Dix-sept personnes ont participé au premier stage "Comment accompagner un projet coopératif" organisé du 20 au 23 mars 2007 à Marly-le-Roi par l’Injep et les Creps [1] d’Ile-de-France, d’Aquitaine et de Corse.
Cette formation avait été préparée avec Jean-Michel Cornu (www.cornu.eu.org).
Christian Bensi (www.informer-autrement.fr), directeur du Centre Information Jeunesse de l’Essonne [2], a partagé un après-midi avec les stagiaires.
Le nombre important d’inscrits et la qualité des échanges qui ont émaillé ces trois journées - ainsi que leurs prolongements à distance, qui ont déjà commencé sur le blog "le réseau", sont le signe que la question du travail coopératif commence à interroger les pratiques pédagogiques de l’éducation populaire. Et ceci autant en milieu institutionnel (ministère Jeunesse et Sports, Injep, Creps…) qu’en milieu associatif et auprès des élus de collectivités territoriales chargés de la jeunesse et de la vie associative. Les trois univers étaient en effet représentés parmi les stagiaires.
Travailler la coopération par des pratiques d’éducation populaire.
Le blog du stage : pnftic.viabloga.com (rubrique "Stage injep projet collaboratif").
Un premier aspect du stage a semble t-il été bien apprécié par chacun : les exercices ARDI [3], les jeux coopératifs et la journée de théâtre-forum.En effet, plutôt que d’aborder les enjeux et les modalités pratiques de la coopération par la théorie, ce sont deux scènes de coopération (ou plutôt de non-coopération !) qui ont été jouées et travaillées par le groupe en introduction au stage. Les problématiques qui ont émergé ont ensuite été reprises en grand groupe et en ateliers.
Qu’est-ce coopérer ?
Coopérer, c’est oeuvrer à plusieurs à un même objectif.
Il est apparu dans le stage que deux dimensions importantes pouvaient compléter cette définition :
- la question [4] du partage des compétences et des savoirs : on peut coopérer en "additionnant" ses compétences à celles des autres, mais on peut aussi coopérer en les transformant au contact de l’autre. Il y a certainement là un enjeu d’éducation populaire,
- la question des conditions optimales pour permettre au projet d’atteindre sinon de dépasser ses objectifs. La « nouvelle approche de la coopération » proposée par Jean-Michel Cornu [5] et d’autres chercheurs introduit des préoccupations originales :
- on cherche à réduire au maximum les besoins de départ du projet et les contraintes extérieures,
- on laisse ouvertes les portes du projet : les coopérateurs sont libres de coopérer (on cherche même à attirer de nouveaux contributeurs) et même de quitter le projet,
- le coordinateur assure seul les tâches critiques du projet (qu’il aura réduites au minimum). Ainsi, si la coopération des membres du groupe enrichit le projet, leur non-coopération ne peut l’entraver.
Si une dizaine de principes énoncés par J.-M. Cornu sont vérifiés (voir www.generationcyb.net/article1016), les meilleures chances sont données au projet pour qu’il aboutisse.
Créons ensemble de l’abondance !
L’abondance est un thème qui a donné lieu à de nombreuses interrogations et réflexions. C’est une caractéristique importante du projet qui favorise la coopération en incitant les coopérateurs à donner le meilleur d’eux-mêmes [6]. Il s’agirait donc de créer de l’abondance pour créer de la coopération.
Prenons un exemple. Vous hésitez entre deux restaurants : l’un a plusieurs clients et l’autre est vide. Il y a de fortes chances que vous choisissiez le premier. Pourquoi ? Parce que vous vous dites que la chère y est bonne, bien sûr. Mais aussi parce que, d’une manière générale, on se sent plus libre de choisir lorsque son choix n’est pas "critique", lorsqu’il ne met pas en péril la réussite du groupe (en l’occurrence, le chiffre d’affaires de la journée pour le restaurant).
Dans un projet collectif, c’est pareil. On se sent davantage motivé de participer à un projet qui a déjà produit de beaux fruits.
Or, un projet ne part jamais de rien. Il y a fort à parier que d’autres ont déjà produit des ressources, des compétences, des réponses, etc. qui peuvent être réinvesties dans le projet et lui permettre d’atteindre de nouveaux objectifs.
Bien sûr, on se heurte là aux comportements de propriété, de hiérarchie et de concurrence qui conduisent au contraire à "fermer", à privatiser et à monnayer les ressources. Il y a donc là un autre véritable enjeu d’éducation populaire : créer de l’abondance de ressources dans nos métiers, et coopérer davantage. C’est ce à quoi vont s’atteler les 17 membres du stage "Comment accompagner un projet coopératif".
Vous les rejoignez ?
Les animateurs de la formation : Pascal Choteau (Creps d’Aquitaine - p.choteau@creps-aquitaine.fr), Dominique Diamand Martin (Injep - diamandmartin@injep.fr), Isabelle Ferracci (Creps de Corse - isabelle.ferracci@jeunesse-sports.gouv.fr), Jean-Christophe Sarrot (Injep - sarrot@injep.fr), Amélie Turet (Creps d’Ile-de-France - amelie.turet@jeunesse-sports.gouv.fr).
Agenda



