Nous avons appris avec une immense tristesse le décès de Françoise Tétard, ingénieure d’études au CNRS (Centre d’histoire du XXe siècle) qui de longue date travaillait avec nous.
Ce travail en commun s’est concrétisé notamment par la publication par l’INJEP de nombre de ses articles. Elle a ainsi été une collaboratrice régulière « des Cahiers de l’animation » puis de la collection « Débats Jeunesses » publiée par l’INJEP aux éditions de l’Harmattan, en particulier avec les ouvrages consacrés à l’histoire des politiques et des mouvements de jeunesse dirigés par Geneviève Poujol.
Plus récemment elle a coordonné un numéro de la revue Agora consacré à la vie associative : « La démocratie associative ? Perspectives historiques » et codirigé avec Francis Lebon, Pierre Moulinier et Jean-Claude Richez un ouvrage en hommage au travail scientifique de Geneviève Poujol : Un engagement à l’épreuve de la théorie. Itinéraires et travaux de Geneviève Poujol. Nous nous retrouvions également côte à côte dans plusieurs « entreprises » ou « aventures » dont elle était à des titres divers l’une des chevilles ouvrières comme le PAJEP (Pôle de conservation des archives des associations de jeunesse et d’éducation populaire), le GRMA (Groupe de recherche sur les militants associatifs), le comité d’histoire des ministères en charge de le jeunesse et des sports ou encore « Jeunes et société en Europe et autour de la Méditerranée » (initiative conjointe du CEREQ, du LEST/CNRS et de l’INJEP).
À travers son œuvre Françoise Tétard a contribué de façon décisive à la constitution du champ « jeunesse éducation populaire », « Jep » comme elle aimait à dire, comme objet historique scientifique, à travers son appel inlassable à l’archive comme base première du travail d’histoire tout en menant parallèlement un infatigable travail de recueil de témoignages oraux.
Dans le champ qui nous intéresse plus particulièrement elle a apporté des contributions décisives quant à notre connaissance des politiques de jeunesse sous Vichy, à la Libération et aux débuts de la Ve République ainsi qu’aux redéploiements de l’éducation populaire autour de Mai 68. On lui doit aussi des esquisses très solides pour l’histoire de Culture et liberté, des Centres sociaux ou encore du FONJEP (Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire). Chercheuse infatigable, Françoise Tétard ne nous laissera malheureusement pas la grande synthèse dont nous aurions besoin. Mentionnons pour mémoire qu’elle n’était pas seulement historienne des mouvements de jeunesse mais aussi historienne de l’éducation surveillée à laquelle elle a consacré récemment deux « sommes » : avec Vincent Peyre, Des éducateurs dans la rue. Histoire de la prévention spécialisée (La Découverte, 2006) ; et avec Claire Dumas, Filles de Justice. Du Bon-Pasteur à l’Éducation surveillée (XIXe-XXe siècles) (Beauchesne-ENPJJ, 2009).
Nous n’oublierons pas qu’au-delà de ses travaux scientifiques Françoise Tétard a été une inlassable militante de l’éducation populaire.
Philippe DA COSTA, président du conseil d’administration de l’INJEP
Olivier TOCHE, directeur de l’INJEP
Jean-Claude RICHEZ, coordonnateur de la mission observation et évaluation de l’INJEP
Quelques travaux de Françoise Tétard publiés par l’INJEP :
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