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1.Points de vue sur l’actualité : interviews

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Concernant l’actualité, que pensez-vous du renouveau de l’éducation populaire ? Quels en sont les signes et les raisons ? Extrait de l’interview de Denis Adam (document disponible)2335 "Elle l’est dans les discours. Se développera-t-elle en acte ? La situation actuelle de crise de civilisation nécessite de trouver des réponses, l’éducation populaire en est une. Elle redevient un enjeu politique lié à l’altermondialisme, à la solidarité, aux classes populaires. Le risque c’est qu’elle en reste au discours et à la dérive du populisme : le peuple c’est surtout des électeurs pour des politiques or l’éducation populaire vise à l’émancipation et non à un nouvel embrigadement. Il faut sortir des querelles de chapelles pour savoir si on fait de la vraie éducation populaire ou pas et mettre en oeuvre réellement ses démarches et ses objectifs de transformation sociale."

Extrait de l’interview de Jean Bourrieau (document disponible)2379

"Intéressant mais en étant vigilant. Intéressant parce qu’il ne faut pas bouder quand un concept qu’on disait ringard il y a 10 ans (cf. mon bouquin ) reprend de la vigueur. Être vigilant parce que les forces dominantes ont le poids et l’habitude pour changer un contenu en gardant un titre s’il permet de vendre et d’acheter. Ceci dit, j’en a ai souvent parlé, nous sommes à une période où l’éducation populaire est plus que jamais nécessaire si elle est bien politique et explication de la société pour y être acteur et auteur de transformation. Nous croulons sous les informations et nous manquons d’explications, et de personnes qui savent expliquer.

Par ailleurs, l’éducation populaire apparaît comme un véritable pôle de résistance si elle conjugue l’individu et le collectif, si elle reconnaît d’abord les capacités des personnes avant de pointer leur problèmes, si elles aide à ce que s’élaborent les solutions à des problèmes par les acteurs qui possèdent tous connaissances et savoirs à construire collectivement. Aujourd’hui, la société interdit la prise de risque travaillée, accompagnée, sécurisée, comme on peut l’avoir dans une "colo", dans une rencontre amoureuse, dans un feu de joie sur la plage… dans le même temps, elle organise le risque que l’on ne prend pas mais qu’on subit, non maîtrisé, celui qui nous échappe complètement, du lendemain sans emploi, sans logement. L’éducation populaire doit aujourd’hui réapprendre la prise de risque qui nous permettra de combattre le risque qu’on subit."

Extrait de l’interview de Jérôme Guillet (document disponible)2381 "Il y a un renouveau des pratiques militantes (cf. revue Tumultes consacrée à la question), pas spécifiquement éducation populaire, mais une excitation intellectuelle autour du concept "porteur" (au sens noble autant que récupération minable) d’éducation populaire).

Des signes : flashmobs, bookcrossing, grand don, slam, Hakim Bey (Zone d’autonomie temporaire), sous commando Marcos, Miguel Benasayag, Atelier d’architecture autogéré, Yes Men, CIRCA (armée clandestine des clowns rebelles), "La ville est à vous" (Genève)…entre autres. Des signes avant coureurs : repas de quartier, S.E.L, MRERS, réquisition de richesses par les chômeurs, 1995.

Des raisons : là où il y a danger, là aussi croît ce qui sauve (Hölderlin). Je crois dans les cycles. A un moment, il faut créer, c’est humain. Il y a toujours des gens pour inventer des solutions quand la plupart pensent qu’on ne peut rien faire."

Mise en ligne le lundi 4 février 2008
Modifiée le mardi 8 janvier 2008

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