Institut national de la jeunesse et de l'Éducation populaire english français Retour a l'acceuil Ministere

L’interculturel fait son séminaire

Imprimer l'article  | Partagez cet article  ›› 

« Culture, cultures : à l’épreuve de l’altérité Quelle(s) pédagogie(s) de l’interculturel ? », tel est le sujet du séminaire qui se tiendra à l’Injep du 29 septembre au 1er octobre 2008.

Le ministère de la Culture et de la Communication et le ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, avec le concours de l’Injep, organisent un séminaire à Marly-le-Roi, les 29, 30 septembre, 1er octobre 2008, autour d’une question : « Quelle(s) pédagogie(s) pour le dialogue interculturel dans le champ de la culture ? ».

2008, en effet, est pour l’Union européenne l’« Année du dialogue interculturel ». Dans un contexte de mondialisation d’une part, et de fragmentation des sociétés d’autre part, cette problématique est aujourd’hui au cœur du débat politique : comment prendre en compte la pluralité des populations et des cultures ? Comment reconnaître la diversité des productions et des pratiques culturelles ? Comment prendre en compte des identités revendiquées sans s’enfermer dans l’essentialisation des cultures, l’« incarcération civilisationnelle » et l’assignation à origine ? Comment reconnaître les dynamiques d’individuation, le « bricolage identitaire », le métissage et ne pas faire l’impasse sur l’exigence d’une culture commune et d’un « universalisme démocratique non normatif » ? Comment concilier à la fois la diversité inhérente à nos sociétés et le « vivre ensemble », fondement même de la vie de la Cité ?

L’année 2009 sera quant à elle l’année de la créativité et de l’innovation qui doit contribuer au développement d’une Europe de la connaissance (stratégie de Lisbonne). Quelle place tient l’éducation informelle en la matière ? Le séminaire se situe à la croisée de ces deux perspectives.

Problématique

Au-delà des débats déjà anciens sur ce qui différencierait Culture et cultures, on assiste aujourd’hui à un phénomène caractérisant fortement les mutations : le fort investissement identitaire du champ culturel (tant au niveau des institutions que des différentes catégories de populations), dont pourraient témoigner, entre autres, quelques phénomènes :

  • la culture tend à apparaître comme le sacré d’un monde désenchanté, plus que jamais comme une manière de donner du sens,
  • la culture devient un des vecteurs de la revendication de soi (individuelle et collective) – chez les jeunes particulièrement.
  • la question de la mémoire comme patrimoine y devient centrale, avec de nouveaux lieux (patrimoine industriel, friches industrielles), une dématérialisation du patrimoine, l’inscription de cette problématique au croisement de la commande politique, institutionnelle (créer une mémoire de la ville, créer de l’identité locale) et des émanations des populations (avec des « récits de ville » concurrents, en tension)… Ce fort investissement identitaire a d’évidence une dimension politique, il est une manière de s’inscrire dans l’espace public. Il interroge à la fois les modalités de la démocratie comme lieu du pluriel et du lien, de la reconnaissance de l’altérité (des altérités) et du bien commun. La Culture, à l’instar du politique, contribue à donner forme à la société.

Parmi les nombreux impacts de ces évolutions (pratiques artistiques, politiques culturelles, place et rôle de l’éducation populaire…), le parti pris dans le séminaire est d’analyser comment les évolutions à l’œuvre mettent en crise les modalités même de la transmission dans le champ de la culture : comment permettre l’appropriation d’un patrimoine pluriel et sa nécessaire réinvention à chaque génération ? Comment favoriser les passerelles entre mémoires et Histoire, entre pratiques sociales, nationales, générationnelles, territoriales, gendrées… ?

L’éducation renvoyait traditionnellement à la transmission des aînés vers les plus jeunes d’un héritage patrimonial et d’une « culture légitime » - en France, dans le cadre de l’Etat-nation-. Aujourd’hui les recompositions politiques à l’échelle mondiale, la globalisation, le développement de l’individualisme et de nouvelles sociabilités, voire des nouvelles formes de l’associationnisme, les transformations dans l’approche des savoirs et de leurs acquisitions portées par les sciences anthropo-sociales, les évolutions technologiques, l’inscription nécessaire dans une perspective d’éducation et de formation tout au long de la vie, les Technologies de l’information et de la communication (TIC)… changent la donne éducative dans ses finalités, ses contenus, ses situations et ses pratiques.

D’où l’actualité d’une réflexion sur une pédagogie du dialogue interculturel, et plus particulièrement dans la sphère de l’éducation non formelle dans le champ de la culture : celle des institutions culturelles, des mouvements d’éducation populaire, des associations culturelles, des équipements de proximité (MJC, centres sociaux, maisons de quartiers etc.), des groupements de jeunesse.

Des questions se posent alors : les démarches pédagogiques à l’œuvre visent-elles à favoriser la découverte des pratiques et cultures de l’autre, des autres, de tous les autres ? S’agit-il plutôt de s’engager dans un travail de déconstruction de nos représentations et de développement d’une posture d’ouverture à l’altérité ? S’agit-il d’une éducation à l’interculturel ou d’une éducation interculturelle ? Quel « Autre » postule ou produit chacune des options choisies ?…

De manière plus générale, quels sont les objectifs poursuivis par les pédagogies mises en œuvre dans une éducation culturelle non formelle ? Sur quelles théories de l’éducation sont elle adossées ? Quelles innovations se font jour dans les modes de transmission ? Quelles compétences sont développées ? Ces démarches permettent elles de dynamiser la créativité, ses formes et ses processus ?

La formule du séminaire est proposée pour aller au-delà de l’apport de connaissances théoriques ou la simple présentation de pratiques à l’œuvre et davantage favoriser une analyse partagée des modes de transmission et des outils pédagogiques existants, nombreux au niveau européen, leur capitalisation et circulation. Le séminaire donnera la priorité aux travaux en ateliers, introduits par des communications théoriques.

Ce séminaire s’adressera aussi bien à des responsables d’institutions culturelles, que d’associations ou d’équipements socioculturels qu’à des fonctionnaires d’Etat ou territoriaux en charge de la mise en œuvre de politiques culturelles, quel qu’en soit le cadre : action culturelle, politiques jeunesse, politiques éducatives, politique de la ville.

Bulletin d’inscription

Word - 22 ko

Programme


2 Lundi 29 septembre 20082

Matin

  • 10h -10h 30 : Ouverture institutionnelle (ministère de la Culture, ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, Injep).
  • 10h 30 - 10h 45 : Présentation du séminaire (Bernard Bier, Clélia Fournier, Injep).
  • 10h 45 - 12h 30 : Conférence d’ouverture : « Éducation/Altérité/Interculturalité » (Guy Berger, professeur émérite en sciences de l’éducation, Université Paris 8), suivie d’un débat.

Après-midi

  • 14 h -15 h 20 : état des lieux, des débats et des enjeux en Europe (Rui Gomes, directeur du Centre européen de la jeunesse de Budapest), suivi d’un débat.
  • 15h 30 - 16h 45 : Compétences clés et éducation tout au long de la vie dans une perspective européenne (Lynne Chisholm, directrice de l’institut de l’éducation, Innsbruck. Autriche), suivi d’un débat.
  • 17h 00 - 18h 15 : ateliers : premiers échanges sur les démarches et les pratiques des participants du séminaire.
  • 18h 15 : Pot

Mardi 30 septembre 2008.

Matin

  • 9h - 10h : Conférence introductive : « Pédagogies de l’interculturel : connaître l’autre culture/ faire connaître sa culture » (Gilles Verbunt, sociologue), suivie d’un débat.
  • 10h –12h 30 : Ateliers travaillant à partir d’expériences de terrain.

Après-midi

  • 14h - 15h : Conférence introductive : « Pédagogies de l’interculturel : faire l’apprentissage du décentrement et apprendre à gérer la rencontre avec l’autre » (Jacques Demorgon, chercheur spécialiste de l’interculturel), suivie d’un débat.
  • 15h – 18H : Ateliers travaillant à partir d’expériences de terrain.

Mercredi 1er octobre 2008

Matin

  • 9h -10h : Conférence introductive : « Pédagogie de l’interculturel : mettre en œuvre une pédagogie de la citoyenneté » (Fernand Ouellet, Directeur du service de formation à distance en éducation interculturelle de l’Université de Sherbrooke, Québec), suivie d’un débat.
  • 10h -12h 30 : Ateliers travaillant à partir d’expériences de terrain.

Après-midi

  • 14h : Synthèse (Joël Roman, philosophe).
  • 15h : Conférence de clôture (Catherine Trautmann, ancienne Ministre de la culture, député européenne).

Mise en ligne le mardi 1er juillet 2008
Modifiée le mardi 22 septembre 2009

L'Injep en direct sur
l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) sur facebook twitter es flux rss de l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep)
Nos lettres d'information
En vous inscrivant à nos lettres d'information, vous serez en permanence informé(e) sur nos actions.


Prochains événements