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Dispositifs institutionnels

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Avec son institutionnalisation, l’éducation populaire se caractérise donc également par des métiers (formation des animateurs et des cadres), des dispositifs et des politiques.

Depuis, la mise en place d’un agrément "Jeunesse et Education populaire" en 1943, l’Etat a mis en place de plus en plus de dispositifs institutionnels pour l’organisation et la gestion du champ de l’éducation populaire.

L’Etat a ainsi apporté son appui à la formation des animateurs par ses Centres d’Education populaire- et ses CREPS (Centre régional d’éducation populaire et sport), par ses instructeurs nationaux et régionaux, par ses crédits de subventions et par l’organisation de stages de réalisation. Il le fera également en organisant directement certains stages, sur une spécialité déterminée.

Des instructeurs aux CEPJ

Les instructeurs nationaux et régionaux d’éducation populaire, qui étaient agents contractuels de l’Etat et tous spécialisés dans un domaine, ont changé de statut avec le décret du 29 avril 1963, portant sur "les cadres techniques et pédagogiques" (CTP) de la Jeunesse et Sports. Ils sont ensuite devenus fonctionnaires en 1985 appelés CEPJ - conseillers d’éducation populaire et de jeunesse.

Chronologie : des instructeurs nationaux aux CEPJ

  • 1946 : création des instructeurs spécialisés nationaux
  • 1956 : création des instructeurs régionaux
  • 1960 : transformation des instructeurs spécialisés en CTP ; Conseillers techniques et pédagogiques (réunion de la vocation artistique et pédagogique)
  • 1985 : passage de la contractualisation à la titularisation en un corps de CEPJ - Conseillers d’éducation populaire et de jeunesse

>>>Parcours Etat Zoom n°4 : Les CEPJ

Un éclairage sur une invention de ces premiers instructeurs : les stages de réalisation

A LIRE CI-DESSOUS Extrait de l’ouvrage : Les stages de réalisation (1945-1995). Histoire et modernité d’un dispositif original d’intervention culturelle du Ministère de la Jeunesse et des Sports. Franck Lepage. Document INJEP n°25, 1996

"En 1945, un corps d’agents para-publics (non-titulaires) se met en place à la faveur d’une crise majeure (la guerre et la disparition de la république) porté par des philosophies humanistes ou républicaines (Mounier, Ferry) autour d’un projet de désaliénation de l’individu et de reconstruction d’espace public qui suppose l’invention d’opérations culturelles originales pouvant mettre en œuvre de la critique, c’est-à-dire de la liberté et de l’organisation, séparée de l’Etat, (…) mais garantie par l’Etat, c’est-à-dire mise en place au nom d’une mission de service public."

"Ce corps d’élite (…) abrité par un ministère (Jeunesse et Sports) invente des modalités de subversion du rapport créateur culturel/consommateur culturel, c’est-à-dire où le peuple est invité à participer à la définition du sens. Son objet de travail est celui de la pratique par une population d’un certain nombre d’outils ou de disciplines culturelles, pratique par ailleurs objet d’une professionnalisation - c’est-à-dire d’une confiscation – dans le cadre d’un autre ministère (la Culture) à partir de la cinquième république."

"Le nombre de ces stages comme la quantité ou la qualité artistique de leur production, sont moins importants que leur existence elle-même. Nous dirons qu’il s’agit d’un dispositif emblématique dont une des fonctions symboliques (non exprimée) est de réaffirmer le pacte républicain : le droit du peuple à…Cela revient aussi à définir un espace public."

"Dans les pratiques d’éducation populaire, la formation à l’art n’est pas le lieu d’un concours mais celui d’une rencontre, c’est-à-dire de la construction d’un espace public."

A LIRE CI-DESSOUS : Extrait d’un entretien avec Denis Adam, secrétaire général du SEP (Syndicat d’éducation populaire) (octobre 2004)

"Les CEPJ, ça date de 1945, à la Libération. Ça a commencé par des instructeurs nationaux, donc une dizaine d’instructeurs centrés sur Paris, dans des disciplines diverses intervenant sur toute la France. L’idée : aider les mouvements à développer des projets dans les disciplines. Ce sont des gens reconnus dans la discipline avec une pédagogie, une expérience de terrain, une capacité, des gens qui sont chargés de développer des projets. Très vite arrive l’idée qu’au niveau national ça ne suffit pas, donc il faut démultiplier ces postes et on les installe en régions. Ce sont des contractuels, embauchés par l’Etat. Ils mettent en place des outils qui sont ; stages de réalisation, des interventions auprès de publics dans une démarche d’appropriation et de l’outil et de développement d’une certaine forme de citoyenneté. Et ça va se prolonger jusque dans les années 60."

"En 1963, il y a une première transformation de leur statut, on les appelle les CEPT, conseillers techniques et pédagogiques, ce sont toujours des contractuels mais de droit public, de l’Etat. Ils vont être au niveau des régions, ils sont plus nombreux, dans de nombreuses disciplines, ils sont chargés de la formation, du conseil, de l’information. En 1981, quand André Henry devient Ministre du temps libre, ils commencent à négocier pour être titularisés. Comme André Henry reste ministre un an, ça ne marche pas, ça va se prolonger et en 1985, ils obtiennent le statut de fonctionnaire et deviennent CEPJ."

"Au départ, ils n’avaient pas de statuts, ils n’étaient pas reconnus, mais ils étaient libres de faire ce qu’ils voulaient, à partir du moment où ils deviennent fonctionnaires, ils sont tenus et contraints de fonctionner dans ce que l’Etat veut faire et en particulier ; ils sont de moins en moins acteurs directs de terrain, et de plus en plus en seconde main, de plus en plus formateurs, formateurs d’animateurs, formateurs de formateurs d’animateurs."

Denis Adam

Un éclairage sur le rôle actuel d’un CEPJ dans le cadre des histoires de vie collective

A LIRE CI-DESSOUS Extrait de l’ouvrage : Histoires de vie collective et éducation populaire. Les entretiens de Passay.L’Harmattan, 2000. Sous la direction de Coulon Marie Jo et Le Grand Jean-Louis

"En partageant l’histoire de vie d’un groupe, le conseiller d’éducation populaire participe alors directement au processus de capitalisation des connaissances et par là même à l’enrichissement du champ de la connaissance au sens où il favorise l’émergence de savoirs nouveaux"

"Au-delà de sa définition institutionnelle, le métier de conseiller d’éducation populaire est avant tout le produit d’une histoire, celle de l’éducation populaire que l’Etat a repris partiellement à son compte au cours du 20ème siècle mais qui l’a précédé en s’y opposant pour finir par s’imposer à lui comme dimension sociale et politique incontournable ; ainsi, par sa définition même, le conseiller d’éducation populaire se place dans une perspective d’implication, indissociable d’un engagement dans un projet social et éducatif à visée émancipatrice."

"Le fait de collecter des paroles singulières à Passay pour susciter l’émergence d’une parole plurielle de Passis engage un processus de réappropriation collective de l’histoire du village et favorise ou renforce la prise de conscience d’une identité commune. (…) Ici, la démarche d’éducation populaire privilégie les conditions de production des savoirs sur les savoirs eux-mêmes" (…) S’enclenche dès lors une dynamique autoformative où les regards se croisent et se modifient, vont et viennent du passé au présent pour mieux appréhender l’avenir. Il appartient au conseiller, à ce moment de transformation sociale, d’accompagner le changement par une action de médiation qui valorise chaque initiative en l’inscrivant dans l’histoire de vie collective."

Agrément Jeunesse et Education populaire

Plusieurs ministères utilisent la procédure de l’agrément. L’agrément "jeunesse et éducation populaire", est cependant le plus ancien puisque c’est dans une ordonnance du 2 octobre 1943, que l’on trouve référence à cette procédure. Au travers de cet agrément, dont les modalités de mise en oeuvre ont été modifiées en 2001 et 2002, le ministère reconnaît comme partenaire particulier et privilégié les associations qu’il souhaite aider et exige qu’elles remplissent un certain nombre de critères relativement souples. L’agrément revêt par ailleurs un caractère valorisant : c’est un label de qualité qui reconnaît la valeur éducative de l’association. Il existe un seul agrément appelé "jeunesse - éducation populaire", s’appliquant à des associations ayant des activités de jeunesse et/ou d’éducation populaire.

>>>Parcours Etat Zoom n°2 : L’agrément jeunesse/éducation populaire

Diplômes professionnels de l’animation socioculturelle

Le ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative met en place des formations et délivre 8 diplômes d’Etat qui couvrent l’ensemble des secteurs de l’animation sportive et socioculturelle.

► BEES (Brevet d’État d’éducateur sportif)

► DEDPAD (Diplôme État de directeur de Projet d’Animation et de Développement)

► DEFA (Diplôme État relatif aux Fonctions d’Animation)

► BEATEP (Brevet État d’Animateur Technicien de l’Éducation Populaire et de la jeunesse)

► BAPAAT (Brevet d’Aptitude Professionnelle d’Assistant Animateur Technicien de la jeunesse et des sports)

► BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport)

► DEJEPS (Diplôme d’Etat de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport)

► DESJEPS (Diplôme d’Etat supérieur de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport)

>>>Parcours Etat Zoom n°3 : Diplômes professionnels pour l’animation

Dispositifs ministériels Jeunes/Associations/Education populaire

► Ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative http://www.jeunesse-sports.gouv.fr

► Portail sur la politique associative de l’Etat http://www.associations.gouv.fr

► Conseil national de la vie associative : instance de consultation placée auprès du Premier ministre, crée en 1983

Education populaire

FONJEP : Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire, crée en 1964 http://www.fonjep.org

INJEP : Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire crée en 1946 http://www.injep.fr

► CREPS : Centres régionaux éducation populaire et sport

Dispositifs sur l’information des jeunes

Réseau Information jeunesse : réseau comprenant un centre national : le CIDJ (Centre d’information et de documentation jeunesse) à Paris, 30 CRIJ (Centres régionaux information jeunesse), 265 BIJ (Bureaux information jeunesse), 1374 PIJ (Points information jeunesse) et 22 bus information jeunesse (service itinérant). http://www.jeunesse-sports.gouv.fr/...

Dispositifs sur l’engagement et la participation des jeunes

► Les conseils de la jeunesse mis en place en 1998 : http://www.conseilsdelajeunesse.org

► Programme national "Envie d’agir" : http://www.enviedagir.fr

► Le passeport de l’engagement lancé en mai 2006 : http://www.enviedagir.fr/IMG/pdf/pa...


Ressources

2439"Histoires de vie collective et éducation populaire. Les entretiens de Passay". Marie Jo Coulon et Jean-Louis Le Grand (sous la direction de). L’Harmattan, 2000.

2438 Franck Lepage : "Les stages de réalisation, 1945-1995. Histoire et modernité d’un dispositif original d’intervention culturelle du ministère de la Jeunesse et des Sports". Injep, Collection Mémoire, mai 96, n°25

>>>Parcours Etat Zoom n°3 : Diplômes professionnels pour l’animation

>>>Parcours Etat Zoom n°2  : L’agrément jeunesse et sports

>>>Parcours Etat Zoom n°4  : Les CEPJ

Mise en ligne le lundi 4 février 2008
Modifiée le jeudi 3 avril 2008

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