Comment l’offre publique d’information est-elle perçue par les jeunes ? Quel est l’état de leur connaissance en la matière ? Comment y accèdent-ils ? Comment s’approprient-ils, mobilisent-ils, voire, produisent-ils eux-mêmes cette information ? Quels sont leurs besoins, leurs attentes ? Autant de questions auxquelles l’Injep a souhaité répondre en pilotant l’enquête, « Les pratiques et usages des jeunes en matière d’information », réalisée par le cabinet Vérès consultant, dans une ville de 50 000 habitants de Seine-Saint-Denis. Ce travail, centré sur le thème de l’orientation qui fera l’objet d’une publication ultérieure de l’Injep, a bénéficié du soutien du ministère de la Jeunesse des Sports et de la Vie associative.
Pourquoi cette enquête ?
De par ses fonctions d’appui et d’aide à la décision des acteurs et des professionnels de jeunesse, l’Injep a souhaité apporter à ceux-ci un outil concret pour orienter et mieux penser leurs politiques publiques d’information des jeunes. « Les quelques études existantes portent leur analyse sur l’offre d’information. Nous avons pensé intéressant d’axer davantage les recherches sur les pratiques et les usages des jeunes », explique Gérard Marquié, chargé d’études et de formation à l’Injep.
La méthode
Pour Gérard Marquié « le principe de l’enquête était à la fois de faire dans le qualitatif, en ciblant un territoire restreint, et d’expérimenter une méthode modélisable. Il est tout à fait envisageable désormais de renouveler l’expérience sur des territoires ruraux ou d’exploiter d’autres thématiques ». Pour garantir des réponses franches et ne pas fausser les résultats de l’enquête, l’Injep a garanti l’anonymat des personnes interrogées et de leurs services, allant jusqu’à ne pas citer le nom de la commune où elle a été réalisée.
Des entretiens approfondis ont été conduits auprès d’un échantillon de 34 habitants de cette ville (17 filles et 17 garçons) de 15 à 20 ans. D’autres entretiens ont été menés cette fois avec des acteurs institutionnels et des professionnels : responsables du service municipal de la Jeunesse, du point Information Jeunesse, du centre d’Information et d’Orientation, des missions locales, des bibliothèques, du service de développement économique, de centres de formation, de clubs de sport. Ont été également consultés : l’élue à la Jeunesse, des conseillers d’orientation, des psychologues, des chefs d’établissements scolaires, des documentalistes, des conseillers principaux d’éducation et des conseillers en mission locale… Enfin, pour que la dimension participative soit complète, un partenariat d’étude a été établi avec quelques jeunes de la ville de 20 à 25 ans. Ils ont été consultés en amont sur le guide d’entretien. Les retours des premiers résultats leur ont été aussi communiqués. Leurs analyses et leurs suggestions ont permis d’affiner les outils de l’enquête.
Les idées fortes
Bénéficier d’une information publique de qualité est une préoccupation centrale des jeunes. Les sources essentielles, comme les brochures, fiches et site de l’Onisep, sont connues et utilisées. Des sources généralistes sont très sollicitées : les bibliothèques municipales, la télévision, le journal municipal… Internet est omniprésent dans les pratiques de recherche d’information des 15 - 20 ans. Ce recours aux technologies de l’information s’intensifie avec le temps, même si les limites et les déceptions du réseau des réseaux sont pointées. L’échantillon étudié révèle une forte attente en matière relationnelle et d’écoute envers les professionnels. Il accorde la primauté aux adultes croisés quotidiennement (enseignants, CPE, surveillants, éducateurs, animateurs…), avec pour conséquence le fréquent passage par des relais non spécialisés.
Enfin, il semblerait que les pairs jouent un rôle privilégié dans le processus d’information des jeunes interrogés. Camarades, frères, sœurs sont fréquemment cités comme première source d’information. Les pairs sont relais d’information et occupent une fonction essentielle dans la mise en relation des personnes avec les lieux ressources. L’étude montre par ailleurs que le champ de l’information prend une place croissante dans les politiques de jeunesse. Il devient de plus en plus un levier d’action pour les interventions publiques dédiées aux jeunes. r
• Synthèse de l’étude téléchargeable sur : http://ressourcesjeunesse.injep.fr/article.php3?id_article=316
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