, coût, impact… Les résultats sont considérés comme «  tangibles et positifs  », avec plus de 2 800 microprojets montés en moyenne annuellement, concernant entre 130 000 et 200 000 familles, entraînant au final une « évolution favorable des comportements familiaux  ».

Dernière création en date : les maisons des adolescents constituent des lieux d’accueil, au sein d’un réseau de partenaires ouvert sur la ville. Destinées non seulement aux adolescents, mais également à leurs parents et aux professionnels, elles proposent un accueil gratuit sur des plages horaires souples et adaptées.

Mise en ligne le mercredi 30 janvier 2008
Modifiée le jeudi 31 janvier 2008

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