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La Fédération française des clubs Unesco et les logiciels libres

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La Fédération française des Clubs Unesco est une petite et, en même temps une grande association. Petite par ses effectifs salariés (moins de 6 personnes dont 4 mis-à-disposition de l’Education nationale ETP). Grande par ses forces bénévoles et ses objectifs : être le port d’attache des environ 250 clubs Unesco de France, ces associations locales qui contribuent à faire connaître, comprendre et mettre en oeuvre les principes et idéaux de l’Unesco.
La Fédération a fait récemment le choix politique des logiciels libres.

Bruno Granozio [1], vous êtes le délégué général de la Fédération française des clubs Unesco. Pourquoi ce choix d’utiliser des logiciels libres à la Fédération ?

Une association qui promeut les logiciels libres, Geckozone, a souhaité devenir club Unesco. En même temps, notre trésorière a exprimé le désir que le secrétariat de la Fédération (la demi-douzaine de permanents) passe à des systèmes et logiciels libres. Ce choix a été approuvé par le bureau de l’association. Le choix était davantage politique qu’économique. Nous voulions également rendre notre site Internet (www.clubs-unesco.org) plus interactif, et rendre notre base de données des clubs Unesco administrable directement par les clubs eux-mêmes.
C’était l’époque où, il y a quelques mois, nous avons déménagé notre siège social. Nous nous sommes agrandis et cela nous a ouvert des perspectives de développement. Le développement d’outils informatiques est coûteux s’il s’agit d’outils commerciaux. Nous avons ainsi installé le système libre Ubuntu lorsque nous avons renouvelé notre parc informatique.

Le conseil d’administration de la Fédération a t-il été unanime dans ce virage vers les logiciels libres ?

Il n’y a pas, dans notre conseil d’administration, de membres hostiles aux logiciels libres. Quelques-uns sont indifférents à cette question. Il y a quelques personnes réticentes. Ces réticences peuvent reposer sur des choses très irrationnelles, car l’informatique se comporte parfois de façon irrationnelle !

Avez-vous au même moment recommandé aux clubs Unesco d’opter pour le libre ?

Nous n’avons ni l’envie, ni la mission, ni la capacité d’intervenir sur les clubs Unesco. Nous leur avons cependant demandé de promouvoir ce choix politique de la Fédération.

Cette transition vers le libre s’est-elle effectuée facilement au sein de la Fédération ?

Non. Elle n’est pas achevée. Il y a la volonté, et il y a le quotidien où les choses fonctionnent plus ou moins bien. Par exemple, j’ai perdu il y a deux jours tout mon carnet d’adresses de messagerie en le manipulant avec le logiciel Thunderbird. Mais maintenant, lorsque nous adressons des documents aux administrateurs par mail, c’est en format .doc conçu avec OpenOffice, et cela ne pose pas de problèmes.

Le glissement de la suite Microsoft Office vers OpenOffice s’est effectué sans grande difficulté, mais le passage à Ubuntu est plus compliqué. Voici quelques exemples : un salarié a eu des difficultés à récupérer avec OpenOffice 2.0 sur Ubuntu des documents conçus avec OpenOffice 1.1 ; sur un autre poste, la connexion avec l’imprimante ne pouvait être rétablie ; notre logiciel de comptabilité ne tourne pas sur Ubuntu, etc.
Quant au site Internet, si son alimentation est maintenant facilitée (deux administrateurs assurent son animation et il existe des administrateurs restreints pour les différentes régions), nous n’avons pas encore pu faire communiquer l’architecture SPIP du site avec notre base de données des clubs.

Regrettez-vous votre migration vers les logiciels libres ?

La transition a sans doute été un peu trop rapide. Nous aurions gagné à l’accompagner en amont par davantage de formation. Mais cela ne remet pas en cause notre choix pour le libre. Et je reste personnellement convaincu qu’il est facile d’utiliser OpenOffice, que son utilisation ne pose aucun problème, à condition d’assurer un minimum d’accompagnement.
Nous recherchons actuellement des personnes qui puissent nous accompagner durablement dans notre transition logicielle. Il m’apparaît maintenant que c’est une condition indispensable pour pouvoir passer sereinement du « propriétaire » au « libre ».
Ce partenaire en formation continue ne sera pas nécessairement un prestataire commercial. Une solution d’autoformation partagée, mise en œuvre avec un organisme d’éducation populaire ou un autre partenaire associatif pourrait également être une bonne solution, ce serait en tout cas notre « premier choix ».

[1] bruno.granozio@clubs-unesco.org

Mise en ligne le mercredi 1er mars 2006
Modifiée le mardi 7 mars 2006

Mot(s) clé(s): Éducation, Éducation populaire
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