Cette étude vise à constituer un état des lieux de la question de la réception par les adolescents des programmes télévisés à partir d’une recension d’ouvrages et d’articles. Quels sont les travaux existant sur ce thème ? En quoi diffèrent-ils les uns des autres du point de vue de des problématiques, des méthodes et des résultats ? Plusieurs points méritent, au préalable, d’être soulignés. En premier lieu, la production scientifique sur les relations entre les jeunes et les médias a surtout porté sur les enfants et non pas sur les adolescents. Deuxièmement, ce thème a été confronté à une imposition de problématique forte, celle des effets supposés ou réels de la télévision sur les comportements. Or, de nombreux travaux ont permis de dépasser la problématique des effets pour s’intéresser aux usages, aux conditions sociales de réception.
Parce que les conditions de production de la recherche sont aussi importantes que ses résultats, il est légitime de s’interroger sur la façon dont un questionnement sur « les jeunes et les médias » est parvenu à s’imposer non seulement dans la littérature scientifique française mais aussi dans le débat public.
Un premier aperçu des études réalisées sur cette question, sous l’angle des enfants, fait apparaître plusieurs groupes : les travaux scientifiques (publiés dans des revues à comités de lecture et chez des éditeurs scientifiques), les études réalisées dans le cadre de commissions ministérielles, enfin, les travaux situés à l’intersection entre la science et la demande sociale. La confusion entre ce qui relève de la sphère scientifique, médiatique et politique apparaît à travers le jeu des simplifications, mais aussi dans la façon dont les chercheurs qui sont engagés dans l’espace des études sur les relations entre les jeunes et les médias circulent entre les revues scientifiques, les rapports ministériels et les publications institutionnelles et/ou associatives. Indice de la porosité des frontières entre ces domaines, plusieurs ouvrages peuvent être classés dans la catégorie des essais ou des prises de position et ceci, malgré l’appartenance de leurs auteurs au champ académique et la rigueur de leur démonstration.Dans ce rapport, nous avons privilégié les analyses scientifiques, reposant sur des enquêtes empiriques, tout en prenant en compte des travaux qui nous sont apparus comme significatifs d’un courant ou d’une prise de position. S’agissant de la présentation des ouvrages et articles, on a tenté de dégager toutes les fois que cela était possible, et pour chaque publication, la problématique proposée par les auteurs, la méthodologie et les principaux résultats. Les études réalisées dans le cadre de commissions ministérielles figurent en annexe . Cet état des lieux ne prétend pas à l’exhaustivité. Compte tenu du temps qui nous était imparti, certaines disciplines telles que la psychologie, la sémiologie ont été écartées au profit de la sociologie. Que les chercheurs appartenant à ces domaines et ceux dont les travaux n’ont pas, faute de temps, été traités en détail, veuillent bien nous excuser. Ce rapport est divisé en deux parties. La première expose les principaux travaux scientifiques existant autour de la question (A). La seconde partie présente les débats qui traversent ces recherches (B).
Sommaire
A - Un état des lieux de la littérature scientifique
- I. Panorama des études de réception de la télévision
- II. Les travaux sur la réception de la télévision par les adolescents
- III. Les enquêtes quantitatives sur les comportements médiatiques des jeunes
B - Les débats sous-jacents à la question de la réception des programmes télévisés par les jeunes
- I. Le thème des effets des médias télévisés sur les comportements violents
- II. Le thème de l’éducation aux médias
- III. Les autres questionnements
Annexes
Agenda




