
Françoise Hénel et Cécile Delesalle, sociologues, Vérès consultants
Contexte de réalisation de l’étude : l’impact des Conseils de jeunes sur les politiques municipales
Nous avons mené une étude exploratoire visant à mettre à jour la dynamique des impacts – directs ou indirects, formels ou informels, sectoriels ou globaux – des Conseils de jeunes sur les politiques municipales de deux communes. Confrontés à cette thématique, nos interlocuteurs ont d’abord été surpris tant ils sont habitués à ce qu’on évoque l’aspect pédagogique de ces instances. Cela les a conduits à poser un regard différent sur les Conseils de jeunes en les amenant notamment à constater qu’ils manquaient d’information sur ces instances. Ils se sont également interrogés plus largement sur la place des jeunes dans la cité et leur intégration dans les instances de participation des habitants.
Présentation des résultats de l’étude : l’impact des Conseils de jeunes sur les politiques municipales
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Loïc Blondiaux, professeur des universités en sciences politiques, Paris I Panthéon-Sorbonne
Les difficultés d’évaluation des dispositifs de participation
Aujourd’hui, la mode est à l’évaluation. Cette tendance touche aussi les dispositifs de participation pour lesquels l’exigence d’évaluation est particulièrement importante. Face à cela, il y a une difficulté saisissante à se doter d’indicateurs, de critères de performances… Comment évaluer une politique participative et surtout qu’est-ce qu’on évalue ?
Écouter l’intégralité de son intervention (durée : 9’51)
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Michaël Garnier-Lavalley, délégué national de l’Anacej (Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes)
Les capacités politiques des enfants
Je trouve encore incroyable qu’on se pose la question de saucissonner par tranches d’âges les capacités des enfants et des jeunes. Je ne crois pas que l’on fasse que de l’éducatif avec les plus jeunes et je ne crois pas que l’on fasse que du politique avec les plus âgés. La difficulté réside dans le projet énoncé par la collectivité pour son Conseil de la jeunes. Si son projet n’est d’en faire qu’une école pratique à la citoyenneté active, ce n’est pas, de notre point de vue, un Conseil de jeunes (…). Les capacités politiques des enfants sont réelles à condition que l’on trouve les modalités pour travailler avec eux.
Danielle Rippert, conseillère municipale déléguée à la jeunesse, ville de Clichy (92)
Concertation et accompagnement

Ce que nous avons essayé de mettre en place, (…) c’est un système de Conseil de jeunes qui est effectivement très institutionnel en lui-même mais qui a toutes les caractéristiques d’une vraie concertation. Cela veut dire que les projets qui sont mis en place viennent de propositions de ces jeunes. Il faut ensuite qu’il y ait un réel accompagnement des élus et des services pour faire en sorte que ces jeunes, en s’investissant comme ils le font, ne soient pas déçus et ne laissent pas tout tomber.
Bruno Jarry, directeur du Clavim, Issy-les-Moulineaux (92)
Les modalités d’intervention
La participation est-elle l’axe central d’une politique de jeunesse ou a contrario, une politique de jeunesse peut-elle faire l’impasse d’une politique de participation ? La question de la participation est loin d’être neutre et ne pourrait être exclue de la question du territoire, de son histoire, de son évolution, de la construction des enjeux d’acteurs (…). Je crois que la participation nécessite des modalités de changement dans le faire ensemble. On ne conçoit pas un dispositif en direction et à destination de la jeunesse sans recourir aux jeunes dans des modalités qu’il convient de déterminer : consultation, concertation ou co-production. Ce ne sont pas les mêmes mots, ce ne sont pas les mêmes logiques, ce ne sont pas les mêmes modalités d’intervention.
Isabelle Guerassimov, directrice de la démocratie locale, ville de Créteil (94)
Un contexte défavorable aux Conseils de jeunes
Ces dernières années, beaucoup de Conseils de jeunes ont été créés. Il y en a eu au niveau des conseils généraux, des conseils régionaux mais la situation a changé. Le contexte économique, social et politique actuel amène les élus à se poser des questions et les décisions qu’ils prennent vont peut-être peser sur ce genre de dispositif. Si on veut continuer à travailler cette participation des plus jeunes, il faudra peut-être trouver d’autres moyens.
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