
Parce que les missions confiées aux animateurs aujourd’hui exigent des compétences accrues, le centre régional d’Éducation populaire et de Sport (Creps) d’Île-de-France, en partenariat avec l’Injep, expérimente depuis mars dernier une formation certifiante, le Brevet professionnel - Loisirs tous publics - Animateur projets-jeunes (BPJEPS - LTP - option Projet jeunes). Les formateurs du Creps d’Île-de-France et de l’Injep ont en effet constaté que la demande publique a beaucoup évolué ces dernières années en ce qui concerne les compétences demandées aux animateurs. « Les employeurs, au premier rang desquels les collectivités locales et les associations de proximité, ne considèrent plus l’animateur comme un simple exécutant. Ils exigent des professionnels davantage de technicité, d’être mieux armés intellectuellement pour analyser l’environnement institutionnel et les politiques d’animation », analyse Dominique Diamand-Martin, chargé d’études et de formation à l’Injep.
Un nouveau diplôme pour « muscler » les profils des animateurs
Remplir un dossier de subvention européenne, inscrire son action dans un schéma de développement du territoire, mieux maîtriser la méthodologie de projet… des nouveaux besoins en matière de soutien à l’initiative et à la participation des jeunes sont de plus en plus clairement exprimés. Or, ces profils de « super-animateurs », ou d’animateurs « body-buildés », selon l’expression de Dominique Diamand-Martin, apparaissent relativement surdimensionnés par rapport aux compétences acquises dans les troncs communs de formation classique. Le nouveau cursus proposé par le Creps d’Île-de-France présente, certes, un cursus de niveau IV, portant sur l’accueil et l’accompagnement éducatif des jeunes de 11 à 30 ans, mais il s’attache aussi à permettre aux stagiaires de mener, entre autres, un diagnostic territorial ou de concevoir un projet local de développement au travers du module professionnalisant de niveau III.
Creps / Injep : un partenariat novateur
Le BPJEPS LTP – Animateur de Projets jeunes étant une formation expérimentale, le comité de pilotage composé, notamment, de cadres du Creps et de la direction régionale de la Jeunesse et des Sports et chargé de superviser sa mise en œuvre, a jugé indispensable d’associer l’Injep pour sa capacité d’expertise ainsi que son savoir-faire en matière de conduite de projets pédagogiques novateurs, privilégiant l’échange, la mutualisation d’expériences, l’observation, l’analyse, le partage des connaissances… « Au fond, l’idée même du partenariat permet l’innovation dans une logique participative », constate Nadia Oulahbib, coordinatrice de la formation et maître de conférence à Paris XII. « L’Injep est un observateur privilégié des métiers de l’animation. Il apporte aussi sa connaissance, son expertise et son expérience des méthodes d’éducation populaire », explique Amélie Turet, CEPJ, responsable pédagogique d’actions de formation en jeunesse et éducation populaire, au Creps d’Île-de-France. Pour qui : « Cette double compétence ne pouvait qu’être appréciée tant par les concepteurs de la formation que par les stagiaires ». La convention liant les deux établissements publics stipule que l’Injep s’engage à apporter les « moyens humains nécessaires à la réussite de ce projet expérimental ». Des cadres de l’Injep intègrent donc les comités de pilotage et d’expert qui supervisent l’opération. L’Injep met, par ailleurs, à disposition de l’équipe de formateurs du Creps du personnel de l’Injep.
Obligatoirement expérimental !
Pour l’Injep, le caractère nécessairement expérimental du cursus justifiait amplement sa participation. « Nous n’aurions aucune raison de nous insérer dans ce qui pourrait ressembler à une formation standard d’animateurs dispensée par un Creps, relève Dominique Diamand-Martin. En revanche, la démarche de cette formation qui tend à mobiliser des méthodes pédagogiques novatrices, comme le théâtre-forum institutionnel [voir Injep en Direct N°50 - NDLR], afin d’apporter une réponse concrète aux évolutions des métiers de l’animation, légitime notre intervention. » « Le cursus de formation est expérimental à deux titres », précise en effet la convention qui lie l’Injep et le Creps. D’abord, « il élabore des techniques de développement de la participation, de l’engagement, de l’expression de l’initiative des jeunes par l’utilisation de démarches d’éducation populaire », puis il forme à celles-ci. Le cursus se propose ensuite d’adapter les « techniques d’intervention à l’actualité des pratiques des jeunes (blogs, téléphone portable, Slam…) », précise Mustafa Bendjebbour, coordinateur de la formation et responsable du Point Cyb’ de Sucy-en-Brie. Retour de bons procédés, le Creps s’engage à mobiliser son personnel sur le développement de sa politique de formation à distance. Bel exemple de mutualisation de compétences !
Vu sur le Net
La présentation du diplôme sur le site de l’Injep
www.injep.fr/article1942.html
Le site du Creps IDF
www.creps-ile-de-france.jeunesse-sports.gouv.fr
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