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Le haut commissaire à la Jeunesse vise l’autonomie des jeunes

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L’autonomie des jeunes est au cœur des préoccupations du haut commissaire à la Jeunesse. Pour y parvenir, ce dernier recourt à la méthode utilisée pour la conception et la mise en œuvre du RSA. Une méthode fondée sur la concertation et l’expérimentation.

Un objectif : l’autonomie des jeunes. Le moyen : la concertation et l’expérimentation. Ainsi pourrait-on résumer la ligne directrice du haut commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, qui a pesé de tout son poids pour que « la question des jeunes » ne soit pas la grande oubliée du sommet social ayant réuni, mercredi 18 février, le chef de l’État, les têtes de file de son gouvernement, et les principales organisations syndicales.

À cette fin, Martin Hirsch aurait amplement consulté les responsables des organisations patronales et syndicales, ainsi que les représentants des régions et du monde associatif. L’objectif annoncé de ces réunions est la mise en place d’une commission de concertation regroupant des représentants des syndicats patronaux et des salariés, des organisations étudiantes, des missions locales et des collectivités territoriales. Elle aura pour tâche de jeter les bases d’une nouvelle politique de jeunesse dont l’axe fort sera l’autonomie.

« Inventer autre chose »

Outre le principe d’une prime pour les jeunes chômeurs, le gouvernement regarderait aussi de près, selon le journal Les Échos, la proposition de la CFDT de créer un fonds d’investissement social destiné à alimenter un dispositifs d’accompagnement des jeunes vers l’emploi assorti d’un revenu. Des informations qui font suite aux prises de position de douze députés UMP en faveur d’une "bourse d’autonomie" sous condition de ressources pour les jeunes de 18 à 24 ans, étudiants ou non, dans une tribune du quotidien Le Monde (11 février). Toutes témoignent qu’au moins deux idées fortes gagnent du terrain au sein de la majorité. La première consiste à penser que l’autonomie des jeunes est un enjeu majeur de cohésion sociale et qu’elle ne relève pas seulement de la responsabilité des familles et de l’école, mais aussi de l’ensemble des acteurs du jeu social. La seconde tend à dire que ladite autonomie passe par la sécurisation des parcours et la continuité dans la prise en charge des moins de 25 ans et, si nécessaire, par la création d’un revenu pour les jeunes exclus du RSA.

Mardi 17 février, au cours d’une audition diffusée sur la chaîne Public Sénat, devant la commission des Affaires culturelles du Sénat, Martin Hirsch a jugé que la question des revenus des jeunes était un « sujet nodal ». Il a estimé qu’il ne fallait pas transposer le RMI, ni le RSA, mais inventer « autre chose, en mettant chacun devant ses responsabilités ». « Essayons de ne pas laisser un jeune sans emploi, sans formation et sans ressources », a-t-il résumé.

Orientation et prérecrutement

Parmi les pistes étudiées Martin Hirsch s’est dit favorable à un système de prérecrutement par lequel les entreprises s’engageraient à former les jeunes durant un an contre un engagement de ceux-ci à rester au moins trois ans dans la branche.

Orientation et information des jeunes

L’Injep apporte son expertise dans les territoires

L’Injep a réalisé cinq études sur le thème de l’orientation et de lnformation des jeunes : en Seine-St-Denis, en Savoie, en Ardèche, en Charente Maritime, dans l’agglomération d’Angoulême.

Dans le même ordre d’idée le haut commissaire à la Jeunesse entend traiter de front la question de l’orientation des jeunes en appuyant sa réflexion sur les recommandations du conseil d’orientation pour l’emploi (COE). Le conseil plaide pour une amélioration de l’orientation à toutes les étapes de la formation au travers d’une meilleure information des jeunes et d’une révision de la « structuration du réseau d’accueil, d’information et d’orientation ». « Entre l’illusion d’une adéquation parfaite entre système de formation et structure de l’emploi, et l’impasse où se trouvent de trop nombreux jeunes, il doit être possible de bâtir un système qui oriente les personnes vers des débouchés plus sûrs sans trahir leurs aspirations propres », estime le COE dans un rapport sur l’orientation scolaire et professionnelle des jeunes. Il recommande par ailleurs, de « consulter plus systématiquement les partenaires sociaux sur la définition des diplômes de l’enseignement supérieur » et préconise de « mettre en place une procédure d’alerte pour toutes les formations dont les taux de réussite et les taux d’insertion professionnelle des diplômés ne sont pas satisfaisants ».

Martin Hirsch souhaite également améliorer le système de l’alternance, en travaillant plus particulièrement l’articulation entre « la partie travaillée et la partie théorique, elle-même qualifiante ».

Sur le plan opérationnel, le haut commissaire juge plus prudent de passer par des phases expérimentales avant d’adopter un dispositif général. Pour ce faire, il compte s’appuyer sur le fonds d’expérimentation pour les jeunes de 150 millions d’euros créés par la loi du 1er décembre 2008 généralisant le RSA et réformant les politiques d’insertion.

Mise en ligne le vendredi 20 février 2009
Modifiée le vendredi 20 février 2009

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