Claire Britten claire.britten@wanadoo.fr
Quelle est votre expérience/rapport avec la question de l’éducation populaire ?
J’ai toujours été passionnée par cette question. Je viens d’une famille d’ouvriers, mais j’ai vécu une époque riche en Lorraine où il y avait de l’argent et des initiatives d’éducation populaire foisonnantes. Je me suis moi-même formée tout au long de ma vie. C’est donc une question qui me passionne depuis toujours ; et plus largement celle des savoirs, du collectif et de l’émancipation.
Quelle était votre mission au Conseil Général du 93 et les objectifs par rapport à l’éducation populaire ?
L’idée de départ, c’était l’aide à la décision. Dans ce rapport, j’ai fait des préconisations concernant le développement de l’éducation populaire en Seine Saint Denis. Le Conseil Général du 93 souhaitait inscrire dans son agenda cette question et développer une université populaire permanente sur le département. Mes préconisations étaient de développer le réseau existant, plutôt que de créer une nouvelle instance. Il y avait tellement de choses qui se faisaient sur le terrain, une telle richesse et une telle diversité. J’ai donc suggéré de mettre en réseau les acteurs et les projets, et aussi de les valoriser. Ces préconisations ont été suivies.
Ensuite, Mme Claire Pessin-Garric, vice présidente du Conseil chargée de la culture et de la culture de la paix a été chargée d’une nouvelle compétence ; l’éducation populaire. C’est une première je crois dans une telle collectivité. Elle a ajouté à mes préconisations, l’idée que l’éducation populaire pouvait être un levier pour aller vers ceux vers qui on ne va jamais. Moi, j’en avais une vision plus pluraliste. Enfin, Jean Bourrieau a été recruté comme chargé de mission sur l’éducation populaire dans le 93 afin de développer un réseau d’éducation populaire sur le département.
Globalement, que pensez-vous du rôle de l’Etat et de celui des collectivités par rapport à l’éducation populaire ?
Il y a eu tellement d’instrumentalisation, il ne faut pas instrumentaliser. Le rôle des collectivités est de rendre lisible ce qui se fait, de récréer des espaces publics, de soutenir mais pas d’instrumentaliser. L’éducation populaire recoupe tout le travail autour de la démocratie participative (beaucoup de choses se font, il y a aussi le FSE…). Pour ce qui est de l’Etat, il doit soutenir avec des dispositifs (avec les mises à disposition, le FONJEP etc.).
Votre rapport est-il disponible / public ? Pouvons-nous le mettre en ligne par exemple ?
Oui, bien sûr. Il a été envoyé aux personnes intéressées, qui en faisaient la demande. Vous pouvez le mettre à disposition. Bon, vous verrez, c’est un rapport qui positive. En même temps, c’est ma vision de l’éducation populaire, comme fédératrice, qui rassemble. Je n’y ai pas pris en compte les "déçus", je n’ai pas listé les refus que j’ai eus ; ce sont ceux qui manquent dans ce rapport.
Document disponible : "Etat des lieux sur l’éducation populaire en Seine Saint Denis"
Conseil général de Seine Saint Denis (93) : http://www.cg93.fr
Site du réseau "éducation populaire 93" : http://www.educationpopulaire93.fr
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