Bénévolat et Volontariat : une spécificité française
Il est apparu progressivement ce qui semble être la spécificité française ou le fait que dans tous les pays représentés (Liban, Jordanie, Egypte, Tunisie, Algérie, Maroc, France et Espagne), on parle de « volontariat », pour évoquer des actions non rémunérées, exercées sur le court terme, alors que le volontariat français fait référence à un cadre plus rigoureux, à un statut plus encadré par la loi (cf. loi du 25 mai 2006 relative au volontariat associatif, loi du 10 mars 2010 relative au service civique volontaire). Par conséquent, si le bénévolat n’est pas une spécificité de la France, il est néanmoins une spécificité de la langue française (terme courant au Canada ou en Belgique).
Une préoccupation commune, l’emploi des jeunes
Tous les participants, quelle que soit leur origine, soulignent la difficulté des jeunes à trouver un emploi en adéquation avec leur niveau d’études et formation initiale. À ce titre, certains chiffres de l’eurobaromètre parlent d’eux-mêmes : 50% des Européens connaissent un chômage de longue durée et les jeunes sont persuadés que ces difficultés d’emploi sont spécifiques à leur propre pays. De ce fait,un jeune sur trois accepterait n’importe quel travail, même sans lien avec sa qualification. Ils attirent l’attention par ailleurs sur le paradoxe du marché de l’emploi : il y a de la liberté pour aller et venir, de la prospérité, une espérance de vie allongée néanmoins la crainte très palpable de ne pas pouvoir en bénéficier.
À la recherche de la valorisation des compétences : bénévolat et volontariat
Le bénévolat et le volontariat sont mis en avant par ceux qui les connaissent comme la possibilité de s’exprimer individuellement. Selon l’eurobaromètre toujours, 74% des jeunes européens considèrent le travail bénévole comme un bon moyen permettant de renforcer leur participation à la vie de la société. Or lors de différents échanges, formels et informels, une question est récurrente entre participants : comment motiver les jeunes ? Comment les sensibiliser au volontariat ? Parmi les éléments de réponse, on peut remarquer l’importance de l’approche locale (au plus près des jeunes), la définition en amont du public cible et la clarification des missions « déléguées », ainsi que l’accompagnement nécessaire. Derrière le questionnement plus général, un autre plus spécifique concerne les types de compétences acquises : quelles sont ces compétences ? comment les traduire/reconnaître/valoriser pour soi et pour les autres ? comment montrer que les compétences non formelles sont elles aussi une forme de savoir, pouvant jouer un rôle structurant sur l’employabilité ?
Diversité de structures et diversité des publics cible
Le profil des participants et des structures était diversifié : de l’enseignant expérimenté cherchant à faire découvrir le monde de l’entreprise aux jeunes étudiants, à l’ancienne volontaire européenne bénévole associative en reconversion professionnelle, passant par une élue à la jeunesse accompagnée de sa collègue directrice d’un bureau d’information jeunesse. Des professionnels et des bénévoles, en association ou dans le cadre institutionnel, enthousiasmés par une même cause : la valorisation des apprentissages non formels, acquis lors d’expériences de volontariat au sens large du terme. De ces rencontres entre individus et structures sont nés 10 nouveaux projets sur la thématique. Voilà de quoi continuer d’échanger et de créer, en réseau, pendant longtemps encore.
- Les jeunes et l’emploi en France, par Angelica Trindade-Chadeau, chargée d’études et de recherche "Insertion professionnelle des jeunes"
- La valeur de l’éducation non-formelle et du volontariat dans la transition des jeunes vers le marché du travail en Espagne, par Almudena Moreno, sociologue, université de Valladolid
- Les jeunes en Europe, par Bernard Abrignani, coordinateur du centre de ressources Salto-Youth-EuroMed
- La situation de la jeunesse marocaine, par Taoufik Louzari, maire adjoint chargé de la jeunesse de la ville d’Assila, directeur d’une maison de jeune
- L’Union européenne et la reconnaissance de l’éducation non-formelle et informelle, par Gilles Baccala, chargé de mission formation et coopération, Agence française du Programme Européen Jeunesse en Action
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