1) Extraits de brochures proposant des stages de réalisation 1964-1965 dits "stages d’éducation populaire" à cette époque
Exemple de stage :
1) Stage intitulé "Information sur les problèmes d’éducation populaire" "On mêle les exposés d’information suivis de débats, les cercles d’études, les enquêtes, les démonstrations, les sorties et les travaux pratiques"
Exemples de stages organisés à l’INEP (Institut National Education Populaire)
1) Stage intitulé "Information sur les problèmes de l’éducation populaire" "Etude des moyens les plus répandus d’expression, de communication et de diffusion de la culture. Information sur les méthodes de travail en groupe et sur les structures des organismes et associations intéressant la jeunesse et l’éducation populaire, leur rôle, leur pédagogie."
2) Stage intitulé "Animation des collectivités et livre vivant" "Mettre en scène un texte pour le faire passer du stade de la communication individuelle à celui de la communication collective. En partant d’un ouvrage, d’un auteur ou d’un thème choisi, le livre rendu plus immédiatement sensible par l’utilisation des techniques de la voix et de l’image ; enregistrement sonore, projection fixe ou animée, lecture à haute voix, expression dramatique, montage. Pratique d’exercices divers concernant ces techniques."
3) Stage Cinéma > Formation de cinéastes amateurs > Formation d’animateurs de Ciné-club
(autres stages proposés : folklore, arts plastiques, chorale, théâtre etc.) 2) Un ouvrage réalisé à partir d’un stage de réalisation sur les ateliers d’écriture Témoignant d’une démarche d’éducation populaire sur des pratiques d’écriture
Préface d’un recueil réalisé à la suite d’un stage de réalisation avec des animateurs d’ateliers d’écriture. Titre du recueil : "Des boutures d’écriture de A à Z" éditions Les Chaintres, Nantes 2002. Avec l’autorisation de Marie-José Coulon (CEPJ ; Conseillère d’éducation populaire et de jeunesse)
"Ça commence comme un conte avec un nombre magique, ce livre. Depuis trois ans, en trois coins des Pays de la Loire, des boutures d’écriture ont prospéré une fois par mois. Les jardinières et jardiniers sont des animateurs d’ateliers à temps plein ou partiel de leur vie professionnelle, salariée, militante ou bénévole. Chacun à tour de rôle anime et offre des consignes d’écriture qu’il souhaite expérimenter ou sur lesquelles il voudrait des commentaires sans détours mais prodigués avec bienveillance. C’est un troc de terroir à terroir.
Pourquoi “ boutures ” ? Pour la rime avec écriture sans doute, mais surtout pour la métaphore qu’on ne cesse de filer tant l’analogie semble juste entre le travail précis et technique de l’expert qui prend pour multiplier essaimer et la démarche où chacun apporte ses surgeons surgissements tentatives de greffes pour voir si ça prendra comment ça pourrait prendre. Boutures de l’expérience de l’une pour la pousse des autres : secrets partagés livrés de jardins à l’anglaise ou à la française aux grés et personnalités des jardiniers. Boutures de la lecture pour “ faire prendre ” l’écriture. Boutures des questions et des doutes empêchant parfois la pousse et que d’autres sauront peut-être utiliser fécondément, ou qu’on préférera, faute de profit, ne plus tenter. Des boutures polymorphes : ça jardine en ville et en campagne, en jardins ou en balcons. Il est des douceurs plus angevines que d’autres, des maraîchages plus primes que d’autres et peu importe, l’émulation porte davantage que la compétition, ce qui n’empêche ni les débats ni les éclats. C’est l’un des premiers paris de cette aventure collective qui tient de l’utopie. Le compagnonnage y est de mise, chacune pouvant être à l’occasion le référent d’un autre. Le fait de bouturer ensemble transforme la concurrence sur le terrain en solidarité, la rivalité en complémentarité. C’est du moins le constat d’aujourd’hui, n’en déplaise aux empêcheurs de rêver en godets.
Les Boutures ne sont pas un label répertorié, nomenclaturé. Les Boutures ne sont pas contre les diplômes professionnels - certaines jardinières suivent des formations diplômantes – les boutures sont à côté. Du côté de l’instituant plus que de l’institution : du côté de l’éducation populaire. Pas de hiérarchie aux boutures mais des caractères, des tempéraments. Les boutures ne visent surtout pas à unifier ou uniformiser les pratiques, elles trouvent leur justification dans la construction argumentée des pratiques différentes. Boutures de l’esprit de l’éducation populaire, dans le domaine démocratiquement ouvert de l’écriture en amateur, bouture démocratique également sensible dans l’ouverture toujours faite à de nouveaux membres, de nouvelles terres.
Vient aux Boutures qui, sachant leur existence et en formulant le souhait, cherche justement ces expérimentations, ces champs de possibles et quittant ainsi la solitude de fond du métier, pose au dehors les questions du dedans puis réciproquement, se soumettant s’en remettant à d’autres dans un esprit de confrontation et de construction. C’est un autre pari qui consiste à prouver que de la volonté et l’implication conjuguées de chacun des membres du groupe peut naître un espace autogéré où travailler ensemble se construit pas à pas, sans gêner les initiatives ou gommer les contrastes.
Les boutures incitent à la souplesse, au changement. C’est un lieu qui permet de prendre du recul, de modifier et renouveler ses modèles, ses choix de consignes, ses attitudes pédagogiques. C’est un laboratoire. On peut s’y essayer, s’y tromper, ça fait partie du jeu. La connaissance et la reconnaissance s’acquièrent à travers la prise de risque que constitue le fait d’exposer sa pratique à d’autres pratiquants, à ses pairs, qui plus est à la leur soumettre.
Dans les débats qui ont lieu à l’issue des séances, des oppositions, des points de vue forts et parfois antinomiques sont mis à jour. Ils révèlent des personnalités, des postures d’animateurs d’ateliers d’écriture différentes voire divergentes. Ce n’est pas un lieu neutre, il y est question d’idées, de références, de valeurs, qui transparaissent dans les pratiques et se nomment. La diversité réassure chacun dans sa position personnelle en même temps qu’elle l’interpelle. S’ensuivent une connivence, une forme de perméabilité des points de vue qui font se reconnaître les animateurs des boutures comme acteurs d’une démarche génératrice d’énergie collective et individuelle. "Je change je ne suis plus ni tout à fait la même et bouturée couturée et reprise reprisée et assouplie et inter-changeante changeable ni tout à fait une autre et tenace et personnelle et inchangée je ne cherche pas à changer je change” . C’est à peu près tout le mal qu’on souhaite à celles et ceux qui viennent bouturer.
Mais à qui donc appartiennent les propositions d’écriture ? A personne, ce qui ne veut pas dire à tout le monde ! Il est vite clair que telle proposition conviendra ou pas : on sait qu’on va s’en emparer ou qu’on n’en pourra rien tirer dans un atelier. Il n’y a pas d’animateur d’atelier d’écriture idéal, mais chacun connaît un idéal vers lequel il tend, des auteurs phares, des sources littéraires porteuses comme des mères. La curiosité n’a pas de frontières et la connaissance des différents courants d’ateliers d’écriture au-delà de l’hexagone est utile à chacun pour se situer dans cette cartographie, pour prendre ci et là des éléments qui aident à fonder sa propre pratique. Il n’est guère possible de rester fermé et figé dans son savoir ou de venir en prédateur aux Boutures. Si quelqu’un vient dans cet état d’esprit, il en repart sans commentaires, c’est un autre constat.
L’ouverture à d’autres formes d’animation, à de nouveaux auteurs, à de nouvelles lectures s’acquiert vite si elle n’est pas déjà acquise. Observer la posture de celui celle qui propose, sa façon de proposer, sa conviction, son engagement, sa passion, ses outils, sa composition, ses questions, son “ lancer ”, assis ou debout, ce qu’il elle donne au travers de la proposition est un cadeau que l’on se fait à l’envi. La manière de remercier c’est d’offrir ses variations à la proposition et de retour sur ses terres de citer ses sources. Il en va de la délicatesse de chacun. Il n’y a pas de conseil de l’ordre aux Boutures.
Cependant, rencontrer des questions, des constats d’impuissance, des envies de recherche à l’occasion des Boutures, c’est une manière de faire siens peut-être ces outils potentiels. Ces rencontres n’économisent pas la constitution de ses propres outils, elles les enrichissent. Les boutures sont une antichambre à l’atelier d’écriture, en marge de la solitude du travail personnel. Ce double mouvement oblige à clarifier toujours plus pour soi et les autres les intuitions et les convictions qui nous agissent nous font agir en même temps qu’il démontre qu’on gagne à partager. Il se peut bien qu’aux Boutures on apprenne à être moins possessif.
Saisissant l’opportunité d’écrire ce livre, on a d’abord pensé qu’il était temps de partager plus largement les trouvailles souvent colorées et joyeuses qu’on a fait pousser de retour dans ses terres respectives. On a pensé que ces boutures pourraient bouturer ailleurs par la grâce des feuillets d’un livre. Mais à la lecture, le vivant des boutures s’étouffait ; on a craint de tomber dans un catalogue de recettes, grande peur des animateurs désirant inscrire leur âme dans leur travail. On a alors décidé d’y consigner sensations, ressentis, émotions et réflexions qu’on ne manque pas de vivre sur le chemin de ce métier ambitieux et passionnant.
Ecrire ce livre c’est donc faire le point avant d’aller plus loin, c’est savoir à peu près où on en est, à quels horizons on aspire encore, si on aspire encore. Et ce faisant, s’établissent, du parcours et des étapes, une carte qu’on souhaite tendre, pour confrontations et échanges nouveaux, à d’autres de ce métier dans lequel on navigue souvent à vue et sans boussole, à d’autres aussi qui, ayant ou non participé à des ateliers s’intéressent pour eux-mêmes ou pour d’autres, à cette forme, à ces formes relativement neuves et encore flottantes d’écritures."
Marijo Coulon Nicole Morin Conseillères d’éducation populaire
Le 5 novembre 2001
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